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Un orchestre de jeunes Afghans fait souffler un vent d’harmonie sur la Banque mondiale !

Ravi Kumar's picture

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Afghanistan National Institute of Music Concert
Des étudiants de l'Institut national de musique d’Afghanistan jouent à l'Atrium Wolfensohn (Banque mondiale).

Il y a des jours où la vie nous rappelle que l'on a raison d'avoir confiance en l’humanité. Ce fut le cas aujourd’hui.

Cet après-midi, dans la lumière d'un beau soleil d'hiver, de jeunes musiciens venus d’Afghanistan ont montré l’étendue de leur talent à l’occasion d’un concert donné au siège de la Banque mondiale, à Washington.

Quelle joie de pouvoir les voir et les entendre jouer, et quel exemple ! Filles et garçons, âgés de 9 à 21 ans, ils sont venus de loin, d’un pays déchiré par la guerre. Leur détermination et leur travail, en dépit de tous les obstacles, m'ont touché tout particulièrement, moi qui ai connu dans mon enfance une décennie de guerre civile au Népal.

Aujourd’hui, ils sont là, le visage éclairé d'un sourire radieux, impatients d’impressionner leur public. Sur le tapis rouge déployé en leur honneur, il y a un premier rang de garçons en kurta blanc (un vêtement traditionnel afghan), avec leurs instruments. Derrière eux, les filles drapées dans des tuniques et pantalons noires, des salwar kameez, la tête recouverte de foulards verts, blancs et rouges, sont assises sur des chaises.

Le public a répondu à l’appel, et l’atrium de la Banque mondiale vibre au son et aux couleurs de l'orchestre.

Près de la moitié des élèves de l’Institut national de musique d’Afghanistan — l’école en accueille 150 dont un tiers de filles — sont des orphelins, d’anciens vendeurs de rue. En plus de l’enseignement musical, qui leur permet de découvrir à la fois des instruments occidentaux et ceux du floklore afghan, ils suivent des cours dans les matières scolaires traditionnelles. J'étais émerveillé de l'apprendre.

Je dois admettre que je les envie un peu, ces élèves à qui l’on permet d’apprendre la musique en plus du reste ! Quand j’étais à l’école, au Népal, l’enseignement musical ne faisait pas partie du programme. Tout semblait fait, au contraire, pour nous en décourager. Comme je le raconte dans un billet récent, en Asie du Sud, il y a à peine dix ans, les parents avaient encore l'habitude de dissuader les jeunes de se lancer dans une carrière artistique.


Photos de Simone McCourtie et Roxana Bravo © La Banque mondiale.

Tout le mérite en revient à monsieur Ahmad Sarmast : depuis 2010, cet universitaire afghan titulaire d’un doctorat en musicologie de l’université Monash, à Melbourne en Australie, permet à ces musiciens en herbe de poursuivre une scolarité normale tout en étudiant la musique.

Juste avant le début du concert, le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, est venu saluer tous les jeunes artistes sur scène.

Dès les premières notes, le public n'émet plus un bruit, transporté par la musique. Les airs, doux et apaisants, m’évoquent la musique traditionnelle indienne ou népalaise. Tous les yeux sont rivés sur la scène, fascinés. Qui oserait prétendre que la musique n’est pas un mode de communication universel ?

Ces jeunes musiciens incarnent l’espoir pour l’Afghanistan. Ils illustrent à merveille ce que l’on peut obtenir à force d’engagement et de passion. Mais surtout, ils montrent la voie aux jeunes du monde entier qui œuvrent à faire de notre planète un lieu d'égalité et d'harmonie.

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