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Les jeunes africains et le travail dans le secteur informel

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Youth Forum à Abuja, Nigeria. Photo: Bamidele Emmanuel Oladokun / Banque mondiale
Forum jeunesse, Abuja, Nigeria.
Photo : Bamidele Emmanuel Oladokun / Banque mondiale

En 2011, les chefs d’État et de gouvernement africains se sont rencontrés à Malabo, en Guinée équatoriale, pour un Sommet de l’Union africaine dont le thème était consacré à la place des jeunes dans la perspective d’un développement durable. L’objectif principal de la réunion était de discuter de la jeunesse africaine, dont la croissance est plus rapide que celle de n’importe quel autre continent. En effet, l’Afrique compte plus de 200 millions de personnes ayant entre 15 et 24 ans.

« L’Afrique est le continent le plus jeune du monde. La jeunesse africaine est importante non seulement pour l’Afrique, mais pour le monde entier », indique Shantayanan Devarajan, économiste en chef à la Banque mondiale chargé de la Région Afrique. Et d’ajouter que les jeunes sont généralement ceux qui mènent l’innovation et qu’ils représentent une source de main-d’œuvre pour n’importe quelle économie.

J’ai récemment discuté avec M. Devarajan afin de savoir ce que la Banque mondiale faisait pour aider la jeunesse africaine.

Plusieurs initiatives jouent déjà un rôle de premier plan dans l’emploi des jeunes africains. Par exemple, en Ouganda, un programme destiné aux 14-20 ans vise à promouvoir l’autonomisation des adolescentes et des jeunes femmes et à améliorer leurs moyens de subsistance. Les résultats obtenus par le projet sont remarquables : les filles qui y ont pris part ont 35 % de chance en plus d’accéder à une activité leur procurant un revenu.

Ce projet est une réussite et c’est l’un des préférés de M. Devarajan, qui venait par ailleurs de rentrer du Ghana au moment de notre entrevue. Il m’a raconté « avoir rencontré des groupes de la société civile à Accra, essentiellement pour déterminer comment nous pouvons renforcer leur action ». Il s’est vite rendu compte que les jeunes constituaient le pan le plus prometteur de ce réseau et il s’en réjouit !

L’économiste en chef de la Région Afrique s’est entretenu avec de jeunes ghanéens lors d’une discussion vidéo par webcam via Google+ (Google+ Hangout), où il était question de développement économique. « Les jeunes en font déjà beaucoup tous seuls », a-t-il déclaré à cette occasion, devant des interlocuteurs curieux de connaître le rôle que la Banque mondiale pourrait jouer dans le développement de la jeunesse.

M. Devarajan travaille avec les autorités de différents pays africains et veut s’assurer que les gouvernants ne mettent pas des bâtons dans les roues des jeunes. Pour lui, c’est aux jeunes férus de technologie que l’Afrique doit sa croissance : « Sans les jeunes, il ne peut pas y avoir de croissance technologique ».

D’après lui, la Banque mondiale a soutenu les jeunes d’Afrique en aidant les pouvoirs publics à bâtir l’infrastructure technologique. Certes, il est vrai que les jeunes qui ont accès à la technologie sont mieux lotis que ceux qui se battent pour être « numériquement reliés ». J’ai demandé à M. Devarajan ce qu’on pouvait faire pour ceux qui ne le sont pas encore.

« C’est là que la Banque mondiale doit intervenir », m’a-t-il confié. Bien des jeunes travaillent dans le secteur informel et gagnent des salaires très faibles. L’un des défis qui se posent à M. Devarajan est d’essayer de changer l’attitude des pouvoirs publics envers le secteur informel afin de lui permettre de se développer.

Pour soutenir les jeunes, il est en effet impératif d’aider le secteur informel à prospérer. Le problème n’est pas que les pouvoirs publics ne disposent pas de l’infrastructure qui leur permettrait de créer des emplois dans de secteur formel, mais qu’il est très difficile pour le marché du travail d’absorber des jeunes déjà nombreux et dont le nombre est en progression.

Les emplois dans le secteur informel permettraient d’offrir des opportunités à une population jeune de plus en plus nombreuse en Afrique. C’est pourquoi, explique M. Devarajan, les pays doivent comprendre que « le secteur informel est normal ».

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