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Pourquoi participer à un forum sur les politiques d’infrastructure ? Et pourquoi pas ?

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Treize gouvernements, dix ministres et deux cent soixante-dix personnes se sont réunis pour discuter des politiques d’infrastructure dans la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord) et du rôle du secteur privé. Pourquoi ? (Non, cela ne tient pas au fait que le forum se tenait à Marrakech, car pas un de nous n’a quitté l’hôtel.)L’enthousiasme suscité par le lancement du Réseau affilié pour la responsabilité sociale dans le monde arabe au mois de mars a été une grande source d’inspiration pour moi. L’événement a rassemblé des membres de la société civile venus de toute la région MENA. Il a réussi à instaurer et à approfondir un débat autour des questions de la participation et des jeunes. 

En revanche, le développement des infrastructures, c’est-à-dire mon domaine, ne semble pas vraiment galvaniser les foules. Ceci est particulièrement vrai quand il s’agit de définir en détail le rôle potentiel du secteur privé par rapport à celui du secteur public, et de parler d’outils qui semblent obscurs (et qui comportent trop de P !), tels que les partenariats public-privé.

Les infrastructures sont pourtant cruciales. Elles sont intimement liées à la jeunesse, car la population de la région MENA est jeune, croissante et de plus en plus urbaine. Or, toute cette jeunesse a besoin d’infrastructures de qualité pour réaliser pleinement son potentiel économique. Pour que la région MENA dispose d’infrastructures dignes de ce nom et accessibles à tous, il faudra mobiliser toutes les énergies et expériences : secteur public, secteur privé et donateurs. Il s’agira également d’adopter une approche strictement focalisée sur la gouvernance et la transparence, afin que les choix en matière d’infrastructures reposent sur des contrats sociaux viables et des projets équilibrés qui répondent aux besoins des collectivités.

C’est pourquoi, au sein de la Région MENA de la Banque mondiale, nous avons décidé de relever ce qui ressemble à un grand défi : susciter de l’intérêt et de l’enthousiasme pour une réunion du Forum politique sur le Mécanisme de financement des infrastructures pour le monde arabe (AFFI).  Nous pensions que la responsabilité d’une telle initiative serait difficile à partager, et qu’il serait difficile de motiver les troupes. Comme nous avions tort !

Nous avons sous-estimé l’intérêt du public (alors que nous attendions 130 personnes, nous avons accueilli plus du double de participants). Énergie, sérieux et volonté d’engagement étaient tous au rendez-vous. Améliorer les services mis à disposition de la population (et au passage tirer le maximum de chaque dirham ou dinar) est un objectif clé pour toutes les parties prenantes de la région MENA.

Le mécanisme de financement régional, l’AFFI, dont le forum est partie intégrante, a été mis en place l’an dernier par la Banque mondiale, la Société financière internationale (IFC) et la Banque islamique de développement (IsDB). Le financement n’est pas sa seule vocation. Rétrospectivement, face à des problèmes courants en matière d’infrastructures, l’adoption d’une approche régionale grâce à un partenariat ouvert était certainement le moyen le plus efficace de faire avancer le débat. Naturellement, il se peut que certains projets se concrétisent dans un seul pays. Il est toutefois impératif de régionaliser l’approche pour optimiser l’impact et se donner les moyens de penser au-delà des frontières.

Les parties prenantes l’ont compris, c’est pourquoi elles sont venues nombreuses prendre part au forum.  Le partenariat AFFI est concluant à plusieurs niveaux. D’abord, en tant que partenariat entre les donateurs, car une plateforme ouverte permet aux nouveaux participants, tels que la Banque européenne d’investissement, de rejoindre les premières parties prenantes, l’IFC, l’IsDB et la Banque mondiale.

Ensuite, en tant que partenariat entre les gouvernements. En effet, qu’il s’agisse du ministre marocain de l’Économie et des Finances, du ministre tunisien de la Coopération internationale, du ministre des Ressources en eau de l’Iraq ou du ministre des Transports de la Jordanie, tous partagent une priorité : élargir et améliorer les infrastructures pour leurs concitoyens. Comme l’a souligné le ministre marocain de l’Économie et des Finances, Nizar Baraka, lors de la conférence de presse : « Les pays de la région doivent renforcer leur coopération pour accélérer le développement des infrastructures et permettre aux populations d’avoir accès à des services publics de qualité, (...) les secteurs public et privé sont invités à coordonner leurs efforts pour assurer la réussite des projets d’envergure régionale. »

Enfin, en tant que partenariat entre le public et le privé, car les acteurs de ces deux secteurs sont conscients que leur nouveau rôle est en train d’être défini en ce moment même, autour de l’objectif PPP.

Au cours du forum, j’ai compris que notre action était aussi essentielle que le rassemblement fructueux qui a eu lieu à Rabat, en présence de mes collègues et de jeunes gens de la société civile. Notre rôle consiste à fournir l’espace, à inviter les participants et à être à l’écoute des expériences et points de vue différents pour rechercher les meilleures solutions. Ainsi, nous pourrons construire des bases solides pour les politiques et les projets. Ce partenariat ouvert constitue là un outil essentiel pour faire évoluer la situation dans le bon sens. Car si le développement d’infrastructures nécessite d’importants financements, l’argent ne permet pas à lui seul de garantir un résultat optimal.

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