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Transformer les écoles pour que les élèves apprennent mieux

Transformer les écoles pour que les élèves apprennent mieux Un cadre d’apprentissage bien conçu favorise la réussite des élèves. À l’inverse, un environnement scolaire mal pensé réduit l’efficacité de l’enseignement. Miser sur un aménagement optimal des espaces scolaires améliore les méthodes pédagogiques et booste les résultats des élèves.Copyright : Arne Hoel/Banque mondiale

L’éducation augmente les chances de trouver un emploi. C'est le moyen le plus sûr de sortir de la pauvreté, permettant aux générations futures de contribuer à la croissance économique. Pourtant, pour nombre d’élèves, cette promesse est souvent sabotée par des approches pédagogiques dépassées et des environnements d’apprentissage inadaptés. Les filles ratent régulièrement l’école pendant leurs règles, faute de toilettes adéquates ou d’infrastructures d’eau et d’assainissement. La chaleur et le manque de ventilation empêchent les enfants de se concentrer en classe, tandis que les inondations et cyclones provoquent des fermetures d’écoles fréquentes.

Mais rien de tout cela n’est une fatalité. Il est possible de transformer les bâtiments scolaires pour en faire des espaces véritablement propices à l’apprentissage et au bien-être des enfants. Un récent rapport (a) de la Banque mondiale montre l’importance d’environnements d’apprentissage bien conçus pour améliorer l’éducation dans les pays à revenu faible et intermédiaire.

Un nouveau cadre pour aider les pays à concevoir des environnements d’apprentissage

Les écoles ont globalement peu évolué dans leur conception. Or de plus en plus d’études montrent que l’environnement scolaire agit comme un « troisième éducateur » (a) et que des espaces bien pensés jouent un rôle clé pour moderniser les méthodes pédagogiques et soutenir efficacement les enseignants. Par exemple, selon des recherches récentes menées par la Banque mondiale (a), l’université de Salford (a) ou encore l’université de Melbourne (a), des environnements d’apprentissage flexibles s’accompagnent de meilleurs résultats scolaires en mathématiques et en sciences (tels que mesurés par l’enquête TIMSS 2019 [a]) et d’effets positifs sur les capacités de collaboration et la créativité des élèves. 

Figure 1 : Le cadre RIGHT+ pour les environnements physiques d’apprentissage s’articule autour de six facteurs

The World Bank  

 

La Banque mondiale a mis au point un cadre de référence baptisé RIGHT+ (pour Resilient, Inclusive, Green, Healthy, et Teaching- and Learning-Conducive). Son objectif : créer et mettre en œuvre un environnement physique d’apprentissage résilient, inclusif, écologique, sain et propice aux enseignements. Le cadre RIGHT+ vise à lutter contre la crise mondiale des niveaux scolaires (a) tout en répondant à la fréquence croissante des catastrophes naturelles (a) et des phénomènes météorologiques extrêmes qui nuisent à l’éducation. Il s’adapte à différents contextes et privilégie les solutions locales et les initiatives communautaires plutôt qu’une approche uniforme. Cela consiste notamment à :

  1. Construire des écoles résilientes en respectant les codes du bâtiment et en choisissant des emplacements moins exposés aux aléas naturels. Aux Philippines (a), des efforts sont en cours pour rendre les écoles plus sûres face aux catastrophes naturelles, tandis que le Pérou (a) et la Türkiye (a) renforcent leurs bâtiments afin de mieux résister aux séismes.

  2. Promouvoir des écoles inclusives, qui s’intègrent dans des réseaux bien coordonnés, équipées d’installations d’eau, d’assainissement et d’hygiène (WASH) adaptées aux besoins des filles et dotées d’espaces accessibles. La Colombie (a) a par exemple facilité l’accès aux établissements en améliorant les trajets scolaires, l’Angola (a) s'est concentrée sur la création d’espaces scolaires accueillants pour les filles, et le Honduras a reconstruit des écoles en intégrant les principes de la conception universelle (rampes d’accès, accessibilité des toilettes, etc.).

  3. Développer des écoles écologiques en veillant à la maîtrise de l’énergie et de l’eau, à la gestion des déchets et à l’utilisation de matériaux de construction durables. En Roumanie (a), au Burundi (a), en Inde (a) et au Burkina Faso (a), les écoles adoptent des pratiques écoresponsables comme la collecte des eaux de pluie, l’installation de panneaux solaires et l’utilisation d’argile et de bambou. 

  4. Créer des environnements sains en garantissant des services de base tels que l’eau, l’assainissement et l’électricité, ainsi qu’un éclairage et une ventilation adéquats et des bâtiments bien entretenus. Au Malawi (a), des projets améliorent l’approvisionnement en eau et les équipements sanitaires dans les écoles, tandis qu’en Tanzanie (a), des toits réfléchissants assurent le confort des salles de classe.

  5. Mettre en place des environnements propices à l’enseignement et à l’apprentissage, adaptables et bien équipés pour s’adapter à l’évolution de la pédagogie, comme le prévoit par exemple le cadre national de développement de l’éducation au Tadjikistan (a). Cela implique notamment de veiller à ce que les salles de classe disposent d’une capacité d’accueil suffisante, de ressources en technologies de l’information et de la communication (TIC) et de matériel pédagogique, tout en optimisant l’espace pour proposer des expériences enrichissantes et des options adaptées à chacun. En Uruguay (a) et au Chili (a), les écoles misent notamment sur la technologie et sur des espaces créatifs pour rendre l’apprentissage plus attrayant. 

  6. Assurer une mise en œuvre efficace des investissements dans les infrastructures en s’appuyant sur des processus décisionnels fondés sur les données afin de renforcer les capacités et l’engagement des parties prenantes. L’Uruguay (a) a conçu des espaces d’apprentissage en collaboration avec des architectes et des enseignants, tandis que le Pakistan (a) a mis à profit les données et l’apprentissage automatique pour favoriser en priorité une reconstruction scolaire résiliente.

Chacun de ces six facteurs peut constituer un point d’entrée pour bâtir de meilleures écoles et, pris ensemble, ils peuvent permettre un enseignement et un apprentissage plus innovants et stimulants, tout en aidant, à terme, les pays à développer un capital humain plus solide et à mieux préparer les élèves à un marché du travail en mutation.

Pour plus de détails, nous vous invitons à consulter la note sur l’approche RIGHT+ (a). Et pour en savoir plus sur les environnements physiques d’apprentissage, veuillez nous écrire à physical_learning_environments@worldbank.org.
 

Liens utiles :


Luis Benveniste

Directeur du Pôle mondial d'expertise en Éducation de la Banque mondiale

Enrique Alasino

Spécialiste senior de l’éducation pour l’Amérique latine-Caraïbes (El Salvador)

Tigran Shmis

Spécialiste principal en éducation

Jayanti Bhatia

Consultante, pôle Éducation

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