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Des pouvoirs publics plus ouverts et responsables sous la pression de la jeunesse

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Partenariat mondial pour une gouvernance ouverteEn ce premier vendredi de novembre, il pleuvait sur le Queen Elizabeth II Conference Centre de Londres. Dans l’auditorium, une jeune femme a pris place sur la scène pour parler de son expérience de « gouvernance ouverte ».

Dehors le vent soufflait et il faisait déjà nuit, mais cela n’a pas empêché Vivienne Suerte-Cortez de sourire et de déborder d’énergie. Vêtue d’une veste grise, cette experte venue des Philippines décrivait le projet d’audit participatif qui a été mis en place dans son pays avec l’objectif d’encourager les citoyens à prendre part au processus de contrôle des projets des pouvoirs publics et d’expérimenter de nouvelles façons d’assurer une gestion efficace des ressources publiques.

Derrière elle, on pouvait lire l’inscription « Sommet du Partenariat pour une gouvernance ouverte » (Open Government Partnership Summit en anglais). C'était le nom de l'événement qui avait pour but de mettre en avant la réussite de programmes et de projets politiques plus inclusifs, partout dans le monde. Vivienne Suerte-Cortez faisait partie des sept finalistes « de l’espoir », un bataillon de jeunes engagés à l’avant-garde du mouvement international en faveur d’une gouvernance ouverte. Les sept jeunes sélectionnés ont expliqué comment elles étaient parvenues à rendre l’administration de leur pays plus responsable et transparente.

En écoutant Vivienne Suerte-Cortez, je n’ai pas pu m’empêcher de songer à mon pays, le Népal (a). En 2011, je m’étais présenté à l’administration pour acquitter la taxe foncière de ma famille. Après avoir parcouru les documents, le préposé bedonnant m’a dit qu’ils n’étaient pas dûment remplis. Étonné, je lui ai demandé ce qui n’allait pas. Alors il s’est levé et m’a demandé de le suivre. Une fois sorti de son bureau, il m’a proposé gentiment de « mettre en ordre » mes formulaires contre un pot-de-vin. J’ai refusé et l’ai menacé d’en aviser son supérieur. Contre toute attente, il m’a répondu que si j’apportais les documents rectifiés le lendemain, il veillerait à traiter mon dossier.

Voilà ce qui se passe quotidiennement au Népal, un pays enclavé, qui vient tout juste de sortir d’une guerre civile et compte parmi les plus pauvres de la planète. Malheureusement, c’est l’un des plus corrompus également. En 2012, selon l’indice de perception de corruption établi par Transparency International, le Népal figurait à la 139e place sur 176 pays.

Notre société qui hérite d’un modèle féodal s’efforce d’instaurer une démocratie stable. La transparence est une idée neuve au Népal, mais elle gagne du terrain. La Banque mondiale a récemment participé au lancement de l’initiative Open Nepal. Faire en sorte que le grand public puisse accéder aux registres publics et les comprendre peut jouer un rôle majeur dans la lutte contre la corruption.

Des jeunes comme Vivienne Suerte-Cortez seront les principaux agents de la gouvernance ouverte dans le monde. Au terme du sommet de Londres, son projet a remporté le « prix de l’espoir » (ou Bright Spot en anglais) qui récompense l’action de citoyens œuvrant pour la responsabilisation de leurs dirigeants.

Les jeunes sont profondément sensibles à l’idée de transparence et de responsabilisation de la vie publique. Les 15-24 ans sont plus de 1,2 milliard dans le monde, et la plupart d’entre eux sont « connectés ». Nul doute que le mariage de la technophilie et de la soif pour une responsabilisation citoyenne fera des petits et accouchera à terme d’États plus ouverts et transparents.

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