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Pourquoi les jeunes sont prêts à endiguer le changement climatique

Ravi Kumar's picture
Pourquoi les jeunes sont prêts à endiguer le changement climatique

Je me revois encore, en ce mois de mars 2011, à l’aéroport de Katmandou. C’était la première fois que je rentrais chez moi depuis 2007, date de mon départ aux États-Unis pour mes études supérieures. Très vite, l’excitation que je ressentais est retombée : à peine sorti du bâtiment, j’ai senti des picotements dans les yeux. L’air était saturé d’un épais nuage de brouillard. Nettement plus qu’avant. Un sentiment confirmé par ma famille et mes amis : la pollution s’était accentuée.
 
Il y a trois mois, je suis retourné au Népal. Je me suis rendu compte que mes amis étaient de plus en plus préoccupés par la qualité de l’air. Certains ont même renoncé à acheter une voiture ou une moto, préférant les transports publics ou le vélo, pour ne pas aggraver la situation. Un état d’esprit que partagent visiblement les jeunes, partout dans le monde : du Népal aux États-Unis (a), ils sont de plus en plus conscients de l’impact de leur comportement sur la planète.
 
Pour Rachel Kyte, vice-présidente du Groupe de la Banque mondiale pour le développement durable, notre génération a des aspirations différentes de celles qui l’ont précédée. Aux yeux des jeunes d’aujourd’hui, dit-elle, la réussite réside dans la possibilité qui leur est offerte (à eux-mêmes et à leurs pairs) d’accéder facilement à des ressources — à l’instar des programmes de vélos en libre-service qui permettent aux citadins de louer facilement une bicyclette.
 
Comme je discutais avec elle du rôle possible des jeunes dans la lutte contre le changement climatique, elle a souligné l’atout exceptionnel dont nous disposons : la connectivité. « Vous êtes une génération sans frontières », m’a-t-elle dit, ce qui nous donne un pouvoir inédit.
 
La jeunesse actuelle est effectivement née avec le numérique et sait mobiliser la technologie et les réseaux sociaux pour faire entendre sa voix. Il ne faut pas oublier, comme l’a rappelé Rachel Kyte, que les capacités de ciblage de ces instruments permettent aux usagers d’exiger une certaine qualité de services. Le résultat, pour les jeunes, c’est de pouvoir faire cause commune à l’échelle planétaire, et imprimer un changement de cap.
 
Rachel Kyte a foi dans le pouvoir des jeunes et cette confiance a de quoi nous motiver.
 
La planète compte aujourd’hui 1,2 milliard d’individus âgés de 15 à 24 ans. C’est, aussi loin que l’on puisse remonter dans les statistiques, un record de jeunesse sans précédent. Et cette génération va hériter d’un monde aux prises avec le dérèglement climatique.
 
Au début de l’été, la Banque mondiale a publié ses prévisions sur les conséquences dramatiques du changement climatique à l’horizon 2030, faute de mobilisation concrète de la communauté internationale. De l’Asie à l’Afrique, les dommages seront irréversibles : jusqu’à 80 % des terres arables d’Afrique subsaharienne pourraient devenir impropres à l’agriculture d’ici 2040 et les pertes de production agricole au Viet Nam atteindront 11 %.
 
Cette vidéo vous en dira plus sur l’impact du changement climatique :


 
L’heure n’est plus aux hypothèses : le changement climatique aura des conséquences directes sur notre mode de vie. Qu’il s’agisse de nos débouchés professionnels ou de notre accès à l’énergie, en passant par notre aptitude à nous nourrir et à respirer un air pur, tout dépend, selon Rachel Kyte, de la manière dont les responsables politiques et la génération actuels vont gérer les arbitrages inévitables. D’où, selon elle, la nécessité pour la jeunesse d’aujourd’hui de s’investir autant que possible en faveur de l’environnement.
 
L’ancienne militante écologiste insiste : le changement climatique « ne concerne pas vos enfants, c’est vous qu’il concerne ». Elle rappelle ce qui a motivé son combat et celui de ses pairs dans les années 1980 : « qu’allait-il advenir à la génération d’après et qu’en était-il de notre responsabilité à son égard ? ». Et d’ajouter : « c’est cette même raison qui doit pousser votre génération à agir ».
 
Si la motivation reste la même, la société mondialisée dans laquelle nous vivons est nettement plus complexe et interconnectée qu’il y a 30 ans. L’atténuation des effets du dérèglement climatique implique de modifier nos modes de vie et d’exploitation des ressources. Autant dire que la tâche est rude.
 
Mais quand elle voit l’évolution de nos mentalités, Rachel Kyte est confiante en nos capacités à engager la planète sur une voie de développement pérenne.
 
Et si elle avait un conseil à donner aux jeunes ? « Ayez le courage de faire ce qui s’impose. En nous y mettant tous, nous parviendrons très vite à faire la différence ».

Commentaires

Soumis par Abdoulaye Diogo... le

Je partage les memes inquietude ici en Guinée les populations sont conscient et ils veulent agir mes l'etat n'en fait pas une priorite puisqu'il n'applique aucune lois en la matiere et les ONG a la base ne sont pas encourager ou consulter pour des action efficace.

Soumis par Sani Ayouba le

J'approuve ce commentaire et partage les points de vues, en tant que jeune dans l'un des pays durement touche par les effets du changement climatique. Je suis observateur de la société civile au Programme pilote sur la résilience climatique des fonds d'investissement climatique et Directeur des Jeunes volontaires pour l'environnement, je constate depuis quelques années que la jeunesse s'engage, s'implique et participe a tous les niveaux au processus du développement durable. C'est pourquoi je pense qu'il est important de saluer les initiatives qui impliquent les jeunes en tant que acteurs et bénéficiaires des programmes de développement ; de rendre hommages aux jeunes qui fond des efforts pour la mobilisation des autres et le changement de comportement. La lutte contre le changement climatique doit être au quotidien et les jeunes aujourd’hui, décideurs de demains sont prêt a s'engager et pour cela doivent êtres soutenu, encourager et motiver. Renforcer les jeunes afin qu'ils puissent agir et ou reagir dans la lutte contre le changement climatique.
Cordialement,
Sani

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