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décembre 2017

Travailler en Haïti ou la promesse d’un accompagnement de tous les instants

Malaika Becoulet's picture


En tant que spécialiste de de la Banque mondiale affectée principalement aux projets de transport en Haïti, mon activité éveille souvent la curiosité de mes collègues et de mon entourage, qui sont nombreux à me demander ce que cela implique de travailler dans le pays.  Ma réponse est rarement la même.

De manière un peu spontanée, je réponds souvent qu’il faut faire preuve de flexibilité étant donné la volatilité du contexte haïtien.
D’autres fois, en plein milieu de dialogues longs et difficiles mais ô combien enrichissants, il m’arrive de répondre que travailler en Haïti demande de faire preuve de patience, de ténacité et de résilience.

Santé et prospérité des nations

Jim Yong Kim's picture
© Dominic Chavez/Banque mondiale


Il y a plus de 20 ans, j’ai soigné un jeune homme, Melquiades Huaya Ore, qui vivait à Carabayllo, au Pérou, et souffrait d’une tuberculose pharmaco-résistante. À l’époque, on considérait qu’il n’était pas tenable sur la durée de traiter des patients pauvres comme lui avec les mêmes médicaments que dans les pays riches, que le coût était trop élevé et que cela n’en valait pas la peine.

Faisant fin de tous les avis, nous avons trouvé un moyen de nous procurer ces médicaments et, bien épaulés par des agents de santé communautaires, nous avons traité Melquiades avec succès. Il est aujourd’hui comptable dans son pays, et tout va bien pour lui.

L’expérience et les faits indiquent qu’il n’y a pas mieux, pour la santé, la prospérité et la sécurité, qu’un système qui soigne tout le monde sans aucune distinction.

Pourtant, la moitié seulement de la population de la planète a accès aux services de santé essentiels. Et, chaque année, près de 100 millions de personnes tombent dans l’extrême pauvreté à cause des dépenses liées aux soins. Actuellement, 800 millions consacrent au moins 10 % du budget du ménage à ces dépenses, contre 600 millions en 2000.

L’approche axée sur l’obtention de résultats rapides : une solution plus adaptée à la réforme du secteur public au Sénégal ?

Thomas Dickinson's picture



« Je suis fière de moi, vraiment », confie Rokhaya Niang tout en travaillant. Elle et son équipe n’ont eu que 100 jours pour rationaliser et accélérer le traitement des demandes de lotissement de l’antenne locale du ministère de l’Urbanisation, à Rufisque, une ville située à 25 kilomètres à l’est de Dakar. Futur siège de l’administration nationale, la région est en plein boum et le service de Rokhaya est engorgé par des dossiers qui n’ont pas été traités à temps.

On n’a rien sans rien — ou comment nous avons compris ce qui empêche l’administration sénégalaise de se réformer

Thomas Dickinson's picture



Ce qu’il y a de frustrant avec les réformes « descendantes », c’est qu’elles donnent rarement les résultats escomptés.
Prenez le Sénégal : selon une nouvelle étude, ce pays a réformé 68 fois son administration publique depuis son indépendance, il y a 58 ans. Des réformes qui, dans 14 cas, visaient spécifiquement la qualité des services à la population. De leur côté, les bailleurs de fonds ont financé 27 projets ayant une composante « réforme du secteur public » entre 1988 et 2008, pour une enveloppe globale de plus de 11 milliards de dollars.

Villes-refuge : une perspective urbaine face au problème des déplacements forcés

Axel Baeumler's picture
Villes-refuge
Photo : Mohamed Azakir / Banque mondiale


Le nombre de réfugiés et de déplacés dans le monde a atteint un record sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale, en raison notamment du conflit en Syrie, où plus de la moitié des habitants ont été contraints de quitter leur foyer.

Pour beaucoup d’entre nous, la crise syrienne évoque des images de familles bloquées aux frontières de l’Europe et de gigantesques camps humanitaires. Or, en réalité, ceux qui fuient la violence ont majoritairement trouvé refuge dans des villes en Syrie et dans les pays voisins, en quête de sécurité, de meilleurs services et d’emplois.

La concentration de ces populations dans les zones urbaines, et non plus dans des camps, oblige à réfléchir aux meilleurs moyens de faire face au défi des déplacements forcés. Le problème ne se limite pas à la Syrie : il concerne nombre de pays touchés par un conflit au Moyen-Orient et ailleurs.

Les bonnes clôtures font les bons amis

Hasita Bhammar's picture
© Center for Conservation and Research, Sri Lanka
© Crédits photo : Center for Conservation and Research, Sri Lanka


Dans le village de Bulugolla, au Sri Lanka, les habitants poussent un soupir de soulagement. On est au mois d’octobre et la récolte de riz est bonne. Les pluies ont été abondantes et les voisins, parfois un peu trop envahissants (voir photo ci-dessus), ont respecté les limites qui leur ont été fixées. Mais ce n’a pas toujours été ainsi

Comme l’explique le chef du village, « nous dépendons de la récolte de riz. De par notre culture et nos traditions, nous avons toujours vécu en bonne entente avec les éléphants, mais nous ne pouvons pas vivre sans nos rizières, c’est pourquoi nous devons empêcher les éléphants de s’y aventurer ».

Les conflits entre humains et animaux sauvages représentent aujourd’hui l’un des principaux enjeux liés à la conservation. À mesure que les populations humaines augmentent, les habitats sauvages se réduisent et les humains entrent en conflit avec les animaux sauvages pour l’accès aux ressources naturelles. En outre, les éléphants, notamment, ne peuvent pas être cantonnés dans les zones protégées car elles ne peuvent accueillir en général qu’un nombre limité de pachydermes. Au Sri Lanka, la plupart des éléphants vivent en dehors des zones protégées : on les trouve dans les rizières et les villages, sur les routes, les voies ferrées et les autres infrastructures destinées à une population humaine en augmentation. Les conflits sont inévitables, mais, si l’on ne trouve pas de solution, les espèces sauvages disparaîtront.

La santé pour tous, une condition indispensable pour mettre fin à l’extrême pauvreté d’ici 2030

Tim Evans's picture


Chacun doit pouvoir bénéficier de services de santé de qualité, sans risquer de plonger  dans des difficultés financières. Cette conviction, simple mais puissante,  souligne la nécessité d’une couverture sanitaire universelle, désormais inscrite dans les engagements pris au titre des Objectifs de développement durable (ODD).
 
Pourtant, le rapport de suivi que publient aujourd’hui la Banque mondiale et l’Organisation mondiale de la santé, Tracking Universal Health Coverage: 2017 Global Monitoring Report, donne un sérieux coup de semonce, dont nous ferions bien de tenir compte si nous voulons réellement atteindre cet objectif à l’horizon 2030… 

Avec l’aquaculture, nous pouvons réinventer notre système alimentaire et débrider le capital humain

Robert Jones's picture
Une femme trie les algues qu’elle a récoltées sur l’île de Rote, en Indonésie. © Robert Jones
Une femme trie les algues qu’elle a récoltées sur l’île de Rote, en Indonésie. © Robert Jones


Et si nous pouvions réinventer le système alimentaire mondial et faire en sorte que les produits locaux, plus durables, nourrissants et diversifiés deviennent la norme et non plus l’exception ?  

Cette idée peut sembler irréaliste, mais, avec 9 milliards d’êtres humains sur la Terre en 2050 et un enfant sur trois souffrant d’un retard de croissance à cause de la malnutrition en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne, c’est désormais une nécessité. Aujourd’hui, une personne sur trois ne mange pas à sa faim et le gaspillage alimentaire bat des records dans le monde.​

Selon les experts, pour que chacun ait de quoi se nourrir à l’horizon 2050, il faudra doper la production alimentaire mondiale (et réduire le gaspillage).​ D’après certaines estimations, si nous ne renonçons pas à des pratiques agricoles intenables et à des subventions mal ciblées, nos sols ne seront plus productifs au-delà des 60 prochaines années. En outre, les terres arables et l’eau douce ne sont pas elles non plus disponibles en quantité illimitée. 

Un tableau alarmant qui incite à se tourner vers d’autres sources d’aliments, et notamment vers la production alimentaire en milieu aquatique, qui, elle, est en pleine expansion : en Asie du Sud et Afrique subsaharienne, les deux régions les plus pauvres de la planète, l’aquaculture (soit, pour l'essentiel, l'élevage de poissons) progresse au rythme de 10 % par an depuis dix ans.

Les frais de santé ont poussé 100 millions de personnes sous le seuil d'extrême pauvreté en 2010

Tariq Khokhar's picture

 

La couverture santé universelle (CSU) signifie que toutes les personnes doivent pouvoir bénéficier des services de santé dont elles ont besoin sans subir des retombées financières majeures. Un nouveau rapport publié conjointement par la Banque mondiale et l'Organisation mondiale de la santé, constate que les dépenses de santé poussent environ 100 millions de personnes par an sous le seuil de « l'extrême pauvreté » ( ce qui veut dire qu'elles disposent de moins de 1,90 $ par jour pour vivre) et environ 180 millions par an sous le seuil de pauvreté (3,10 $ par jour).

Vous pouvez accéder au rapport, aux données, aux visualisations interactives et aux documents disponibles en télechargement sur : http://data.worldbank.org/universal-health-coverage/ (a)

Coaching pour les entrepreneurs : ce qui marche et ce qui ne marche pas

Raj Nandy's picture
The Caribbean CIC Team after the Workshop kick-off. © Elaine Tinsley
© Elaine Tinsley

Les start-up des pays émergents peinent à accéder à des programmes de mentorat, et se retrouvent, de ce fait, désavantagées. Pour remédier à cette difficulté, le Programme sur les technologies climatiques d’infoDev (a) vient de lancer deux projets pilotes de mentorat, en partenariat avec ses Centres d’innovation climatique au Ghana (a) et aux Caraïbes (a).

L’entreprise est un puissant vecteur de changement. Elle stimule la création d’emplois et la croissance économique. Dans les pays développés, les entrepreneurs technologiques sollicitent souvent un mentor pour se perfectionner auprès d’un pair chevronné, résoudre des problèmes qu’ils maîtrisent mal et manœuvrer dans des situations délicates. Dans les pays émergents, les programmes et réseaux de soutien aux entreprises sont moins institutionnalisés, les mentors de qualité plus rares, et les créateurs d’entreprise moins familiers de ce type de relation et de service.


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