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Jeu et divertissement : la solution pour l'éducation de masse ?

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Jeu éducatif - divertissement - Serious Games

Jour après jour, on est bombardé d’informations et de messages qu’on écoute et retient au moins en partie et sans aucun effort. Souvent, on n'en a même pas conscience...

Demandez-vous, par exemple, pourquoi avez-vous toujours soif lorsque vous passez devant cette affiche Coca-Cola ? N'est-ce pas en regardant une émission de télé-réalité que vous avez décidé de prendre des cours de chant ? Souvenez-vous de ce roman qui a littéralement changé la façon dont vous percevez le monde...

Ce qui divertit peut aussi instruire et aider les individus à affirmer leurs émotions, leurs valeurs et leurs idées. D'ailleurs, pour décrire sa propre personnalité, on a tendance à utiliser des références qui relèvent du divertissement, par exemple, combien de vos amis se définissent en fonction de leurs goûts musicaux, des livres ou films qui les ont le plus marqués ? Ces informations permettent de faire comprendre aux autres qui nous sommes car ils expliquent comment nous nous sommes construits, à partir de quelles influences, etc.

D’un autre côté, on entend régulièrement que les divertissements représentent un risque, justement parce qu’ils nous influencent sans que nous en ayons conscience. Les joueurs de jeux-vidéos risquent-ils de devenir aussi violents que les héros qu’ils aiment incarner ? Les fans d’émissions de télé-réalité vont-ils calquer leur comportement sur ceux des personnages pour lesquels ils ont votés ? Si ces questions restent en suspend, tout le monde en revanche semble reconnaître que les divertissements ont le pouvoir, non seulement de retenir notre attention, mais aussi de changer nos comportements.

C’est de là qu’est née l’idée d’utiliser le divertissement pour éduquer les populations à grande échelle. Grâce à certaines émissions de radio et de télévision, on peut se divertir tout en apprenant à adopter un comportement adapté dans des situations à risques : quel moyen de contraception permet de se protéger du SIDA, comment soigner et nourrir un enfant malade, comment se comporter lorsqu’on est témoin d’un acte de corruption, comment réagir quand un proche est victime d’un viol ? C’est ce qu’on appelle l’éducation par le divertissement (de l’anglais « Entertainment education »).

Le Réseau africain d'éducation pour la santé et la citoyenneté (RAES) propose la définition suivante : « L’éducation par le divertissement consiste à créer un message médiatique pour divertir un large public dans le but de l’informer et de favoriser des attitudes positives envers un sujet ou une problématique donné. Le but de cette communication est d’utiliser un format populaire pour modifier les comportements, voire les normes sociales ».

Quand l’émission « Twende na Wakati » est arrivée sur les ondes radio de Tanzanie en 1993, le VIH/sida était méconnu des populations et beaucoup de mythes circulaient sur la maladie et la façon dont elle se transmettait. La rumeur disait par exemple que les moustiques pouvaient contaminer les humains et que les préservatifs ne protégeaient pas du virus. Deux ans plus tard, les Tanzaniens qui ont écouté l’émission connaissaient mieux le virus et avaient appris à se protéger et avaient fait passer le mot autour d’eux. Le sujet a cessé d’être tabou, d’autres émissions de radio ont commencé à parler de la maladie pour expliquer les risques et les techniques de prévention. Les gens ont appris qu’il était plus prudent de limiter le nombre de leurs partenaires sexuels et de toujours utiliser des préservatifs et le taux de contamination a reculé. (Pour en savoir plus sur ce programme, consultez cette page en anglais)

Miguel Sabido, créateur de plusieurs telenovelas (des séries TV romantiques en langue espagnole) très populaires, a fait de l’éducation par le divertissement une science. En incorporant des messages sociaux dans les telenovelas, il a sensibilisé des millions de téléspectateurs et téléspectatrices à des sujets comme la violence conjugale, l’homosexualité et la santé en générale. Présenté sous la forme d’un divertissement, le message est retenu parce que l’effort de compréhension est compensé par le plaisir du divertissement. L’impact de ces telenovelas éducatives est telle qu’on parle aujourd’hui de « Méthode Sabido ». (Pour en savoir plus sur les applications de cette méthode, cliquez ici)

Au Kenya, Shujaaz est un programme ludo-éducatif très populaire qui est diffusé à la radio mais aussi sous forme de bandes-dessinées écrites en sheng (argot parlé par les jeunes Kenyans). La version radiophonique, Shujaaz.fm, est animée par un jeune DJ qui fait intervenir d’autres jeunes (d'une moyenne d'âge de 23 ans) pour discuter de questions qui incitent les auditeurs à contribuer à l’amélioration des conditions de vie de leur communauté. Rob Burnett, le créateur de Shujaaz, explique : « Pour qu'il y ait un changement réel des mentalités, nous devons réussir à captiver l’attention de millions de gens ».

Selon Rob Burnett, c’est grâce à la langue utilisée, le sheng, que le programme réussit à faire passer des messages aux jeunes. C’est le langage que les jeunes Kenyans parlent dans la rue. Les personnages de Shujaaz parlent comme eux. Du coup, les jeunes peuvent facilement relayer l’information autour d’eux. Rob Burnett indique que 36 % des jeunes qui suivent la série affirment s’être engagés dans une action solidaire après avoir lu ou écouté Shujaaz.

Lorsqu’on veut mettre en place un projet d’éducation par le divertissement, il ne faut pas sous-estimer le rôle du divertissement. Pour se divertir il faut rire, s’amuser, prendre du plaisir à ce qu’on fait. On sait tous ce que c’est qu’un cours ennuyeux, un manuel qui ne donne pas envie d’apprendre ses leçons ou même un film-documentaire qui donne l’impression de durer des heures… pourtant certains sujets traités dans ces cours, ces manuels, ces films pourraient être passionnants s’ils étaient présentés de façon à nous divertir. Le divertissement n’est pas forcément inutile et superficiel. Quand on sait en tirer parti, le divertissement peut en réalité participer à faire évoluer les mentalités et, pourquoi pas, à changer le monde.

Pensez-y : quel style de musique écoutez-vous, quels programmes aimez-vous écouter à la radio ou à la télé, quels sont vos jeux-vidéos préférés ? Est-ce qu’ils ont influencé votre façon de penser ? Est-ce qu’ils vous ont donné envie de vous engager pour une cause ?

Découvrez d'autres exemples de jeux de sensibilisation :

Commentaires

Soumis par HOPMAL le
Pour voi une vision plus claire de ce que c'est que le developpement; nous devons avoir une vision plus claire de l'industrialisation complète et de l'expansion de la technologie d'un pays c'est ce processus qui mène au developpement

Soumis par john m le
hi im looking to volunteer anywhere really.need a change but my funds are little or nothing.lost my job 3 years ago and cant get another.i laboured on buliding sites.why does it cost so much to volunteer for a few weeks.i tought people volunteered to make a difference not a profit?why is this.the only thing volunteers should pay for is flights.........this justs turns people away from volunteering........

Soumis par Anonymous le
There are many places you can volunteer for free,you clearly not looking properly,just google different organizations around you and im sure you can find one that doesnt need a profit

Soumis par manirakiza jean - paul le
Chers partenaires en domaine de l' Education vous touchez vivement ma blessure pour moi j' ose le dire a haute voix le pays qui n' ont pas des jeunes intellectuels c' est deja la chute , Ecoutez mes colegue, moi je voudrait poursuivre les etudes mais je manque les moyens par chance je viens de gagner une bourse d' etude en Afrique central en faculte de Droit Prive 6000 eurros par an donc en 4ans 24000 eurros mais jusqu' a maintenant pas encore trouve les sponsorts pour financer mes etudes . quels conseils donnerriez - vous pour m' encourager

Soumis par Alex WMC le
I agree with the World Education Forum

Hi. We compiled this information from various sources, including the World Bank's data (data.worldbank.org); World Bank reports on education; and UNESCO. Hope this helps.

Soumis par lidya le
hi i am lidya and ilive in ethiopia i am grade ten i wish to go europe to finish high school and go to unverstiy and come to ethiopia helping etiopian women so is thera any body who help me to get chance

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