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Ouganda : comment des jeunes ont réussi à sauver les bananiers du pays

Ravi Kumar's picture
Bananas

Les Ougandais sont les plus gros consommateurs de bananes au monde : plus de 14 millions d’entre eux mangent des bananes quasi quotidiennement, soit en moyenne 700 grammes par jour. Dans ce pays enclavé d’Afrique de l’Est, la banane est donc une denrée précieuse.

Imaginez qu’un jour, brusquement, votre nourriture de base est menacée. Dans certaines plantations, 90 % des arbres ont déjà péri, victimes du flétrissement bactérien du bananier (FBB). L’épidémie se propage rapidement, à travers le sol et d’autres plantes et peut, en moins d’un an, entraîner une perte totale des récoltes.

Sans vouloir exagérer, l’Ouganda a frôlé la catastrophe. Lorsqu’elle a entendu parler de cette maladie, Lyudmila Bujoreanu s’est dit qu’il fallait trouver un moyen d’arrêter la propagation de la bactérie le plus vite possible. Cette consultante en technologies de l’information et de la communication à la Banque mondiale s’est alors lancée à la recherche de solutions pour sauver cet aliment de base.

C’est ainsi qu’elle a découvert le dispositif mis au point par l’UNICEF en Ouganda, appelé U-report (site en anglais), qui permet aux jeunes du pays de « parler de ce qui leur tient à cœur ». Aujourd’hui, ils sont plus de 240 000 u-reporters et leur nombre ne cesse de grandir. Pour rejoindre cette communauté, c’est simple : il suffit d’envoyer le mot « join » par SMS au 8500.

Lyudmila Bujoreanu et son équipe ont alors contacté l’UNICEF (lire un billet de Lyudmila en anglais) pour voir comment ces u-reporters pouvaient les aider « à visualiser la propagation de l’épidémie de FBB et à diffuser des informations aux communautés touchées ». Puis, en partenariat avec l’UNICEF notamment, ils ont lancé une campagne de cinq jours pour sauver les bananiers.

Un premier SMS a été envoyé le 26 mars 2013 à quelque 190 000 membres du réseau, avec cette question : « Connaissez-vous des agriculteurs dont les plantations de bananes ou les récoltes sont infestées par la maladie du flétrissement bactérien du bananier ? Répondez par OUI ou par NON ».

En 24 heures, plus de 35 000 personnes avaient répondu, ce qui a permis d’avoir une idée précise des lieux où sévissait le FBB. Les jours suivants, de nouveaux SMS ont été envoyés aux u-reporters, avec des informations sur la bactérie et des moyens de contrôler sa propagation. En cinq jours, toute la communauté virtuelle savait ce qu’était le FBB et comment faire pour sauver les précieux arbres fruitiers.

La solution s’est révélée simple, efficace et bon marché : l’envoi d’un SMS ne coûte que 0,3 dollar ; si le FBB avait détruit les plantations de bananes d’Ouganda, les pertes auraient pu se monter à 360 millions de dollars par an.

Pour regarder une vidéo sur U-report (en anglais) :


Voici un cas typique de la manière dont les jeunes utilisent les nouvelles technologies pour se sortir d’affaires, eux et leurs communautés, avant qu’un problème ne prenne des proportions nationales.

Vous connaissez d’autres exemples de ce type ? Parlez-en dans les commentaires.