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Africa

Comment reproduire efficacement un projet local à l’échelle nationale – l’exemple du Kenya et du Libéria

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Au cours de la dernière décennie, le Kenya et le Libéria ont tous deux cherché à reproduire à grande échelle des programmes pilotes ayant obtenu des résultats positifs dans l’apprentissage de la lecture aux enfants. Même si les évaluations d’impact portent de plus en plus sur les programmes d’envergure, nous testons encore un nombre important de programmes pilotes. Et ce, pour une bonne raison : les administrations ont le bon sens de vouloir tester un programme avant de dépenser des sommes considérables pour le mettre en œuvre à travers leur pays. L’année dernière, j’ai écrit un article qui expliquait la manière dont l’organisation indienne Pratham avait collaboré avec le Laboratoire d’action contre la pauvreté J-PAL, pour tester selon différents paramètres, des programmes à succès de perfectionnement de la lecture. Ils avaient par exemple testé ces programmes en fonction des personnes censées les mettre en œuvre (enseignants fonctionnaires ou volontaires) et selon le moment de la mise en œuvre (au cours de l’année scolaire ou pendant les vacances d’été).

Être un bon proviseur : une compétence innée ou acquise ?

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Un bon proviseur, ça change tout.

« L’on pense communément qu’un bon proviseur est la clef d’une école à succès. » C’est aussi ce que pensent Branch, Hanushek, et Rivkin dans leur étude sur les effets du rôle des proviseurs dans l’apprentissage des élèves. Mais comment peut-on mesurer la qualité d’un proviseur ? En utilisant une base de données provenant du Texas, aux États-Unis, ils ont employé la méthode de la valeur ajoutée, employée d’habitude pour mesurer la performance des enseignants. Ils ont contrôlé les informations générales sur les élèves (telles que le genre, l’origine ethnique, et un indicateur de pauvreté) ainsi que les résultats d’examens scolaires de l’année précédente. Ils se sont ensuite demandés comment l’apprentissage de ces élèves évoluait lorsque l’école changeait de proviseur ? Ils ont trouvé que lorsque la qualité d’un proviseur augmente d’un écart type de 1, l’apprentissage des élèves augmentait d’un écart type de 0,11. Même après quelques ajustements statistiques additionnels, leurs estimations les plus rigoureuses montrent « qu’une augmentation d’un écart type de 1 dans la qualité du proviseur, se traduit pour un écart type de plus ou moins 0,05 en bénéfice d’apprentissage moyen pour l’élève, soit, l’équivalent de deux mois additionnels d’apprentissage. »

Comment déterminer si un projet avec de bons résultats dans un pays fonctionnera ailleurs ?

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« Ce n’est pas parce que cela fonctionne au Brésil que cela fonctionnera au Burundi. » C’est vrai. Et ça semble évident. Pourtant, ce genre de critique continue d’être matraquée aux chercheurs, qui pratiquent des évaluations d’impact aux quatre coins du monde. Les institutions varient. Les niveaux d’éducation varient. Les cultures varient. Ainsi, un programme qui a réussi à autonomiser les filles en Ouganda, ne marchera pas forcément en Tanzanie.

Devrions-nous payer nos enfants pour qu’ils lisent ?

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Il y a quelques semaines, ma femme et moi relisions à voix haute le nouveau livre de Chimamanda Ngozi Adichie intitulé Chère Ijeawele, ou Un manifeste de 15 suggestions pour dispenser pour une éducation féministe. L’auteur conseille une amie sur la manière d’éduquer sa fille – Chizalum – pour en faire une féministe. Voici la quinzième suggestion : « Apprends à lire à Chizalum. Apprends-lui à aimer les livres. La meilleure façon pour y arriver est de montrer l’exemple de manière désinvolte. Si elle te voit lire, elle comprendra que lire est quelque chose de précieux. » Ceci semble tout à fait pertinent. Maintenant, passons à la fin du passage : « si toutes les autres méthodes échouent, paie-la pour lire. Récompense-la. Je connais une femme nigérienne extraordinaire, Angela, qui vivait aux États-Unis et élevait seule sa fille qui n’aimait pas lire. Elle décida de donner cinq centimes à sa fille pour chaque page lue. Une initiative coûteuse dont elle se remémorait en plaisantant mais somme toute, un bon investissement. » Intrigué après avoir lu ce passage, j’ai griffonné sur un coin de page, « me renseigner sur cette méthode. »

 

 

Comment notre hôpital au bord de la faillite est devenu un modèle de gestion basée sur la performance ?

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En 2014 nous avons repris la direction de l’hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Yaoundé (HGOPY). Nous avons récupéré une institution confrontée à un endettement structurel chronique, avec de nombreux équipements et locaux vétustes. Aucun plan d’amortissement de la dette n’avait été mis en place et les dépenses non compressibles telles que les salaires et avantages des personnels étaient très élevés.

 



Ce genre de situation était malheureusement fréquent dans de nombreux établissements qui ont subi de plein fouet la crise économique et sociale qui a suivi l’ajustement structurel dans les pays africains. Le système de santé n’a pas été en reste. La décision d’augmenter les tarifs des prestations médicales a pénalisé les plus pauvres et limité leur accès aux soins de santé. Cela n’a pas tardé à avoir des conséquences sur les taux de mortalité maternelle et infantile qui ont augmenté.

Pour faire face à cette situation, les pays africains ont signé en 2000 la Déclaration d’Abuja, les engageant à consacrer au moins 15% de leur budget national à la santé. Au-delà de l’objectif de l’accès universel aux soins, le secteur devait améliorer sa performance, son efficacité et son efficience.

From the brink of bankruptcy to a model for performance-based management: The story of one Yaoundé hospital

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We took over the management of the obstetrics, gynecology, and pediatric hospital in Yaoundé (HGOPY) in 2014, inheriting an institution that faced chronic structural debt, obsolete equipment, and dilapidated buildings. No debt repayment plan was in place and fixed expenses such as staff salaries and benefits were extremely high.

This situation was regrettably common in many institutions across Africa which were hit hard by the economic and social crisis that resulted from structural adjustment policies implemented in by several countries, including Cameroon. Furthermore, the decision to increase health care charges adversely affected the poorest, limiting their access to health care and leading to a rise in maternal and infant mortality rates.

In response, African countries signed the Abuja Declaration in 2000, committing to earmark at least 15% of their national budget to the health sector. In addition to the goal of providing universal health care, the sector was expected to enhance the performance, effectiveness, and efficiency of its services.

Realigning investment tax incentives to job opportunities

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Photo by: Gabriel/Flickr


The recent decline in global commodity prices is proving to be very costly for South Africa. The deterioration of South Africa’s terms of trade since 2012 cost at least four percentage points of gross domestic product (GDP) growth. This estimate does not account for some important indirect effects generated by the commodity price shock, including the heightened volatility of the rand and its impact on investment decisions. Instead of global monetary policy developments, commodity price volatility is now understood as being the main driver of exchange rate and capital account volatility in South Africa, and in emerging markets more generally. And 91% of European investors surveyed in the second half of 2014 identified the volatility of the rand as a major constraint to doing business in South Africa.

Will South Africa turn the corner in 2017?

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Photo By: David Stanley/Flickr


The year 2016 was difficult for many countries. We estimate that global economic growth slowed from 2.7% in 2015 to 2.3% in 2016. High-income economies struggled with subdued growth and low inflation amidst increased uncertainty about policy direction in light of rising populism. Among emerging markets and developing economies, commodity exporters were most affected by the end of the commodity price boom, growing by only 0.3%—much in line with our estimate of 0.4% growth for South Africa, the lowest growth rate since the 2009 recession after the global financial crisis. By contrast, commodity importers carried the torch of global growth in 2016, expanding by 5.6%.

Afrique de l’Ouest : une vision commune au service d’un littoral résilient

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Au Togo, l’érosion du littoral menace les habitations et les moyens de subsistance. Crédit photo : Eric Kaglan, Banque mondiale

Au Togo, les familles placent souvent des talismans à l’extérieur de leurs maisons, face à l’océan Atlantique, espérant que leurs pouvoirs magiques ou spirituels supposés les protègeront des vagues qui pénètrent toujours plus loin dans les terres.
 
Cela n’a hélas pas sauvé ces dizaines de villages dévorés par les flots depuis le milieu des années 1990. Les coques de bateaux, remplies de souvenirs sur des côtes qui perdent chaque année jusqu’à 5 à 10 mètres de terrain, sont devenues impropres à toute activité rémunératrice. Les anciens habitants qui viennent en pèlerinage sur les lieux de leur enfance restent abasourdis en constatant que la mer a littéralement englouti des communautés entières.

West African countries commit to common vision for coastal resilience

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Coastal erosion is threatening homes and livelihoods in Togo. Photo by: Eric Kaglan, World Bank 


Togolese families often place talismans, thought to contain magical or spiritual properties, outside their homes facing the Atlantic Ocean in hopes of protecting their dwellings from encroaching tides.
 
Unfortunately, dozens of villages have been devoured since the mid-1990s, leaving behind shells of houses, livelihoods and memories in the wake of a coast receding as much as 5-10 meters per year. When expatriates return to Togo’s coast to visit their childhood homes, they are astonished to see that communities have literally washed out to sea.

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