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Puiser les connaissances au cœur de la foule

Mamata Pokharel's picture

Le crowdsourcing : puiser les connaissances au coeur de la foule
Vous cherchez une façon de vous engager et d'affirmer votre solidarité avec ceux qui ont besoin d'aide ? Voulez participer au développement des pays pauvres, mais vous ne pouvez pas partir faire du volontariat en Afrique, et vous n'avez pas le temps ni l'argent nécessaire pour créer une ONG ? Voici une nouvelle solution pour vous permettre de participer à l'effort global pour la solidarité : c'est simple, il suffit de vous connecter !

Pendant que vous lisez cet article, des milliers de gens sont, comme vous, assis devant un ordinateur, et cela leur permet de lutter contre le crime et la violence, d'aider les victimes de catastrophes naturelles, ou de participer au développement de leur propre pays.

Internet leur permet de rassembler leurs idées, de partager des informations et de constituer de nouvelles bases de données utiles au développement. Tout cela, ils peuvent le faire depuis leur salon, sans dépenser un centime et en n'y consacrant pas plus d'une ou deux heures par semaine. Ils participent à ce qu'on appelle le crowdsourcing.

Trouver des solutions grâce à la collaboration de masse

Le crowdsourcing consiste littéralement à « puiser dans la foule », en d'autres termes, il s'agit d'utiliser la créativité, l'intelligence et le savoir-faire de personnes volontaires, pour réaliser certaines tâches qui sont d'habitude effectuées par des organismes ou des entreprises.

L'exemples de crowdsourcing le plus connu est le site Wikipedia.org. Cette encyclopédie en ligne est alimentée par les internautes. Les informations ainsi collectées sont ensuite diffusées à travers des outils divers, du plus généraliste au plus spécialisé (WikiGenderWikiversitéwikispeciesWikinewsTela Botanica, etc.).

Il y a quelques semaines, la Banque mondiale a réalisé un projet de crowdsourcing en réunissant des membres de la diaspora du Sud-Soudan et des experts de Google qui ont ainsi pu travailler ensemble, à partir de cartes disponibles sur Internet, au tracé des axes routiers qui traversent le pays.

Momodo Semega, propriétaire d'une petite entreprise de pêche en Gambie, a pris part au projet en montrant au groupe quel était le meilleur moyen de repérer les routes sur les cartes. « Moi aussi, j'ai participé ! » dit Lilit Gertner, une jeune américaine de 26 ans employée dans une ONG américaine, « je pourrais y passer une journée entière. C'est vraiment passionnant ! ».

Momodo utilise son temps libre pour créer des cartes interactives sur Google Maps – un outil qui permet à tous les internautes de partager leurs connaissances sur les régions du monde entier. Éditeur de plus de 6 000 travaux cartographiques sur Google Maps, Momodo est devenu un expert en cartographie. Il a d'ailleurs obtenu le poste de modérateur pour l'ensemble des cartes de l'Afrique de l'Est. Lorsqu'un utilisateur veut ajouter une église, une route ou une station d'essence sur Google Maps, ce sont les modérateurs qui ont la responsabilité de décider si cet ajout sera publié sur le site ou s'il sera refusé.

De l'information à l'action !

Ushahidi signifie « témoignage » en swahili. C'est le nom d'un projet de crowdsourcing dont l'objectif est de fournir une aide à grande échelle. Ushahidi a vu le jour au Kenya en 2008 à l'initiative d'Okolloh Ory, un blogueur, qui a demandé à ses lecteurs de collecter des informations sur les violences post-électorales : « Y a-t-il parmi vous des techniciens prêts à créer une maquette sur Google Maps pour montrer où se déroulent les actes de violence et de destruction ? ».

Quelques jours plus tard, des centaines de Kenyans pouvaient envoyer des SMS ou des e-mails pour témoigner de la situation dans la zone où ils se trouvaient et ces informations étaient aussitôt reportées sur une carte en accès libre sur Internet.

Depuis, Ushahidi est intervenu pour faciliter la gestion de plusieurs catastrophes.

Seulement deux heures après le séisme en Haïti, l'organisation avait mis en ligne un site web pour aider Haïti, et un étudiant américain passionné de technologie a pris le relai en parvenant à engager 300 bénévoles dans le projet.

Erik Hersnan, co-fondateur d'Ushahidi, explique : « Les jeunes sont déjà très impliqués. Après le séisme, la plupart des opérations étaient dirigées par des étudiants des universités de Boston, Genève et Portland. D'autres, comme l'Université Tufts, ont contribué au soutien technique du projet ».

Les Haïtiens pouvaient envoyer des SMS à un numéro qui été diffusé sur les radios. Ces messages étaient immédiatement traduits par des milliers de bénévoles créoles basés aux États-Unis. Chaque demande d'aide était traitée par des bénévoles et envoyée à des sauveteurs présents sur le terrain.

« Lorsqu'une catastrophe survient, n'importe qui peut apporter une aide précieuse, il suffit d'avoir accès à un ordinateur connecté à Internet » selon Erik Hersnan. Suivant cette même logique, de nombreux autres sites ont été lancés à travers le monde.

Après le séisme qui a frappé le nord du Japon, dès que les autorités ont annoncé qu'il y avait des failles dans les réacteurs nucléaires de la centrale de Fukushima, la population a cherché à obtenir des informations de sources officielles sur les risques d'irradiation, mais les réponses du gouvernement étaient ambiguës. C'est alors qu'ont émergé des sites comme japanstatus.com, rdtn.org et geigercrowd.net qui diffusaient des données sur les niveaux de rayonnement dans les zones habitées.

Téléphones portables et réseaux sociaux

L'utilisation des SMS s'est étendue à d'autres projets de crowdsourcing en Libye, en Australie et au Japon. Selon des données récentes, il y a environ 69 milliards d'abonnés à la téléphonie mobile dans le monde, dont 840 millions en Chine, 820 millions en Asie du Sud et 500 millions en Afrique.

Selon Mobileactive.org – un site web dédié à l'utilisation des téléphones mobiles pour favoriser le changement social – plusieurs ONG font désormais appel aux TIC (technologies de l'information et de la communication). Daraja, par exemple, est un outil de messagerie SMS qui permet de collecter et de diffuser des données sur la qualité des points d'eau en Tanzanie.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) utilise déjà cette technologie pour mener des enquêter sur la livraison des ressources alimentaires et pour stocker ces informations dans une base de données. Le PAM collabore avec les gouvernements et les Nations Unies, et se charge de former des personnes, généralement des étudiants ou des employés du gouvernement à l'utilisation de ces outils. Au Sénégal, le programme a permis de créer et de diffuser près de 250 messageries SMS à travers tout le pays.

Connecter ceux qui veulent aider et ceux qui ont besoin d'aide

Le site CrisisCommons.org (en anglais) propose de participer à un effort global lorsque survient une situation de crise, dues notamment à des catastrophes naturelles. Openideo.com et Innocentive.com (en anglais) sont des plateformes où chacun peut partager ses idées pour résoudre des problèmes dans les domaines humanitaire, sanitaire, social, etc.

Connaissez-vous d'autres sites ou organisations qui proposent des missions pour les volontaires ? Vous voulez nous parler d'un projet auquel vous avez participé ? Postez vos réactions dans les commentaires !

Commentaires

Soumis par Alioune gueye le
Bonjour,pour ce que j'ai compris sur les démarches de Youthink voila un instrument qui pourrai révolutionner le monde . J'ai fait le constat que la plupart des pauvres dans ce monde sont honnêtes et qu'ils sont de grands travailleurs mais qu'ils leur manque un financement pour bien démarrer dans la vie . Bienvenu a youthink.

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