Youthink! The World Bank's blog for youth
Syndicate content

Le Web solidaire : nouveau vecteur de la lutte contre la pauvreté

Liviane Urquiza's picture

Web solidaire
Ça bouge en France ! Alors qu’autour du G20 de Cannes (3 et 4 novembre) de nombreuses associations, ONG et entreprises se sont mobilisées – soit pour stimuler l’entreprenariat des jeunes, soit en faveur d’une meilleure prise en compte des femmes dans les débats mondiaux – le développement international reste à l’ordre du jour.

En effet, dans deux semaines, les Français célèbreront la Semaine de la solidarité internationale, dont le but est de sensibiliser la population aux grands défis humanitaires ainsi qu’au développement durable à l’échelle mondiale.

L’occasion de faire un rapide état des lieux de la solidarité sur le Web.

Qu’est-ce que le Web solidaire ?

Le Web solidaire est l’ensemble des actions solidaires réalisées sur Internet. Le concept est né au début des années 2000 (avec les premiers dons en ligne aux États-Unis) et s’est accru de façon exponentielle au cours des dix dernières années.

Ce phénomène désormais très tendance continue de se répandre sur la Toile, notamment à travers les plateformes communautaires (facebook, twitter, Solidairesdumonde.org, sans oublier Youthink!). Chaque jour, de plus en plus d’Internautes adhèrent à des associations ou soutiennent des ONG en faisant des dons ou en devenant des « Web bénévoles ».

D’autres décident de créer leur propre « entreprise sociale ». Késako?
Être un entrepreneur social, c'est :

  1. être porteur d'un projet économique,
  2. dont la finalité est sociale
  3. et n'en tirer que des bénéfices limités (car ces bénéfices doivent servir à financer de nouveaux projets).

Les entrepreneurs sociaux se servent d’Internet pour faire connaître leur projet, grâce aux réseaux sociaux essentiellement.

Le Web solidaire se développe aussi du fait que de grandes organisations – comme la Banque mondiale – commencent à rendre publiques leurs bases de données. Ce sont de véritables mines d’informations pour les entrepreneurs sociaux qui apprennent à connaître les marchés, s’informent sur les besoins des populations et sur les problèmes auxquels ils peuvent essayer d’apporter des solutions.

L’exemple du microcrédit en ligne

Le microcrédit en ligne c’est quand un site Internet offre à des particuliers la possibilité de prêter de petites sommes d’argent à des entrepreneurs du monde entier.

Plusieurs entreprises sociales se sont spécialisés dans le microcrédit en ligne, la plus ancienne et la plus importante à l’échelle mondiale étant Kiva mais son site n’est que partiellement disponible en français.

Babyloan est le site francophone de référence dans ce domaine. À ce jour, plus de 12 400 « Babyloaniens » ont prêté près de 2,5 millions d’euros pour participer au financement de 7 280 projets de micro-entrepreneurs à travers le monde.

De nouveaux sites communautaires

On a récemment vu se développer de nouveaux sites communautaires dont l’ambition est de rivaliser avec Facebook pour revaloriser le principe de solidarité entre les membres d’une même communauté.

En France, les sites Alvarum et Mail for good proposent aux Internautes de se réunir autour de leur engagement associatif tandis que Reworld les aide à développer leur propre réseau d’entraide et que Tinkuy réunit une communauté croissante de consommateurs responsables et engagés en faveur du développement durable.

La solidarité sous toutes ses formes semble avoir le vent en poupe. Comment expliquer ce nouvel engouement ?

Sommes-nous plus généreux qu’avant ?

Difficile de le dire. C’est vrai que la solidarité profite toujours d’un nouvel élan pendant les périodes de crise. Mais il faut espérer que la Web solidarité ne se réduise pas à un simple phénomène de mode -- qui risquerait donc de s’essouffler rapidement.

Depuis l’émergence des réseaux sociaux, il n’a jamais été aussi facile de faire passer le mot et d’inviter ses amis à s’engager dans une action solidaire. Ça n’a pas échappé aux ONG et aux acteurs solidaires qui font de plus en plus appel à des informaticiens pour apprendre à utiliser les fonctionnalités des sites communautaires. L’effort peut être payant. La preuve : parmi les outils les plus utilisés sur les réseaux sociaux, l’application facebook Causes permet à plus de 140 millions d’utilisateurs (!) de relayer des campagnes de dons pour les causes qu’ils veulent défendre.

La Web solidarité comporte-t-elle des risques ?

Certains profitent de la générosité des Internautes en prétendant œuvrer pour la solidarité. N’avez-vous jamais reçu un email vous invitant à envoyer de l’argent à une personne ou une organisation que vous ne connaissez pas et dont vous n’avez jamais entendu parler auparavant ? Si oui, il y a de grandes chances qu’il s’agisse d’une « arnaque » et que l’argent que l’on vous réclame ne serve pas à financer un projet mais simplement à remplir les poches d’un groupe d’escrocs.

Dans un autre registre, certaines campagnes se disent « solidaires » uniquement parce que cela les aide à se faire connaître, et d’autres – même si leurs objectifs sont louables -- ressemblent davantage à de la publicité qu’à de l’information. Ces campagnes risquent de nuire à la crédibilité des initiatives solidaires en général.

Aussi, soyons vigilants. Ne répondons pas « oui » à tous les appels à la solidarité. Il est indispensable de s’informer, de vérifier où va l’argent que l’on prête ou que l’on donne avant de s’engager.

Chaque action solidaire qui fait appel à des contributions financières doit pouvoir justifier de son statut d'entreprise, d'organisation ou d'association. Faites des recherches sur Internet et essayez de voir ce qu'en disent des sites fiables (privilégiez les sites institutionnels, universitaires ou d'information plutôt que des blogs). N'hésitez pas à contacter les responsables du site, ils doivent être en mesure de rendre compte avec précision de l'état des projets qu'ils soutiennent ainsi que de leurs objectifs à venir.

Le Web rend la solidarité plus facile et plus accessible à tous, c’est certain. Mais n’oublions pas qu’Internet n’est un outil, et que le responsable en fin de compte c’est toujours celui ou celle qui en fait usage.

Add new comment