Youthink! le blog de la Banque mondiale dédié aux jeunes qui s'engagent pour le développement
Syndicate content

L’entrepreneuriat social : une autre façon de s’engager

Liviane Urquiza's picture

entrepreneuriat social
Depuis 2009 AFRIpads distribue des serviettes hygiéniques réutilisables (lavables) aux jeunes Ougandaises afin qu'elles puissent continuer à aller à l'école.

Kachile.com est un site de e-commerce (en construction) qui permettra bientôt à des centaines d'artisans africains de vendre leurs ouvrages dans toute l'Afrique de l'Ouest.

Qu'est-ce que ces projets ont en commun ? Ce sont tous les deux des projets d'entrepreneuriat social.

Que produisent les entrepreneurs sociaux : un monde meilleur !

Comme leur nom l'indique, les entrepreneurs « sociaux » créent des initiatives dont l'objectif est de répondre à un besoin social tout en générant des revenus. Le concept d'entrepreneuriat social est né dans les années 1960 aux États-Unis mais n'a réellement émergé comme nouvelle pratique économique qu'à partir des années 1980, notamment avec la naissance d'Ashoka, l'association internationale créée en Inde par Bill Drayton pour soutenir les entrepreneurs sociaux innovants.  Aujourd'hui, le concept s'est élargi, on parle même d'un nouveau domaine économique : l'économie sociale et solidaire (ESS).

Youthink! a rencontré Sarah Toumi, une jeune franco-tunisienne de 24 ans, présidente de l'association DREAM (Réseau mondial d'échange et d'action pour le développement). À l'âge de 19 ans, elle a remporté le prix Ashoka Youth Changemakers pour son projet de soutien à l'entrepreneuriat féminin en zones rurales et de lutte contre la désertification dans le Sahel tunisien.

Sarah explique que pour elle, être entrepreneur social comporte un avantage important par rapport à la plupart des métiers : « L'humain est replacé au centre de l'activité et c'est très satisfaisant de voir au jour le jour qu'on crée un changement positif. »

En effet, pour les entrepreneurs sociaux le travail n'est pas un simple gagne-pain. Ils utilisent leurs compétences pour innover, trouver des solutions aux défis les plus urgents, créer des emplois et aider les populations les plus vulnérables à renforcer leurs capacités en leur enseignant à résoudre elles-mêmes leurs problèmes.

Quelles qualités doit réunir un entrepreneur social ?

Les jeunes qui s'aventurent dans l'entrepreneuriat social ont un ensemble de caractéristiques communes. Sarah Toumi pense que pour devenir entrepreneur social : « il faut de la motivation pour avoir envie de changer le monde, du leadership pour convaincre des partenaires, des capacités de management et d'initiative pour ne pas avoir peur de lancer de nouvelles idées, même si elles paraissent d'abord farfelues ou a priori irréalisables. Un entrepreneur social n'est pas motivé que par le profit, il est aussi un rêveur qui veut contribuer à la construction d'un monde plus juste et solidaire. »

La principale qualité de l'entrepreneur social c'est sans doute de savoir se débrouiller avec les moyens du bord et d'être toujours flexible pour s'adapter aux imprévus qui peuvent surgir tout au long du projet.

Votre avis sur l'entrepreneuriat social

Nous vous avons demandé sur facebook et twitter « à votre avis, quels sont les principaux obstacles que rencontrent les jeunes qui veulent devenir entrepreneur social ? ». Visiblement, vous êtes nombreux à avoir l'âme d'un entrepreneur social, mais le manque de moyens financiers représente un frein majeur à la réalisation de vos projets. Cela ne vous empêche pas d'avoir des idées et de nous les faire partager. Voici quelques extraits de vos témoignages :

Abd Razack Midingoyi (Bénin) « Seule la formation professionnelle peut être une solution efficace pour préparer les jeunes à la création d'entreprise. C'est grâce à l'entrepreneuriat que les INVENTIONS sont converties en INNOVATIONS. » 

Michael Boampong (Ghana) « D'après mon expérience avec YPWC au Ghana, le plus dur est d'acquérir une crédibilité en tant qu'organisme malgré le manque de ressources (humaines et financières). »

Van-Trang Nguyen (Viet Nam) « Devenir un entrepreneur social implique de dédier une partie importante de ses revenus à des causes sociales. Et comme nous vivons dans des sociétés de plus en plus focalisées sur l'argent, la majorité des jeunes s'engagent uniquement dans des carrières qui leur assurent un maximum de bénéfices. Du coup, on se sent parfois très seul. »

Parmi les autres obstacles que vous avez cités : « des gouvernements qui n'investissent aucun effort pour nous aider, aucune système institutionnel pour soutenir les jeunes entrepreneurs » – Jairiño De Souza Martinez (Brésil) ; « il faudrait développer des formations à l'entrepreneuriat social » pour « aider les jeunes à prendre confiance en eux, car sans confiance on n'ose pas prendre des risques et saisir des opportunités […] en plus d'être déterminés, les jeunes doivent apprendre à être patients pour pouvoir endurer le long processus qui précède l'obtention d'un véritable statut juridique » – Bethold Mwesy (Tanzanie).

Enfin, selon Subhash Kapoor (Népal) : « le plus grand défi pour les jeunes, c'est de réussir à faire comprendre aux gens que nous sommes sérieux et que nous pouvons accomplir des projets d'une importance majeure pour ceux qui pourront en bénéficier ! ».

Besoin de conseil et de soutien

L'association internationale Ashoka a créé le site web www.genV.net pour fournir des outils et des conseils aux futurs entrepreneurs sociaux  – assistance technique, développement d'un réseau de contacts, marketing, organisation d'évènements, et recherche.

Sarah nous explique qu'avant de se lancer dans l'aventure de l'entrepreneuriat social, il faut « se former en gestion et en commerce pour développer son activité, ou alors s'entourer de bons gestionnaire et commerciaux, en plus d'avoir déjà un potentiel de leader et de manager. Son idée doit non seulement résoudre un problème social mais également être un business model solide capable de se développer dans le temps » de sorte que l'action initiée puisse persister de façon autonome et durable.

L'opérateur intenrational de téléphonie et Internet Orange soutient l'entrepreneuriat social en Afrique à travers sa filière StarAfrica.com. Le Mouves (Mouvement des entrepreneurs sociaux) collabore avec les Écoles et Universités françaises afin de développer des programmes en entrepreneuriat social, tandis que le Centre d'entrepreneuriat en économie sociale du Québec (CEESQ) propose des formations accréditées et des ateliers de sensibilisation pour stimuler les vocations chez les jeunes Canadiens.

Qu'en est-il dans votre région du monde ? Pensez-vous que l'entrepreneuriat social a un rôle important à jouer ? Réagissez dans les commentaires ci-dessous ou sur facebook.

À découvrir : « Pourquoi s'intéresser à l'économie sociale et solidaire (ESS) ? »

Envie de réagir ? Envoyez-nous vos questions et commentaires