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Enquête sur ce qui définit quelqu'un de « bien », selon qu'on soit garçon ou fille

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Quelle est l’influence, au quotidien, des normes régissant les rapports entre les sexes ? De l’homme ou de la femme, qui fait quoi et pourquoi ? Qui décide quoi et comment ? Pour tenter d’éclairer ces questions et de recueillir l’avis des principaux intéressés sur ce que les spécialistes appellent les « normes de genre », la Banque mondiale a réalisé une enquête qui a consisté à interroger plus de 4 000 hommes, femmes et adolescent(e)s dans 20 pays. Les discussions se sont déroulées dans le cadre de groupes non mixtes, permettant ainsi à chacun de confronter ses propres convictions à celles des autres et de s’enrichir de nouvelles visions.

Les participants les plus jeunes — des filles et des garçons âgés de 12 à 17 ans au Burkina Faso, en République dominicaine, en Inde, au Bhoutan, au Soudan, au Yémen et en Cisjordanie et dans la bande de Gaza — ont notamment été interrogés sur cette question : un « garçon bien » ou une « fille bien », qu’est-ce que c’est pour vous ?

Enquête sur ce qui caractérise une personne de valeur, selon qu'elle soit de sexe féminin ou masculin

D’un côté, leurs réponses montrent à quel point l’idée que l’on se fait des rôles respectifs des hommes et des femmes se forme tôt chez les enfants ; de l’autre, elles prouvent aussi que des cloisons jusque-là étanches sont en train de céder.

À Thimphu, au Bhoutan, ce groupe de filles ne déroge pas à la tradition : une « fille bien » est une fille sur qui ses parents peuvent compter et qui sait s’occuper de la maison tout en sachant aussi se tenir convenablement à l’extérieur. Pour ce groupe d’adolescents indiens originaires de la campagne, elle respecte la religion, parle doucement, obéit et, guidée par sa mère, elle sait accomplir toutes les tâches domestiques.

Mais aux Fidji, un groupe de filles originaires de Suva, la capitale, a répondu qu’un « garçon bien » se rend utile dans la maison. De fait, les participants ont souvent observé que les garçons participaient plus aux tâches ménagères qu’il y a 20 ou 30 ans. Une femme originaire d’un village indonésien a par exemple relevé cette évolution : « par le passé, les garçons n’avaient pas le droit d’entrer dans la cuisine ; aujourd’hui, on leur demande d’aider ».

Quant à la perception qu’ils ont d’un « mauvais garçon » ou d’une « mauvaise fille », les adolescents ont cité le fait d’avoir des mœurs légères, d’être violent, de manquer de respect, de fumer, de boire ou de se droguer.

L’enquête révèle par ailleurs une évolution dans la façon dont les jeunes conçoivent les rapports hommes-femmes et dont ils imaginent leur avenir : plus de 60 % des filles, en ville ou à la campagne, espèrent en effet faire des études supérieures, contre 40 % des garçons.

Pour cette adolescente de Rafah, dans la bande de Gaza, « la meilleure arme d’une fille pour braver le monde, c’est l’éducation ». Elle a raison. L’enquête montre combien l’éducation modifie les perceptions des femmes et leurs ambitions personnelles. Confrontés au chômage, certains garçons expriment pour leur part des doutes quant à l’intérêt de faire des études.
D’un pays à l’autre, les femmes racontent comment, grâce au travail et à l’accès aux responsabilités, elles ont gagné en autonomie. Elles souhaitent que leurs filles aient une vie meilleure qu’elles et, comme ces femmes interrogées au Burkina Faso, elles les encouragent à être plus courageuses et moins passives : « elles doivent se battre et faire preuve d’audace », a déclaré l’une d’elles.

Le rapport intégral (a) est disponible : consultez-le pour découvrir d’autres commentaires et opinions sur ces questions.

Le 6 mars prochain, vous pourrez participer à un tchat en direct sur l’autonomisation des femmes, en présence des auteurs du rapport. La vice-présidente de la Banque mondiale pour le développement durable et la directrice du secteur Genre et développement y prendront part également. Envoyez-nous d’ores et déjà vos questions, vos expériences et vos idées. Le dialogue en ligne débutera à 11h00, heure de Washington.

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