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Revaloriser la formation professionnelle et technique

Liviane Urquiza's picture

Formation professionnelle : emploi des jeunes et développement économique

« La formation des jeunes doit être une priorité pour répondre aux besoins du marché local et traiter le problème de l'emploi ».

C'est ce qu'a récemment déclaré le ministre mauritanien des Affaires économiques Sidi Ould Tah, après la signature d'un accord passé avec la Banque mondiale dans le but d'améliorer la formation professionnelle dans les secteurs de l'énergie, du pétrole, de la pêche et de l'agriculture en Mauritanie.

Et pour cause, la formation est une des clés de la lutte contre le chômage des jeunes. Pas seulement la formation scolaire ou universitaire, mais aussi professionnelle. 

De nos jours, c'est le secteur tertiaire qui génère le plus d'emplois. En effet, les pays en développement ont choisi de valoriser en priorité des formations liées au secrétariat, à la gestion, au tourisme et au commerce, qui appartiennent toutes au domaine tertiaire.

Malheureusement, la concurrence est de plus en plus rude car il y a davantage de candidats que d'offres d'emploi. Très souvent, les diplômés qui arrivent sur le marché du travail se retrouvent à la fois « surqualifiés » et « pas assez expérimentés » pour décrocher les emplois disponibles. Ils sont alors contraints d'accepter des emplois faiblement rémunérés, habituellement réservés aux personnes sans qualification.

Pourquoi les métiers du primaire et du secondaire sont-ils impopulaires ?

Dans les pays développés, les emplois dans les secteurs agricole (primaire) et industriel (secondaire) souffrent d'une grande impopularité, sans doute parce que ces métiers sont « physiques » alors que les économies des pays riches valorisent surtout les métiers de « réflexion », mieux représentés dans le tertiaire. De ce fait, la grande majorité des étudiants se détournent des filières qui embauchent le plus.

En Afrique, ces métiers souffrent également d'une sous-représentation dans les établissements de formation mais pour d'autres raisons. En effet, ces secteurs d'emplois ne se sont jamais vraiment développés car le continent n'a jamais connu de « révolution industrielle » et les métiers agricoles (en particulier) n'attirent pas les vocations car ils sont souvent d'une grande précarité. D'ailleurs à l'échelle mondiale, la majorité des personnes vivant dans l'extrême pauvreté sont des travailleurs agricoles.

En Afrique, mais aussi en Asie du Sud et en Amérique latine, l'emploi des jeunes dépend en grande partie du développement de meilleures conditions de travail dans les activités du primaire et du secondaire.

Le manque d'expérience des diplômés

Fin 2010, l'OIT (Organisation international du travail) estimait qu'à l'échelle mondiale le nombre de chômeurs avait augmenté de 30 millions en seulement trois ans du fait de la crise financière internationale. Les jeunes en ont été les premières victimes car les entreprises privilégient l'embauche de travailleurs expérimentés.

Par conséquent, avant de pouvoir entrer sur le marché du travail, les jeunes débutants se retrouvent en bout de file d'attente – une file considérablement allongée du fait que les licenciés économiques se retrouvent eux aussi de « retour à la « case départ ».

Pour faire face à la crise et stimuler l'emploi, les pays se tournent vers la professionnalisation des jeunes par l'alternance, espérant ainsi leur faciliter l'accès au marché du travail. Mais qu'entend-on exactement par « professionnalisation » et en quoi consiste la formation en alternance ?

L'ingénierie et les formations techniques

Les écoles d'ingénieurs et les brevets de technicien (par exemple le BTS en France ou le DEC-Technique au Canada) sont des formations professionnalisantes car leur but est de permettre aux étudiants de se forger une expérience professionnelle au cours de leur formation. Chaque étudiant doit effectuer des stages en entreprise et des projets professionnels pendant son cursus. Les cours théoriques sont appuyés d'exercices pratiques qui permettent aux étudiants de tester leur capacité à appliquer ce qu'ils apprennent.

Les formations universitaires dites « pro »

L'université a longtemps été critiquée pour son aspect théorique. Il est vrai que traditionnellement les cours dispensés à l'université accordent peu de place dans leurs programmes à la mise en pratique des connaissances. Mais aujourd'hui, de plus en plus de formations universitaires intègrent dans leurs cursus des périodes de stage en entreprise.

L'apprentissage et les formations en alternance

La formation en alternance consiste à alterner cours théorique et formation pratique en entreprise. En France, par exemple, le contrat d'apprentissage permet à des jeunes de 16 à 25 ans de passer un diplôme en alternance, en travaillant en entreprise pendant les trois quarts de la formation – ce qui leur permet de toucher un salaire – et en étudiant en centre de formation pendant le quart de temps restant.

Le problème de l'alternance en Afrique comme dans d'autres régions en développement, c'est qu'il y a trop peu d'entreprises pouvant garantir la formation des apprentis… On peut néanmoins anticiper qu'en investissant aujourd'hui dans la formation des jeunes et des salariés, les petites et moyennes entreprises de ces régions en tireront rapidement des bénéfices puisque leur main-d'œuvre sera de plus en plus qualifiée et améliorera par conséquent leur compétitivité vis-à-vis des multinationales.

Et vous, qu'en pensez-vous ?

Quelle est la situation dans votre pays ? Pensez-vous que le choix de formations est suffisant et adapté ? Ou bien pensez-vous qu'il faut développer certains types de formations (lesquels) ?

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