La course mondiale aux minerais et aux métaux est lancée et elle ne fera que s’accélérer. Avec l’intensification des besoins liés à l’urbanisation, à l’agriculture, à la numérisation et à l’énergie, la demande pour ces ressources pourrait doubler d’ici 2040. Pour les pays en développement riches en ressources naturelles, cela représente une opportunité majeure : approvisionner les marchés mondiaux, mais aussi créer des emplois pour leur population, développer leurs industries et renforcer leur résilience économique.
Saisir cette opportunité suppose de réunir trois conditions fondamentales : des politiques et une gouvernance solides, des infrastructures de base et des investissements du secteur privé. C’est tout l’enjeu de l’approche du Groupe de la Banque mondiale : conjuguer ces trois éléments pour que les richesses du sous-sol profitent au plus grand nombre, et dans la durée. Voici concrètement comment cette approche aide les pays à transformer leurs ressources minérales en emplois et en croissance.
1. Notre priorité : les populations et les emplois
En Argentine, le projet Rincon Lithium (a), soutenu par IFC, montre comment de nouveaux investissements peuvent, d’emblée, créer des débouchés. Au plus fort des travaux de construction, le projet devrait employer 4 200 travailleurs (a), dont au moins 70 % recrutés localement, conformément à la législation argentine.
Le projet Oyu Tolgoi en Mongolie, appuyé par le Groupe de la Banque mondiale, illustre ce que peut signifier un impact durable dans le temps. La mine emploie environ 20 000 personnes et 97 % d’entre elles sont originaires du pays (a). En 2025, elle a réalisé 87 % de ses achats en biens et services auprès de 770 entreprises mongoles, contribuant ainsi à renforcer le tissu entrepreneurial local et les chaînes d’approvisionnement nationales. Elle a également investi dans la formation, les bourses d’études, l’insertion des jeunes diplômés et les programmes communautaires, soit autant d’initiatives qui contribuent à élargir les compétences et les perspectives d’avenir sur le long terme.
Les retombées dépassent les limites du site minier. La production de cuivre d’Oyu Tolgoi a augmenté de 60 % en 2025, apportant une contribution considérable à la croissance de 6,9 % (a) enregistrée par le pays. Depuis 2010, le projet a apporté près de 4 milliards de dollars aux finances publiques (a), sous la forme d’impôts, de redevances et d’autres contributions. Des recettes qui peuvent financer des routes, des écoles et des services et ainsi faire rayonner les bénéfices de l’exploitation minière bien au-delà du périmètre de la mine.
C’est le modèle que le Groupe de la Banque mondiale soutient : une industrie minière qui crée des emplois aujourd’hui, constitue des chaînes d’approvisionnement nationales, contribue aux recettes publiques et aide à bâtir des économies plus solides pour demain.
2. Notre soutien va au-delà de la mine
L’exploitation minière ne doit pas seulement générer des exportations. Elle peut également servir de levier à d’autres industries.
En Mauritanie, le projet DREAM, soutenu par le Groupe de la Banque mondiale, tire parti des ressources minérales du pays et de son fort potentiel en énergies renouvelables pour développer de nouvelles activités, notamment l’hydrogène vert et le stockage sur batterie. Le projet soutient des réformes réglementaires, des investissements dans le stockage de l’énergie, ainsi que le renforcement des capacités institutionnelles et de la main-d’œuvre. La Mauritanie pourrait devenir un centre régional d’hydrogène vert, capable de produire jusqu’à 12 millions de tonnes par an de ce nouveau carburant.
À mesure que ces industries se développent, elles créent de nouveaux emplois au-delà du secteur minier, dans des domaines comme l’énergie, la logistique et le secteur manufacturier.
3. Notre approche est portée par les pays
Nombre de nos pays clients ont déjà une vision pour leur secteur minier et la concrétisent avec l’appui ciblé du Groupe de la Banque mondiale. Cette collaboration repose notamment sur l’élaboration de pactes nationaux, qui permettent à chaque pays d’articuler les réformes de politiques publiques, les projets d’infrastructures et les investissements autour de ses priorités. Lors des Réunions de printemps du Groupe de la Banque mondiale en avril 2026, nous avons lancé quatre premiers pactes nationaux sur les métaux et minerais avec la Bolivie, le Malawi, la Mauritanie et la Zambie. D’autres pactes et partenariats suivront dans le courant de l’année.
La Zambie est donc l’un des premiers pays à avoir conclu un pacte sur les minerais avec le Groupe de la Banque mondiale. Le gouvernement ambitionne d’atteindre une production annuelle de 3 millions de tonnes de cuivre (a) d’ici 2031. Pour y parvenir, il devra attirer davantage de capitaux privés, investir dans les infrastructures et les compétences, et intensifier les efforts pour développer une industrie manufacturière locale capable de renforcer les fournisseurs nationaux. Notre soutien à la Zambie couvre l’ensemble de ces dimensions.
En même temps qu’elle augmente sa production de cuivre (a), la Zambie peut développer les industries qui gravitent autour — fabrication de fils, de câbles, de transformateurs — et renforcer ses fournisseurs locaux, là où se concentre le véritable potentiel de création d’emplois.
4. Nos projets avancent et produisent déjà des résultats
Nous prévoyons de multiplier par cinq notre appui au secteur des métaux et minerais au cours des cinq prochaines années. Les avancées sont déjà visibles :
- En Argentine, nous avons contribué à mobiliser 1,2 milliard de dollars pour le projet Rincon Lithium (a), qui produira du lithium à grande échelle pour alimenter la filière en plein essor des véhicules électriques, tout en développant les capacités locales et en créant des emplois.
- En Afrique, les investissements réalisés le long du corridor de Lobito (a) contribuent à acheminer les minerais vers les marchés, tout en soutenant l’agriculture, le commerce et l’industrie. Pour les communautés des environs, cela signifie un meilleur accès aux marchés et aux services et la perspective de nouvelles sources de revenus.
- Nous élargissons également l’accès au financement pour les projets de plus petite taille. Notre plateforme de co-investissement avec Appian, qui bénéficie d’une contribution de 100 millions de dollars du Groupe de la Banque mondiale, répond à un manque critique : l’accès au capital-risque pour des projets de moindre envergure mais pourvoyeurs d’emplois. Notre objectif est de mobiliser jusqu’à 1 milliard de dollars d’ici 2027 pour des projets miniers de petite et moyenne taille.
- Dans le cadre de notre partenariat RISE (a), nous aidons près de 20 pays à identifier des opportunités d’investissement tout au long des chaînes de valeur minières, y compris pour passer de l’extraction à la transformation et à la fabrication.
5. Nous agissons en partenariat pour démultiplier notre impact
Aucune institution ne peut réussir seule. Je vois chaque jour les progrès que nous accomplissons en collaboration avec les pays pour transformer leurs richesses minérales en emplois, en industries et en croissance.
Les banques multilatérales de développement renforcent leur coordination pour accompagner les pays dans la création de valeur tout au long de la chaîne, de l’extraction minière à l’industrie manufacturière. Dans une déclaration conjointe récente (a), nous exposons la manière dont les partenaires peuvent obtenir des résultats plus coordonnés et à plus grande échelle, notamment en apportant un soutien aux marchés, des financements de démarrage et des instruments de partage des risques.
Nous travaillons également avec de nombreux pays donateurs, dont des membres du G7, à travers notre Fonds fiduciaire mondial d’appui programmatique aux industries extractives (a), qui encourage de meilleures pratiques de développement des métaux et minerais pour protéger l’environnement et permettre aux communautés locales d’en tirer profit.
Une chance à ne pas manquer
Les métaux et minerais peuvent être un puissant moteur d’emplois, d’industries et de croissance durable. Avec des politiques adaptées, des investissements et des partenariats solides, les pays peuvent transformer ce potentiel en retombées durables pour les populations et les communautés.
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