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Africa

L’emploi des jeunes en Afrique subsaharienne

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Voici un peu moins de deux ans, j’ai copublié avec une équipe de la Banque mondiale le rapport intitulé L’emploi des jeunes en Afrique subsaharienne. Nous y traitions du décalage croissant entre les attentes de la jeunesse africaine et les réalités des marchés du travail et des mesures que les gouvernements devraient prendre pour y remédier. Sachant qu’au cours de la prochaine décennie, ce sont quelque 11 millions de jeunes Africains qui frapperont chaque année aux portes du marché du travail, les conclusions et les messages clés de ce rapport restent d’actualité.
 
Pluridimensionnel, le défi de l’emploi des jeunes ne peut être résolu en se contentant par exemple de multiplier les offres de formation (contrairement à ce que l’on entend souvent). Tout l’enjeu consiste à faire en sorte que les jeunes travailleurs (et les autres) gagnent un revenu décent, indépendamment de leur type d’activité. La jeunesse doit pouvoir s’appuyer sur des compétences solides — son capital humain — à apporter à son travail. Les agriculteurs, les entrepreneurs et les investisseurs ont besoin d’un environnement propice pour créer davantage de débouchés productifs. Les pouvoirs publics doivent s’atteler au problème de la qualité de l’enseignement de base et démanteler les obstacles à l’essor de l’agriculture, des entreprises individuelles et de l’activité manufacturière.

Youth employment in Africa: what policy makers can do

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Just under two years ago, I, along with a team from across the World Bank, co-authored a report, Youth Employment in Sub-Saharan Africa, which tackled the growing gap between the aspirations of African youth and the realities of the job markets and what governments should do about it. With an expected 11 million young Africans entering the labor market every year well into the next decade, the findings and main messages of the report remain relevant. 
 
Boosting youth employment is not a one-dimensional task that can be solved, for example, by merely increasing training opportunities—a frequently touted response. The key is to ensure that young people—and other workers—can earn a decent income in whatever work they do. Young people need strong foundational skills—human capital—to bring to their jobs; farm and business owners, entrepreneurs and investors need a conducive environment to create more productive opportunities. Governments must address the quality of basic education and remove obstacles that hinder progress in agriculture, household enterprises, and manufacturing. 

Être veuve en Afrique : le lien entre situation matrimoniale et pauvreté

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Avant l’introduction de systèmes de pension et d’allocations de veuvage à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle dans les économies occidentales, les veuves faisaient généralement partie des catégories les plus pauvres et les plus vulnérables. De nos jours, on pourrait s’attendre à une situation analogue dans les pays en développement où les filets de protection sociale et les mécanismes d’assurance sont encore insuffisants, et où il existe toujours de fortes inégalités entre hommes et femmes en ce qui concerne les droits fondamentaux, le développement humain et l’accès aux actifs et à l’emploi. Pourtant, même si le veuvage a probablement d’importantes répercussions sur la vie des femmes en Afrique, force est de constater que l’on en sait peu, à ce jour, sur les conditions de vie des veuves sur ce continent.

Ce déficit d’informations tient en partie au fait que, le plus souvent, on prend comme unité d’observation le ménage pour mesurer la pauvreté et la vulnérabilité. Or, les sources de données standard ne renseignent pas spécifiquement sur la situation des personnes potentiellement défavorisées, telles que les veuves remariées, les veuves jeunes ou âgées et leurs enfants. Nous avons donc décidé d’explorer ces aspects dans une contribution destinée au dernier rapport en date du Groupe de la Banque mondiale sur la pauvreté en Afrique, Poverty in a Rising Africa, en nous appuyant sur les enquêtes démographiques et de santé (DHS) (a) réalisées sur le continent. Les résultats que nous avons obtenus sont édifiants.

The shock of widowhood: Marital status and poverty in Africa

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In Western economies, widows were historically among the poorest and most vulnerable individuals until the introduction of pension schemes and widow benefits in the late 19th and early 20th centuries. One might expect a similar situation in developing countries with underdeveloped safety net and insurance mechanisms, as well as high levels of gender inequality in rights, human development, and access to assets and employment. Yet, despite the likely relevance of widowhood in the lives of African women, surprisingly little is known about the well-being of Africa’s widows.
 
This is partly because poverty and vulnerability are typically measured with the household as the basic unit of observation. Potentially disadvantaged individuals such as remarried widows, young or elderly current widows, and their children are then largely hidden from view in standard data sources. In a background study to the latest World Bank Group Africa poverty report, Poverty in a Rising Africa, we mined Africa’s Demographic and Health Surveys to dig deeper into these issues. The findings are telling.
 

En Afrique, la pauvreté recule plus rapidement dans les ménages dirigés par une femme

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Depuis la fin des années 1990, les niveaux de vie ont augmenté et la pauvreté a considérablement diminué en Afrique subsaharienne. Mais toutes les catégories de population en bénéficient-elles ? Qu’en est-il en particulier des nombreux ménages dont le chef de famille est une femme, et que l’on considère souvent comme plus pauvres que les autres ? Ont-ils été laissés-pour-compte ?

En Afrique, près d’un ménage sur quatre est dirigé par une femme. Bien sûr, cette proportion varie d’un pays à l’autre : elle est nettement supérieure en Afrique australe, tandis que l’Afrique de l’Ouest affiche la part la plus faible. On observe cependant dans tous les pays une progression du nombre de ménages dont le chef de famille est une femme. Les données montrent clairement que la probabilité qu’une femme de 15 ans ou plus soit chef de famille s’accroît dans toutes les sous-régions, quel que soit l’âge de la femme qui dirige le ménage (graphique).

Poverty is falling faster for female-headed households in Africa

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Living standards have risen and poverty has fallen considerably across Sub-Saharan Africa since the late 1990s. But are all groups sharing in the gains? In particular, what about Africa’s many female-headed households, often thought to be poorer. Have they been left behind?

Nearly one in four households in Africa are headed by a woman. To be sure, this figure is not the same in all countries; those in Southern Africa have substantially higher rates while households in West African countries are least likely to be headed by a woman. What is true in all countries is that female headship has been increasing. The data show quite clearly that the probability that a woman aged 15 or older heads a household has been increasing over time in all sub-regions and at every age (see the figure).

The European refugee crisis: What we can learn from refugees in Sub-Saharan Africa

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The thousands of people crossing the European borders in 2015 have attracted considerable media attention. While such an attention is welcomed, we do not hear much about the millions of refugees hosted in developing countries.

Developing countries host about 85% of the total number of refugees in the world. Although Sub-Saharan Africa (SSA) also hosts refugees from other regions, the number of refugees originating from SSA follows closely those hosted in the region, suggesting that most SSA refugees remain in countries within the region (Figure 1).

There is no doubt that the logistical, institutional, and socio-economic challenges are even fiercer in developing countries. Focusing mainly on Kenya, Tanzania, and Uganda, we reviewed the recent literature to draw a few lessons in a new working paper, prepared as background to the Poverty in a Rising Africa report.

L’Europe face à la crise des réfugiés : ce que l’Afrique subsaharienne peut nous enseigner

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Les milliers de personnes ayant frappé aux portes de l’Europe en 2015 ont suscité une attention médiatique considérable. Si l’on ne peut que se féliciter de cet intérêt, que dire du silence relatif entourant les millions de réfugiés arrivant dans les pays en développement ?

Les pays en développement accueillent en effet 85 % environ du flux total de réfugiés dans le monde. En Afrique subsaharienne, le nombre de réfugiés originaires de cette région s’approche du nombre de réfugiés venus d’ailleurs, signe que la plupart des réfugiés subsahariens restent dans des pays de la région (figure 1).

De toute évidence, les difficultés logistiques, institutionnelles et socioéconomiques sont encore plus exacerbés dans les pays en développement. Dans un nouveau document de travail élaboré pour le rapport Poverty in a Rising Africa, nous tirons un certain nombre d’enseignements de la littérature récente, en nous attachant principalement à la situation du Kenya, de l’Ouganda et de la Tanzanie.

Qui financera les enquêtes sur la pauvreté dans les « pays Volkswagen »?

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Il ne devait pas faire bon être statisticien chez Volkswagen... En tout cas, c’est une profession qui ne devait pas être du goût de l’ancien PDG du constructeur automobile, Martin Winterkorn.  
 
Des données publiées par des chercheurs indépendants sont venues montrer que les voitures construites par Volkswagen étaient tout sauf les « diesels propres » qui avaient été vantées. Ces voitures se sont révélées en réalité particulièrement polluantes, émettant jusqu’à 40 fois les niveaux d’oxyde d’azote autorisés. Ce sont des statistiques qui ont permis de révéler le pot aux roses. L’ancien PDG, autrefois puissant, est aujourd’hui en disgrâce et pourrait même passer par la case prison.

 Les pays ne sont pas des entreprises et l’on ne peut comparer le dirigeant d’un pays à un dirigeant d’entreprise. Il y a pourtant parfois chez les représentants du peuple une forme de recherche de l’avantage personnel que l’on imagine plus volontiers trouver chez ceux qui sont à la tête de sociétés mues par la recherche du profit maximum. Les pays gouvernés par des dirigeants intéressés et à l’affût du profit — appelons-les les « pays Volkswagen » — ont tout intérêt à ce que leurs systèmes statistiques soient sous-financés et peu dotés en capacités de fonctionnement. Les déclarations mensongères vantant de prétendus bons résultats nationaux ne pourront ainsi être démenties.  

Who will fund poverty surveys in “Volkswagen” countries?

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It must not have been easy to be a statistician at Volkswagen. At least Martin Winterkorn, former CEO of the car company, may not have been very fond of them.
 
Independent researchers published data showing how cars produced by Volkswagen were anything but the “clean diesels” they were proclaimed to be. In fact, the cars were shown to be very polluting, pumping out up to 40 times the allowed level of nitrogen oxide. Statistics revealed the truth, and the once powerful CEO is now a person in disgrace who may have to spend time in jail.
 
Countries are not companies, and a country’s leader is not to be compared with the CEO. Still, at times, their behavior reminds one of the self-interested take on life one expects from the head of a profit-maximizing company but not from an official representing its people. Countries with such self-interested profit maximizing leaders, let’s call them “Volkswagen” countries, prefer their statistical systems to be underfunded and of low capacity. It prevents the false claims about the country’s successes from being uncovered.

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