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Les diplômées et le marché du travail en Jordanie

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Emploi des jeunes en Jordanie

En Jordanie, les jeunes femmes diplômées ont de meilleures chances de trouver un emploi grâce à un programme de tickets qui leur sert de tremplin. Comment ça marche ?

Chacun des tickets -- distribués via l'agence Dajani Consulting -- permet à ces jeunes femmes de recevoir un salaire pendant les six premiers mois qu’elles passent dans une entreprise. Comme ce salaire est financé par le programme "Jordan Now", il ne coûte rien à l'employeur. Ne reste plus aux jeunes salariées qu'à convaincre les employeur de les embaucher pour de bon après ces six mois d'essai.

Accompagné de Dana Smillie (preneuse de vue), j’étais en Jordanie pour faire une vidéo-documentaire sur les inégalités hommes-femmes. C’est dans ce cadre que nous sommes allés à la rencontre des jeunes bénéficiaires du projet pilote "Jordan Now" financé par la Banque mondiale.

Khawla Husni, 22 ans, est l’une d’entre elles. Le système des tickets lui a permis de trouver un emploi de comptable dans la ville dont elle est originaire, Irbid, dans le sud de la Jordanie.

Elle nous a expliqué que son père a payé pour ses deux années d’études en comptabilité et qu’il a encouragé ses ambitions professionnelles. Mais elle dit que tous les pères ne sont pas aussi ouverts et qu’ils ne soutiennent pas l’émancipation de leurs filles. Il faut dire que ce n’est pas la coutume. Les normes culturelles sont très conservatrices en Jordanie et cela suffit à décourager les jeunes filles qui aimeraient travailler.

« Ça n’a pas été facile de trouver un emploi car tout le monde n’aime pas forcément l’idée qu’une femme ait un travail », explique-t-elle, « j’ai dû postuler dans plusieurs entreprises avant de trouver ».

Désormais, elle travaille cinq jours par semaine, de 9h à 14h, pour un salaire minimum de 150 dinars jordaniens (soit environ 210 dollars).

Le projet a déjà bénéficié à 900 Jordaniennes choisies au hasard dans plusieurs collèges communautaires à travers le pays. Voici quelques résultats en chiffres  :

  • 300 jeunes femmes ont reçus des tickets pour rémunérer leurs six premiers mois de travail (au sein d’une entreprise qu’elles ont contactée elles-mêmes, sans assistance).
  • 300 autres jeunes femmes ont suivi une formation pour les aider à trouver un emploi.
  • Enfin, elles sont 300 à avoir doublement bénéficié du programme : elles ont d’abord fait la formation et ont ensuite eu recours aux tickets pour financer leur six premiers mois de travail en entreprise.

Ibrahim Borini de Dajani Consulting a participé à la mise en place du projet pilote. Il explique qu’en réalisant une campagne médiatique autour du projet, on peut aider la population à prendre conscience que le travail des femmes n’est pas honteux mais, au contraire, qu’il est utile à tous : « La campagne a permis aux gens de comprendre que puisque les femmes étudient, il est normal qu’elles travaillent et subviennent à leurs propres besoins ».

Beyaan Sajeea, 24 ans, a étudié dans le collège communautaire de Ajlun, dans le nord de la Jordanie, où elle a obtenu un diplôme d’éducatrice spécialisée. Grâce au système de tickets-salaire, elle a trouvé un emploi dans la capitale, Amman. Elle enseigne à des enfants en difficulté. Elle était en poste depuis plus d’un an lorsque nous l’avons rencontrée : « Les six premiers mois, j’ai travaillé en utilisant les tickets-salaire. Ensuite, comme ils ont apprécié mon travail et qu’ils ont vu que j’avais des compétences dont ils avaient besoin, ils ont décidé de me garder et m’ont proposé un contrat pour que je reste ».

Elle nous a aussi dit qu’elle passait une grande partie de son salaire mensuel (150 dinars) dans les transports pour faire l’aller-retour entre son domicile et son lieu de travail. Néanmoins, elle pense que cela vaut la peine d’aller au travail tous les jours parce que c’est dans ce but qu’elle a fait des études et parce que ce travail, elle l’aime.

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Crédits photo. : Dana Smillie / Banque mondiale. Légende : Beyaan Sajeea , enseignante, écrit au tableau pour une classe d'élèves en difficulté à Amman, Jordanie.

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