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Paludisme et développement en Afrique

Saadia Iqbal's picture

Le paludisme, aussi appelé malaria, est une infection causée par un parasite. Il se transmet d’une personne à l’autre par des moustiques. On contracte l’infection après avoir été piqué. Les patients atteints de paludisme sont très malades : ils ont de fortes fièvres, des frissons et des symptômes qui ressemblent à ceux de la grippe - maux de tête, douleurs musculaires et fatigue.

Les premiers signes de la maladie peuvent apparaître en 24 heures, mais peuvent attendre jusqu’à 14 jours après la piqûre du moustique pour se manifester. Sans médicaments, l’infection peut s’aggraver rapidement et mettre la vie du patient en danger. Il arrive aussi que certains malades présentent une résistance aux médicaments. Le paludisme est capable de tuer en infectant et en détruisant les globules rouges (anémie) et en obstruant les fins vaisseaux qui transportent le sang au cerveau (paludisme cérébral) ou aux autres organes vitaux.

Le paludisme peut être évité et guéri. Mais malgré cela, selon l’Organisation mondiale de la santé(OMS), de 300 à 500 millions de personnes contractent la maladie chaque année et environ 1 million en meurent. Le paludisme tue prématurément, il plombe l’économie de pays souvent déjà pauvres, et il s’attaque aux enfants dont il perturbe la scolarisation et le développement social en les empêchant d’aller en classe et en leur laissant des troubles neurologiques sévères, voire irréversibles.

Certaines régions sont fortement touchées par le paludisme du fait de leur position géographique, de la pauvreté qui y règne et de la présence de moustiques infectés. Ce fléau est un danger constant pour près de la moitié de la population du monde. Il est un défi permanent pour plus d’une centaine de gouvernements dont il épuise les ressources économiques.

Une maladie curable mais mortelle

Le paludisme peut être évité et guéri, mais reste un problème mondial majeur de santé publique. Il est la principale cause de mortalité dans de nombreux pays en développement notamment sur le continent africain où il tue en majorité des enfants.

Toutes les 30 secondes, un enfant meurt du paludisme en Afrique !

À l’heure actuelle, il n’y a pas de vaccin permettant d’éviter le paludisme, mais des médicaments peuvent le guérir. Pour prévenir la maladie, il existe heureusement des moyens bien connus et à des prix abordables. Insecticides et moustiquaires permettent de se protéger contre les piqûres des moustiques porteurs du virus. Actuellement, le défi à relever est la diffusion par-delà les frontières de ces connaissances et de ces moyens aux populations qui en ont le plus besoin.

Le paludisme crée un cercle vicieux. En effet, les personnes les plus touchées sont aussi les plus pauvres, car elles n’ont accès ni aux méthodes de prévention ni aux systèmes de santé. Au niveau des pays, la maladie freine le développement en imposant un fardeau considérable aux familles ainsi qu'aux infrastructures. Le poids du paludisme sur les états fragiles et sur les services sociaux handicape leur croissance économique, aggravant ainsi la pauvreté et augmentant, du même coup, le nombre de personnes exposées au paludisme.

Heureusement, ce cercle vicieux peut être brisé.

Que fait la communauté internationale ?

La communauté internationale s’est unie autour d’objectifs et de stratégies de lutte contre le paludisme. Les Objectifs de développement pour le millénaire (ODM) énoncent clairement ce qui doit être fait, l’initiative Roll Back Malaria a développé un plan d’action mondial contre la paludisme, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Organisation des Nations Unies (ONU) et la Banque mondiale travaillent aux côtés de milliers de partenaires pour lutter à grande échelle contre le paludisme.

La réponse de la Banque mondiale comprend un programme d'action (Booster Program) multi-pays pour la prévention et le traitement de la maladie. En juillet 2010, 455,2 millions de dollars ont été distribués à 18 pays et 13,5 million de dollars seront bientôt engagés dans la lutte contre le paludisme au Mozambique. En 2010, le programme a déjà permi d'investir un montant 3 fois supérieur à 2009.

Environ 240 millions de personnes, dont 42 millions d’enfants âgés de moins de 5 ans et près de 10 millions de femmes enceintes, vivent dans des zones concernées par les projets du Booster Programen Afrique subsaharienne.

La communauté internationale se mobilise de plus en plus.

En effet, de nouvelles organisations non gouvernementales de grande envergure telles que la Fondation Bill et Melinda Gates sont actives dans la lutte. La Banque mondiale agit en partenariat avec la Fondation Gates mais aussi d’autres groupes au sein de programmes de lutte contre le paludisme. Des entreprises privées y jouent également un rôle important. Il faut plus de fabricants locaux d’insecticides, de moustiquaires et de médicaments pour que jeu de la concurrence puisse réduire le coût de la prévention et du traitement en Afrique.

Pour éradiquer la maladie dévastatrice, la lutte passe aujourd’hui par des programmes incrémentiels appliqués dans chaque pays.

Que puis-je faire ?

Si vous vivez dans un pays infecté par le paludisme, informez-vous autant que vous le pouvez sur la diffusion des moyens de prévention. La plupart des ministères de la Santé ont des cartes détaillées des zones à haut ou à faible risque. Les régions les plus vulnérables sont généralement les campagnes et les endroits où il y a de l’eau stagnante ou des marécages.

Renseignez-vous sur les régions impaludées lorsque vous voyagez, en particulier dans l’hémisphère Sud et en Afrique subsaharienne. Les zones rurales sont particulièrement touchées. Prennez les précautions nécessaires - insecticides et moustiquaires - pour vous protéger des moustiques.

Soyez conscient des risques et soyez actif dans la lutte mondiale contre le paludisme. Vous pouvez par exemple proposer votre aide aux differentes organisations de lutte contre le paludisme (voir l'encadré « en savoir plus ») et prendre part à l'une des nombreuses manifestations organisées par Roll Back Malaria et World Malaria Day à l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme le 25 avril.

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