Pendant de nombreuses années, l'agriculture au Bénin a soutenu l’alimentation et l’emploi local, tout en se heurtant à des obstacles majeurs. Les agriculteurs manquaient souvent de bonnes semences, d'engrais et de systèmes d'irrigation, ce qui entraînait de faibles rendements agricoles. Tributaire de quelques cultures principales (coton, ananas, noix de cajou et soja), le pays était très exposé aux inondations et aux aléas climatiques. La majeure partie de la récolte était vendue non transformée, limitant ainsi pour les communautés locales, les possibilités de revenus supplémentaires et d'emplois liés à la transformation et à la valorisation de leurs produits.
En 2010, de graves inondations ont balayé 55 des 77 communes du Bénin, détruisant semences et bétail, et anéantissant environ 40 % des récoltes locales, laissant de nombreuses familles agricoles dans une situation critique.
Une aide essentielle offerte pour la reprise des agriculteurs
En 2011, le gouvernement béninois, en collaboration avec la Banque mondiale, a mis en œuvre le Projet d’appui à la diversification agricole (PADA) dans le but de favoriser la reprise des communautés. Ce projet visait principalement à permettre aux agriculteurs de surmonter rapidement les difficultés et à promouvoir le développement d’un secteur agricole plus résilient et diversifié pour l’avenir.
Qu'est-ce qui a changé sur le terrain ?
À la suite des récentes inondations, les agriculteurs béninois ont bénéficié d’un soutien immédiat afin de relancer leurs activités. Ils ont reçu des intrants agricoles essentiels, notamment des semences et des engrais pour la replantation, ainsi que des kits avicoles, des vaccins, des alevins et des aliments pour poissons destinés à soutenir l’élevage et l’aquaculture. Ces ressources ont permis aux familles d’agriculteurs de restaurer efficacement leur capacité de production alimentaire et de stabiliser leurs sources de revenus.
Au-delà de ces fournitures d'urgence, d'importants investissements ont été réalisés pour améliorer la gestion de l'eau pour l'irrigation et le matériel agricole. Grâce à de nouvelles infrastructures d'irrigation et à la modernisation des installations piscicoles, 215 510 agriculteurs touchés par les inondations ont pu rétablir leurs moyens de subsistance et mieux résister aux chocs climatiques.
Avec l'amélioration des pratiques et à la modernisation des outils, les rendements agricoles ont considérablement augmenté. Les récoltes des principales cultures - comme l'anacarde, le maïs, le riz et l'ananas - ont doublé, fournissant aux communautés non seulement plus de nourriture, mais aussi des excédents à vendre.
Le projet PADA a généré des résultats significatifs dans les secteurs de l’élevage et de l’aquaculture. L’introduction de races améliorées, l’élargissement des programmes de vaccination et l’optimisation des infrastructures d’abris ont permis une hausse supérieure à 50 % de la production avicole. Par ailleurs, les pisciculteurs ont dépassé leurs objectifs de rendement, participant ainsi à une augmentation de l’offre en protéines accessibles et à l’amélioration des indicateurs nutritionnels pour les producteurs agricoles et les populations locales.
Création de valeur et amélioration des marchés
Le projet a permis l’installation de petits centres de transformation et de nouvelles infrastructures de stockage, offrant aux agriculteurs la possibilité de sécher, conserver et transformer des produits comme le riz de façon plus efficace. Des programmes de formation ont aidé les producteurs à améliorer la qualité de leurs récoltes et à accéder à davantage de marchés, ce qui s’est traduit par une forte augmentation des exportations de noix de cajou et d’ananas, ainsi que par une hausse des revenus dans les communautés rurales.
Un des grands succès du projet a été le soutien apporté à l’autonomisation des femmes et au renforcement des institutions agricoles. Les femmes ont représenté plus de 40 % des bénéficiaires et ont reçu 47 % des subventions dédiées aux activités de transformation. Le projet a aussi favorisé la création d’organisations professionnelles pour les agriculteurs et la réforme de plusieurs départements du ministère de l’Agriculture, contribuant ainsi à une meilleure coordination, à la mise en œuvre plus efficace des programmes et à une gouvernance améliorée du secteur.
Ces progrès ont permis des retombées positives qui se sont fait sentir dans tout le pays. Selon une évaluation du projet PADA, celui-ci a généré près de 3 % du PIB du Bénin en 2020, ce qui met en évidence l’importance de soutenir le secteur agricole.
Les enseignements que nous avons retirés
L’amélioration de la distribution de semences et d’équipements auprès des agriculteurs requiert l’établissement de partenariats efficients avec le secteur privé. Le développement de la recherche locale est indispensable afin d’assurer que les solutions agricoles proposées soient en adéquation avec les caractéristiques climatiques et les besoins spécifiques du Bénin. La valorisation d’une collaboration étroite entre les acteurs publics et privés tout au long de la chaîne de valeur — depuis la fourniture des intrants jusqu’à l’exportation et la transformation — optimise les performances globales du secteur. Par ailleurs, l’appui aux groupes d’agriculteurs ainsi qu’aux institutions locales s’avère essentiel pour garantir des bénéfices durables qui dépassent le cadre des projets ponctuels.
Les progrès réalisés grâce au PADA ont jeté les bases de nouvelles initiatives, telles que le Projet de compétitivité agricole et de diversification des exportations (PACOFIDE). Ce programme vise à renforcer la compétitivité du secteur agricole béninois, diversifier la production végétale et accroître à la fois la transformation locale et les exportations. Ces efforts devraient générer des opportunités d'emploi, améliorer la sécurité alimentaire et renforcer la résilience du système alimentaire du Bénin.
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