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La tête dans le « nuage », ou comment donner à la jeunesse des pays MENA la clé de son avenir

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Quand j’étais jeune, « consulter son courrier » signifiait aller à pied à la poste récupérer ses lettres, « tweet » désignait le gazouillis d’un oiseau et « nuage » était synonyme de pluie ! Rien à voir avec notre monde actuel…
 
 La technologie modifie non seulement les demandes de la main-d’œuvre de demain mais également la manière dont nous préparons les étudiants à cet avenir. Elle influe donc sur les moyens comme sur la finalité de l’éducation. S’il est impossible de dire aujourd’hui comment la technologie sera utilisée dans le travail du futur, son rôle ne fait en revanche aucun doute. Elle nous offre une occasion unique d’améliorer la qualité et l’efficacité de l’éducation dès maintenant. Et l’informatique en nuage est au cœur de cette révolution numérique.
 
Prenez votre smartphone. Avez-vous réalisé que ce petit appareil en a déjà supplanté une cinquantaine d’autres, avec ses fonctions horloge, appareil photo, GPS, radio, lampe de poche, carte de crédit, clé USB, j’en passe et des meilleures ? Les données collectées par toutes les applications installées sur votre téléphone ne sont pas stockées sur un disque dur ou un périphérique flash mais dans un réseau de serveurs distants sur Internet qui, de plus, gèrent et traitent ces informations. Cette évolution — la fameuse « informatique en nuage » (cloud computing en anglais) — a le pouvoir de transformer l’avenir.
 
Cette technologie dématérialisée modifie la manière dont nous appréhendons demain, parce qu’elle peut, potentiellement, connecter des milliards d’individus supplémentaires aux réseaux numériques et révolutionner nos modes d’apprentissage et de travail. Le moment est venu de comprendre et d’anticiper cette translation des services éducatifs et des emplois du futur vers le « nuage ». Pour les pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA), où la question des enfants non scolarisés dans les zones fragiles et en conflit ne peut pas être résolue par des solutions traditionnelles consistant à les envoyer dans une école, les perspectives sont particulièrement intéressantes. Face à l’inéluctable transformation numérique de l’éducation et du travail, il est essentiel de veiller à ce que la jeunesse de ces pays aient les moyens de prendre part à cette évolution.
 
 C’est dans ce but que la Banque mondiale a récemment approuvé un nouvel investissement de 500 millions de dollars, pour appuyer les efforts du gouvernement égyptien visant à transformer les modalités de délivrance de l’éducation. Ce projet, qui sera mis en œuvre par le ministère de l’Éducation et de l’enseignement technique, entend améliorer, grâce à la technologie, les conditions d’enseignement et d’apprentissage dans le système éducatif public égyptien. C’est l’un des premiers projets de la région à transférer tout le système d’évaluation des élèves du pays sur le nuage…
 
Pour compléter ce projet, la Banque mondiale travaille en partenariat avec le ministère de l’Éducation et de l’enseignement technique d’Égypte et Amazon Web Services (AWS), afin de lancer l’initiative « Compétences pour l’avenir » (« Skills for the Future Initiative » ou SFI). Il s’agit d’impartir aux jeunes gens des pays MENA les compétences dont ils auront besoin demain dans leur travail. SFI Cairo a réuni 200 jeunes Égyptiens inscrits dans les filières techniques et professionnelles et 70 enseignants pour un atelier de deux jours destiné à les familiariser avec les principes de l’informatique en nuage. La formation était assurée en arabe par l’équipe AWS Educate. Les interventions réalisées au titre de l’initiative SFI privilégient l’intersection entre compétences, technologie et jeunesse.
 
À terme, d’autres ateliers intensifs de courte durée seront organisés dans ce cadre pour que les jeunes s’approprient la technologie et les compétences du 21e siècle avec, entre autres, des formations sur l’informatique en nuage, les savoirs comportementaux et toutes les aptitudes particulièrement recherchées dans la région. Les réfugiés ne seront pas oubliés car, dans leur situation, l’acquisition de ces compétences pourrait radicalement changer la donne.
 
La jeunesse de la région MENA est avide de changement. À nous de veiller à ce que ces évolutions soient positives, porteuses de transformations et cohérentes avec le monde de demain !

Commentaires

Soumis par Djakalé Agodio le

Qu'est-ce que la Banque mondiale a prévu pour l'Afrique subsaharienne, plus précisément l'Afrique de l'ouest concernant cette même initiative ?

Soumis par Merabet le

Excellentes initiative. Il serait judicieux de faire de même dans les métiers de l'environnement en particulier l'eau, et nous sommes prêts a travailler dans ce sens .

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