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Pour reconstruire un pays, il faut éduquer sa jeunesse

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Children attend a UNICEF-assisted school in Mogadishu, the capital. ©UNICEF/NYHQ2007-0055/Kamber
Des enfants en classe dans une école soutenue par UNICEF à Mogadiscio, en Somalie. ©UNICEF/NYHQ2007-0055/Kamber

Halima Mohmoud est somalienne. Elle a 11 ans et un rêve : pouvoir aller à l’école. Ce rêve est devenu réalité il y a peu, malgré toutes les difficultés auxquelles elle et ses parents se heurtent chaque jour. 

L’UNICEF a recueilli son témoignage (a) : « C’est la première fois que je suis inscrite à l’école. Mes parents sont des bergers nomades, ils vivent au village. L’école, c’est important pour moi, parce que ça m’aidera quand je serai grande. »

Halima a huit frères et sœurs qui, eux, ne sont pas scolarisés, comme beaucoup d’autres enfants en Somalie.

Selon la Banque mondiale (a), l’effondrement du système éducatif formel a fait reculer le taux de scolarisation à environ 31 % en Somalie. Ce taux est encore plus bas chez les filles (22 % contre 34 % pour les garçons). En effet, les filles fréquentent moins l’école car elles doivent s’occuper des corvées ménagères. Résultat : près de 75 % des Somaliennes âgées de 15 à 24 ans sont analphabètes. Cette situation fait de la Somalie l’un des pays du monde où les disparités entre les sexes sont les plus fortes.

Il faut se battre pour inverser cette tendance. Et c’est précisément l’objet d’une nouvelle campagne lancée par les autorités somaliennes et baptisée Go 2 School (« Allons à l’école »). Son objectif est de parvenir à scolariser un million d’enfants supplémentaires en encourageant leurs parents à les inscrire dans des écoles publiques gratuites.

La campagne sera renforcée par plusieurs mesures : construction et rénovation des établissements, formation et accompagnement des enseignants, augmentation des capacités des ministères et mise en place de structures de formation professionnelle pour les jeunes.
Cette initiative, qui vise à assurer une éducation de base aux enfants de 6 à 13 ans, prévoit aussi des dispositifs alternatifs destinés aux enfants pour lesquels l’accès à l’école est encore plus difficile : les nomades et les déplacés internes, notamment.

La campagne Go 2 School, qui coûtera 117 millions de dollars sur trois ans, bénéficie du soutien de l’UNICEF, du PAM et de l’UNESCO, ainsi que de diverses ONG internationales.

Elle constitue un pas important vers la reconstruction de ce pays d’Afrique ravagé par la guerre. La jeune génération forme le socle sur lequel un pays comme la Somalie doit s’appuyer pour faire reculer la pauvreté. C’est la raison pour laquelle la Banque mondiale place l’éducation au centre de sa mission de lutte contre la pauvreté depuis 1962.

De 2000 à 2010, avec l’aide de la Banque mondiale, des pays ont pu former plus de 3 millions d’enseignants supplémentaires, construire ou rénover plus de 2 millions de salles de classe pour 105 millions d’enfants et acheter ou distribuer environ 300 millions de manuels scolaires.

Les résultats :

  • 2,7 millions de filles sont scolarisées en Afghanistan en 2012 ;
  • 750 000 d’enfants non scolarisés au Bangladesh ont reçu une éducation primaire « de la deuxième chance » entre 2004 et 2011 ;
  • 2,6 millions de manuels ont été distribués aux écoles et 400 salles de classe ont été construites et équipées au Tchad entre 2003 et 2012.

Il n’est jamais trop tard pour reconstruire une nation en donnant à sa jeunesse les moyens de prendre sa destinée en mains. C’est en réalité l’une des premières étapes sur une très longue route, et un impératif pour mettre fin à la pauvreté.

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