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Madagascar : former les enseignants à l'utilisation d'Internet

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Internet pour l'enseignement à Madagascar

Même si Internet est devenu le principal réseau d'information capable de relier les recoins les plus isolés au reste du monde, tout le monde n'a pas accès à un téléphone ou à un ordinateur pour se connecter.

À Madagascar, le pourcentage de la population ayant accès à une connexion (taux de pénétration) est encore très faible. Selon Internet World Stats, en décembre 2011, il y avait à peine plus de 350 000 utilisateurs d'Internet dans tout le pays, soit 1,6 % de la population. Par conséquent, très peu d'enseignants ont la capacité de tirer profit de ce formidable outil qui peut les aider à préparer leurs cours ou à orienter leurs élèves.

C'est en partant de ce constat qu'Erick Rabemananoro, chargé de la communication pour le Bureau de la Banque mondiale à Madagascar, a décidé de monter un projet e-éducatif dans les collèges et lycées malgaches en 2010. Erick est journaliste de formation, diplômé en Sciences politiques. Il a longtemps travaillé pour les Nations Unies et cela fait aujourd'hui cinq ans qu'il travaille à la Banque mondiale, au Bureau d'Antananarivo.

YT! : Comment est né ce projet d'e-éducation ? 
Erick R. : J'ai toujours aimé collaborer avec les établissements scolaires car je crois beaucoup en la jeunesse. Il y a plus de dix ans, lorsque j'assurais la gestion du Centre d'information des Nations Unies à Antananarivo, j'ai créé les clubs pour l'ONU au sein des lycées. Mais depuis que j'ai intégré la Banque mondiale, je cherchais une nouvelle opportunité de collaborer avec les établissements du secondaire.

Aussi, en 2010, lorsque j'ai entendu parler du concours « Fonds d'innovation pour la jeunesse » [un concours dont le but est de stimuler l'innovation parmi les employés de la Banque mondiale] j'ai tout de suite saisi cette chance et j'ai proposé un projet destiné à familiariser des enseignants du secondaire à l'usage d'Internet comme source d'information éducative. La compagnie Orange Madagascar est devenue notre partenaire et nous a aidé à concrétiser ce projet en facilitant l'accès des enseignants à Internet.

Youthink! : Quel était le but visé par le projet « e-Éducation à Madagascar » ? 
Erick R. : L'objectif était double : à la fois former les enseignants à l'utilisation d'Internet – beaucoup ont découvert Internet lors de nos formations – et leur montrer le potentiel d'Internet comme outil de travail et comme source de matériel pédagogique pour les aider à enrichir le contenu de leurs cours et leurs méthodes d'enseignement. Par exemple, nous leur avons montré comment utiliser les moteurs de recherche et à explorer les sources d'information gratuite.

Youthink! : Combien d'enseignants ont bénéficié de ces formations ? 
Erick : Au départ, le projet avait ciblé 150 enseignants du secondaire, répartis dans quatre grandes villes malgaches : Antananarivo, Antsirabe, Toamasina et Mahajanga. Mais nous avons pu organiser des formations complémentaires et former une dizaine d'enseignants en plus.En outre, nous avons pu produire 1 000 exemplaires d'une brochure qui a permis de diffuser une liste de sites ressources auprès d'enseignants qui n'ont pas assister à la formation.

Comme l'ensemble des enseignants qui ont bénéficié de cette formation, François Ramaroson, professeur d'histoire-géo, s'estime très satisfait des acquis que lui a apportés la formation. Celle-ci lui a notamment permis de réaliser à quel point « en cas de difficulté pour la préparation d'une leçon, l'Internet peut être très utile ».

Giscard Rabeanjara, professeur d'histoire-géo, reconnaît quant à lui que la formation lui a été utile mais il juge qu'il faudrait « renforcer cette formation par d'autres sessions ». Erick André Tsiry, professeur d'allemand, explique que parallèlement au développement de ce type de formation il faut développer l'accès des enseignants à Internet : « les principales contraintes pour nous permettre d'utiliser régulièrement Internet sont les coûts de connexion. Je n'ai pas Internet à la maison. Il faut avoir accès à un cybercafé ».

Depuis 2010, de nombreux autres projets e-éducatifs se sont développés, parmi lesquels : le Centre civique pour la jeunesse à Antananarivo qui offre une multitude de ressources et un accès gratuit à Internet à tous les jeunes, et Ifadem.org une plateforme de e-learning dédiée à la formation des maîtres qui vient d'être lancée par l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

À l'échelle du continent africain, les nouvelles technologies jouent un rôle grandissant dans l'éducation et la 7ème édition de la Conférence eLearning Africa qui s'est déroulée du 23 au 25 mai à Cotonou, au Bénin, a rencontré un vif succès.

D'autre part, l'UNESCO vient de tenir un Congrès mondial des Ressources éducatives libres (REL) à Paris. Ce congrès a abouti à l'adoption de la Déclaration de Paris (pdf) dont la mission est d'appeler les gouvernements à soutenir le développement et l'utilisation des REL, c'est-à-dire les ressources éducatives disponibles gratuitement sur Internet.

Un témoignage à faire partager ?

Et vous qui nous lisez, connaissez-vous des initiatives qui favorisent l'apprentissage des outils Internet ? Avez-vous déjà suivi une formation en ligne sur une plateforme de e-learning ? Si oui, réagissez dans les commentaires ou sur notre page facebook.

Commentaires

Soumis par Eric le

Bonjour,

Il est clair que les infrastructures malgaches ne permettent pas encore à tout un chacun d'apprendre à utiliser internet.

Mais il y a déjà de très nombreuses plateformes professionnelles à Madagascar, et dont l'activité repose sur l'utilisation des réseaux, comme par exemple la création internet ou surtout la rédaction de contenus pour internet. De très nombreuses structures existent qui proposent de la rédaction en français et anglais pour les agences de communication situées en Europe par exemple.

Je pense donc que les enseignants peuvent approcher ces structures pour parfaire leur connaissance de l'outil. Et, cerise sur le gateau, cela leur permettrait d'expliquer les débouchés possibles pour leurs élèves. Un bon levier de développement pour le pays !

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