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Fuite des cerveaux et envois de fonds

Saadia Iqbal's picture

Fuite des cerveauxDans le monde, près de 190 millions de personnes vivent hors de leur pays d’origine. Connu sous le nom de « migration internationale », ce phénomène est à la fois une cause et une conséquence de la mondialisation. Les gens quittent leurs pays pour plusieurs raisons, généralement pour améliorer leurs conditions de vie et celles de leurs familles.

Les migrants, surtout ceux qui sont pauvres et sans qualifications, ont tendance à s’établir dans des pays proches des leurs. Ainsi, la majorité des émigrés aux États-Unis et au Canada sont originaires d’Amérique centrale et des Caraïbes. Dans les pays de l’Union européenne, ils viennent essentiellement du Maghreb, du Moyen-Orient et d’Europe de l’Est. Cette proximité permet aux immigrants de rester en contact avec leurs familles restées au pays.

Fuite des cerveaux

Les personnes instruites, tout comme les analphabètes, partent à l’étranger, à la recherche de nouvelles opportunités et de meilleures conditions de vie.

La migration massive de citoyens hautement qualifiés vers d’autres lieux peut avoir des conséquences terribles sur le pays d’origine. En effet, sans une main-d’œuvre qualifiée, il est difficile pour un pays pauvre de se développer et de prospérer. Ce phénomène est appelé la « fuite des cerveaux ».

Un rapport de la Banque mondiale intitulé : « Migration internationale, rapatriement de fonds et fuite des cerveaux » fait état d’un départ massif des personnes instruites dans les petits pays et les pays en développement.

  • Plus de la moitié des diplômés d’Amérique centrale et des Caraïbes vivent hors de leurs pays.
  • 8 diplômés haïtiens et jamaïcains sur 10 vivent à l’étranger.
  • En Afrique subsaharienne, les employés qualifiés ne représentent que 4 % de la main d’œuvre totale mais plus de 40 % de ceux-ci, immigrent vers des pays plus riches.

Le phénomène de la fuite des cerveaux cause davantage de tort aux petits pays qu’à ceux qui ont plus d’habitants. En effet, dans ces derniers, même si beaucoup de personnes qualifiées quittent le pays, il en restera encore beaucoup (simplement à cause de l’effet de nombre).

En Chine, en Inde, au Brésil, en Indonésie et dans l’ex-Union soviétique, seuls 3 à 5 % des diplômés vivent à l’étranger.

Comprendre le phénomène de la fuite des cerveaux devient important pour la recherche sur le développement.

Les chercheurs essaient également d’identifier les types d’emplois occupés par ces immigrants dans leur pays d’accueil pour voir si leurs aptitudes sont bien utilisées.

Le rapport « Migrations internationales, rapatriement de fonds et fuite des cerveaux » révèle que les émigrés aux États-Unis ne trouvent pas souvent des emplois qui correspondent à leur profil. À niveau d’éducation égal, la probabilité que les immigrants d’Amérique latine ou d’Europe de l’Est se retrouvent dans des emplois non qualifiés aux États-Unis est plus élevée que celle des immigrants d’Asie, du Moyen-Orient ou d’Afrique subsaharienne. Les immigrants originaires de l’Inde et du Royaume-Uni sont ceux qui ont le plus de chances de trouver des emplois qualifiés.

La langue est souvent à l’origine de ce phénomène. En effet, les universitaires venus d’Inde et du Royaume-Uni parlent Anglais, ce qui est un atout considérable lorsque l’on immigre aux États-Unis.

Rapatriement de fonds

La majorité des immigrants envoient de l’argent à leur famille restée au pays.

 

En 2008 les fonds rapatriés par les immigrants étaient de l’ordre de 305 milliards de dollars EU selon une étude menée par la Banque mondiale.

Également édité par la Banque mondiale le rapport Global Economic Prospects (Perspectives de l’économie mondiale) de 2006 fait état des versements de fonds et des phénomènes migratoires. Grâce à cette expertise on comprend mieux comment l’argent expédié permet aux familles restées au pays de rompre avec la pauvreté. Par exemple :

Cet argent supplémentaire permet aux familles restées au pays de rompre avec la pauvreté. Par exemple :

  • Selon une enquête, les transferts de fonds en faveur des ménages philippins se traduisent par une réduction du travail des enfants, un nombre plus élevé d’heures consacrées aux activités personnelles et une plus grande proportion de personnes qui entreprennent des activités dont le capital de départ est important.
  • Au Guatemala, les transferts de fonds envoyés par les travailleurs partis à l’étranger représentent plus de la moitié du revenu des 10 % des familles les plus pauvres. Ces transferts leur permettent d’éduquer leurs enfants, de mieux prendre soin de leur santé et d’améliorer leur logement, au lieu de devoir consacrer tous leurs revenus à leur alimentation et à l’acquisition d’autres biens.

Mais l’étude mentionne tout de même une exception : les immigrants du Mexique rural. Selon le rapport, les jeunes de 16 à 18 ans des ménages dont un membre a immigré ont des niveaux d’instruction inférieurs à ceux des ménages où personne n’a immigré

L’étude conclut que cette exception est due à la spécificité des immigrants mexicains des zones rurales sur le marché du travail des États-Unis : à cause de leur manque d’éducation, ils ne peuvent y occuper que des emplois non qualifiés et une année scolaire de plus n’y changera rien. C’est pourquoi les Mexicains des zones rurales qui prévoient d’émigrer aux États-Unis n’ont aucune motivation pour investir dans leur éducation.

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