En Côte d’Ivoire, le train du numérique est déjà en marche mais doit aller plus vite et plus loin

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Le monde est devenu un village planétaire et les nouveaux analphabètes seront ceux qui restent en marge de la révolution technologique. Et de nombreux jeunes Africains risquent d’en faire partie. En effet, malgré l’ascension fulgurante des nouvelles technologies, l’Afrique est à la traîne. Seuls 30 % des Africains ont accès à internet et environ 600 millions d’Africains n’ont pas accès à l’électricité. C’est pour changer cette donne que nous autres, jeunes Africains, avons la responsabilité de proposer des solutions qui permettent d’intégrer le continent à cette mutation technologique.

Tout n’est pas à faire et des actions sont déjà menées sur le continent. Notamment des évènements autour du numérique, par le biais des centres de formations technologiques et de concours visant à récompenser les jeunes entrepreneurs disruptifs. Mais il faut reconnaître que ces initiatives concernent peu de jeunes et n’ont qu’un faible l’impact sur l’économie numérique.

Nous devons tout d’abord réconcilier tous les jeunes Africains au numérique. On pourrait par exemple, organiser des séances de formation des cybers arnaqueurs pour les reconvertir en ingénieurs informatiques au service de l’intérêt général, en montant par exemple des projets à fort impact technologique et social, comme la fabrication d’objets connectés et le développement d’applications pour résoudre les défis communautaires.

Les pays africains pourraient aussi mutualiser leurs ressources financières et créer une école continentale spécialisée dans le digital et l’économie numérique. Cet institut de formation avec des incubateurs regrouperait les meilleurs dans ce domaine en prévoyant des bourses d’études et un échange de compétences entre participants. Cette école serait basée sur le modèle des programmes d’échanges américains dont le Young African Leadership Initiative (YALI) initié par le département d’État américain en 2010 pour dénicher les jeunes leaders africains de demain, mais s’intéresserait principalement au numérique et à ses dérivés.

En plus de l’alphabétisation littéraire, les systèmes éducatifs doivent promouvoir une alphabétisation numérique théorique et pratique. Les jeunes pourront mieux s’imprégner des exigences du monde de demain s’ils apprennent à utiliser correctement les outils numériques dès le primaire. Autrement dit, il faut équiper les écoles urbaines et rurales de salles multimédia avec un bon accès à internet et des enseignants de qualité. Parallèlement, il faut développer les formations en ligne pour permettre aux Africains de se former à n’importe quel âge.

J’ai bon espoir parce que les choses bougent déjà en Côte d’Ivoire. L’État a fait un travail formidable en subventionnant l’achat d’ordinateurs pour les étudiants à travers le projet, « Un étudiant, un ordinateur » dont la deuxième édition a été lancée en novembre 2018 à l’université Nangui Abrogoua à Abidjan. De leur côté, certains commerçants acceptent des paiements échelonnés pour l’achat d’un ordinateur.

De nombreux pays africains ont aussi développé les services publics en ligne mais ils doivent aller plus loin en recrutant de jeunes développeurs et informaticiens talentueux. Le super prix Jeunesse francophone, récemment décerné à Roland Alavo, un jeune de 24 ans, avec son projet de numérisation des lois du Bénin et de la Côte d’Ivoire, nous montre que nous sommes sur la bonne voie.

Auteurs

Nafiisa Adjoua N’Guessan

Lauréate du concours Blog4Dev2019 en Côte d’Ivoire

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