L’élimination de ces disparités se trouve au cœur du projet ambitieux du Groupe de la Banque mondiale d’étendre l’accès aux services de santé à 1,5 milliard de personnes d’ici 2030. Atteindre cet objectif nécessite de porter une attention particulière aux populations les plus à risque, à savoir les femmes, les enfants et les adolescents des pays les plus pauvres de la planète.
Dans un tel contexte, il était encourageant d’être témoin de la volonté réaffirmée de tant de responsables de gouvernements, de bailleurs souverains, de fondations philanthropiques ainsi que d’acteurs du secteur privé et de la société civile de soutenir le Mécanisme de financement mondial pour les femmes, les enfants et les adolescents (GFF), lors des dernières Réunions de printemps du Groupe de la Banque mondiale et du FMI. Ensemble, ils se sont engagés à mobiliser plus de 800 millions USD dès le premier jour du nouveau cycle d’investissement 2026-2030 en faveur de la santé maternelle et infantile.
Cette semaine, je suis à Accra, au Ghana, pour rencontrer des ministres de la Santé et des Finances d'Afrique de l’Ouest et du centre. À l’ordre du jour : comment étendre l’accès de 200 millions de personnes à de meilleurs services de santé.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la stratégie En bonne santé pour prospérer, une approche régionale contribuant à l’objectif de 1,5 milliard de personnes. L’accent est mis sur le renforcement des services de première ligne, la mobilisation de financements pérennes et l’accroissement de la résilience dans la prestation de services, afin de répondre aux besoins en santé des populations.
Les ministres ont souligné les moyens à leur disposition pour faire progresser les objectifs de santé et de nutrition ainsi que la souveraineté sanitaire, malgré un espace fiscal de plus en plus contraint. Ils considèrent les soins de santé non seulement comme un moteur de résultats en santé, mais aussi comme un levier de capital humain, de création d’emplois, de prospérité et de sécurité sanitaire.
Pour quelles raisons un investissement dans le modèle du GFF est-il pertinent aujourd’hui ?
Lancé en 2015, le GFF est la seule plateforme mondiale dédiée au financement en faveur des femmes, des enfants et des adolescents. Ce qui fait sa force ne réside pas seulement dans l’apport de financements, mais dans la manière dont ceux-ci sont mobilisés, en lien avec le Groupe de la Banque mondiale, puis transformés en résultats probants à grande échelle.
Chaque dollar de subventions du GFF permet de lever environ 7 dollars USD de financement du Groupe de la Banque mondiale. L’appui du GFF s’inscrit dans les systèmes des pays, en cohérence avec les budgets et plans nationaux, sous le leadership des gouvernements, et fédère les partenaires autour d’une stratégie commune. La société civile, les communautés et la jeunesse ont toutes un rôle déterminant à jouer tout au long du processus, favorisant la redevabilité, assurant la distribution du dernier kilomètre et concentrant leurs efforts sur les femmes, les enfants et les adolescents des communautés les plus marginalisées et les plus difficiles d’accès.
Les résultats sont éloquents : les pays soutenus par le GFF ont élargi l’accès aux services essentiels de santé et amélioré les résultats pour les femmes, les enfants et les adolescents plus rapidement que dans d’autres pays comparables.
À travers la stratégie Cap sur 2030 du GFF, le partenariat se concentre sur trois domaines : mobiliser des financements plus efficaces afin que les pays puissent maximiser l’impact de chaque dollar dépensé en faveur des femmes, des enfants et des adolescents ; généraliser les interventions éprouvées et rentables pour mettre fin aux décès maternels et infantiles évitables ; et renforcer les systèmes de soins de santé primaires pour qu’ils soient capables d’absorber les chocs et d’accélérer la transition des pays vers l’autonomie.
Travaillant conjointement avec le Groupe de la Banque mondiale, le GFF identifie et met à l’échelle les solutions ayant le plus fort impact sur la mortalité maternelle et infantile, afin que les pays puissent capitaliser sur leurs acquis et avancer ensemble. Cette convergence et cette synergie illustrent la force du partenariat à contribuer à l’objectif d'amélioration de l’accès aux soins pour 1,5 milliard de personnes d’ici 2030.
Les progrès ne sont pas garantis et les risques sont bien réels. Mais les perspectives le sont tout autant. Investir dans le GFF, c’est aider les pays à élargir l’accès aux soins vitaux à des millions de personnes, et nous rapprocher de l’objectif de mettre fin aux décès maternels et infantiles évitables.
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