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La Banque mondiale investit dans 12 projets centrés sur l’innovation et les données collaboratives au service du développement

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Nous avons le plaisir de dévoiler les 12 projets retenus pour soutenir l’amélioration de la production, la gestion et l’utilisation des données sur le développement. Portés par des équipes internationales aux profils variés, ces projets ont été conçus pour aider des pays à revenu faible et intermédiaire de la tranche inférieure en Afrique subsaharienne, en Asie de l’Est, en Amérique latine et en Asie du Sud.

Après le succès du premier cycle d’appel à projets lancé en 2016 (a), nous avons annoncé en août 2017 la création d’un nouveau fonds, doté de 2,5 millions de dollars, pour investir dans « l’innovation et les données collaboratives au service du développement durable ». Avec le Partenariat mondial pour des données sur le développement durable (GPSDD), le Groupe de gestion des données sur le développement de la Banque mondiale a sollicité des propositions pour améliorer la production, la gestion et l’utilisation des données, en se concentrant sur deux thèmes : « ne laisser personne sur le côté » et l’environnement. Pour s’assurer que les investissements soutiennent bien des solutions concrètes aux problèmes des populations et adaptées au contexte et aux attentes des bénéficiaires, chaque équipe devait intégrer un représentant des usagers (issu en général d’un organisme public). La sélection des projets reposait aussi sur leur capacité à produire des enseignements et des connaissances pouvant être partagés, adaptés et réutilisés.
 
De la prévision des mouvements des personnes déplacées en Somalie à une évaluation plus rapide des dégâts consécutifs aux catastrophes au Népal en passant par la lutte contre une espèce de chenille invasive au Malawi ou encore l’optimisation des services publics pour les aînés au Kenya et en Inde grâce à la cartographie, les 12 projets sélectionnés ont tous un point commun : ils illustrent la manière dont des partenariats, des méthodes et des sources d’information d’un genre nouveau peuvent être intégrés afin d’exploiter pleinement les données au service du développement.

Cette initiative est soutenue par le Fonds fiduciaire pour le renforcement des capacités statistiques (TFSCB) de la Banque mondiale et financée par le département du Développement international du Royaume-Uni (DfID), ainsi que par la République de Corée et le ministère irlandais des Affaires étrangères et du Commerce.
 

Palmarès 2018 du Fonds pour l’innovation

Activité 1 : Exploiter les données satellite pour suivre les mouvements des populations dans des zones touchées par un conflit ou par la famine (Somalie et Kenya)

Le projet cherche à élaborer une méthode scientifique reposant sur l’exploitation de données satellite à haute résolution afin de suivre et prédire les mouvements des déplacés à l’intérieur de la Somalie et du Kenya. Il s’agit de mettre au point des pratiques techniques standardisées optimales pour améliorer le repérage, le suivi et l’évaluation de la situation des déplacés, en privilégiant les femmes et les enfants à risque particulièrement exposés dans les zones touchées par un conflit ou une famine.

Commentaire de l’équipe de projet : « Le flux, la fréquence et l’ampleur des déplacements en Somalie sont influencés par plusieurs facteurs : le changement climatique et la dégradation de l’environnement, mais aussi les conflits violents ainsi que les crises politiques, économiques et alimentaires. En décryptant en temps réel les modalités récurrentes de ces mouvements, nous améliorerons considérablement notre capacité à prédire le moment, le point de départ et la destination des déplacements et, ce faisant, l’efficacité des interventions. »

Partenaires : Governance Lab, université de New York (chef de file) ; UNICEF.

Activité 2 : Extension des systèmes d’alerte précoce pour les éleveurs du Sahel (Niger, Mali et Burkina Faso)

Ce projet cherche à étendre les systèmes d’alerte précoce dans les régions pastorales du Sahel, en intégrant des données satellites et tirées d’enquêtes hebdomadaires auprès des populations locales pour suivre les effets du changement climatique sur la situation des éleveurs. De tels dispositifs peuvent atténuer l’impact des sécheresses et aider les éleveurs à organiser le déplacement de leurs troupeaux pendant la longue saison sèche.

Commentaire de l’équipe de projet : « Les pays sahéliens de l’Afrique de l’Ouest connaissent des épisodes de sécheresse pratiquement tous les ans, qui ont des effets dévastateurs sur les communautés, en détruisant les moyens de subsistance et en aggravant la malnutrition et la faim. Les communautés pastorales sont particulièrement exposées puisque leur subsistance dépend de la qualité des pâturages. Pour planifier des réponses d’urgence ou renforcer la résilience des populations, les décideurs doivent disposer d’informations fiables et facilement accessibles sur les conséquences des sécheresses. »

Partenaires : Action contre la faim (chef de file) ; Institut flamand de recherches technologiques (VITO) ; Direction régionale des productions et des industries animales (DRPIA) (Gao, Mali) ; Direction régionale des services vétérinaires (DRSV) (Gao, Mali) ; Direction du développement pastoral, ministère de l’Agriculture et du bétail (DDP) (Niger) ; Direction des ressources animales et halieutiques (DRAH) (Burkina Faso) ; et Hoefsloot Spatial Solutions (HSS)

Activité 3 : Cibler les subventions pour l’eau grâce aux nouvelles technologies de production de données (Angola)

Ce projet s’attache à créer un outil de cartographie de la pauvreté permettant de mieux cibler les subventions pour l’eau en direction des personnes qui en ont le plus besoin, grâce à des images satellites et des relevés à haute résolution et, ce faisant, d’économiser du temps et de l’argent. Des données existantes (relevés, informations géospatiales et autres) permettront de calibrer le modèle. À terme, cette cartographie de la pauvreté pourrait se décliner en de nombreuses autres applications afin d’optimiser l’allocation des ressources et la délivrance des services.

Commentaire de l’équipe de projet : « Dans les pays d’Afrique où nous travaillons, les subventions sont identiques, que vous soyez riche ou pauvre. Mais les ressources étant limitées, les plus démunis ne touchent pas assez (voire pas du tout) d’aides. On peut utiliser des données géostatistiques pour identifier les pauvres, et faire ainsi en sorte que ceux-ci bénéficient d’un prix ‘aidé’ pour pouvoir payer l’eau, tout en appliquant un tarif non subventionné aux ménages les plus aisés. »

Partenaires : Banque mondiale (chef de file) ; Regulatory Institute for Water and Energy Services, Angola ; et Global Water Challenge

Activité 4 : Stratégies d’atténuation du changement climatique à Dacca (Bangladesh)

Ce projet proposera une série de recommandations pour atténuer les effets du changement climatique dans la mégalopole de Dacca, grâce à une modélisation géospatiale de la corrélation entre changements d’affectation des sols, déplacements de population et microclimat urbain. Il s’agira d’analyser les coûts-avantages de l’aménagement d’espaces verts et d’examiner les règles d’utilisation du sol et les codes d’urbanisme existants, ainsi que leurs effets sur le microclimat urbain. Le projet élaborera par ailleurs une grille méthodologique reproductible dans d’autres contextes.

Commentaire de l’équipe de projet : « L’un des grands objectifs du projet est de constituer un nouveau corpus de connaissances sur le microclimat urbain afin de disposer de données et de statistiques de qualité en appui aux évolutions institutionnelles et politiques nécessaires pour atténuer les effets du changement climatique dans les zones urbaines. »

Partenaires : Curtin University (Australie) (chef de file) ; Département de la météorologie, université de Dacca ; et Bangladesh Institute of International and Strategic Studies (BIISS)

Activité 5 : Évaluer la fonction protectrice des forêts pour les ressources en eau (Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna et Vanuatu)

Ce projet, destiné aux communautés insulaires vulnérables, permettra d’évaluer l’état de fonctionnalité des écosystèmes forestiers dans les périmètres de captage d’eau grâce à un instrument novateur et bon marché faisant appel aux données géolocalisées. L’équipe développera une nouvelle méthode reproductible et relativement bon marché pour permettre un suivi durable et produire des résultats faciles à interpréter par les usagers et les décideurs.

Commentaire de l’équipe de projet : « Les forêts jouent un rôle dans la régulation de l’eau, on le sait. Cela a été démontré depuis de nombreuses années. Mais aujourd’hui, face au niveau de dégradation des forêts et aux effets déjà tangibles du changement climatique, ces écosystèmes peuvent-ils continuer à assurer cette fonction ? Pour combien de temps ? Et comment pouvons-nous la préserver pour les décennies à venir ? Ce sont là des questions essentielles pour tous ceux qui gèrent ces ressources et les terres. Cet outil de diagnostic leur apportera donc un certain nombre de réponses. »

Partenaires : Fonds mondial pour la nature (WWF) – France (chef de file) ; BLUECHAM SAS ; Direction des affaires vétérinaires, alimentaires et rurales (DAVAR), Nouvelle-Calédonie ; Service de l’environnement (SENV), Wallis-et-Futuna ; et ministère des Terres et des Ressources naturelles, Vanuatu

Activité 6 : Lutter contre la chenille légionnaire d’automne grâce à des méthodes de télédétection (Malawi)

La chenille légionnaire d’automne est un ravageur agressif qui décime les cultures, en particulier le maïs et le sorgho, ce qui peut engendrer des situations d’insécurité alimentaire généralisée. Ce projet contribuera aux efforts visant à éliminer cette menace grâce à l’utilisation d’images satellite permettant de détecter les « points chauds » de cette infestation. Le projet entend démontrer la faisabilité du concept. Un logiciel sera ensuite mis au point pour aider les institutions publiques, les ONG et les exploitants agricoles à maximiser les effets des insecticides, à gérer les pertes de rendement et à s’adapter aux défis du changement climatique.

Commentaire de l’équipe de projet : « La chenille légionnaire d’automne est une espèce de ravageur invasive observée pour la première fois en Afrique de l’Ouest au début de l’année 2016. Les pertes de culture sur le continent depuis cette date sont estimées à 13,3 milliards de dollars, sachant que pour la saison 2017-18, les pertes de rendement pour le maïs devraient atteindre 30 %. Cet insecte n’étant présent en Afrique que depuis peu de temps, nous connaissons encore mal son comportement, et la recherche autour des stratégies de gestion démarre à peine. »

Partenaires : Gorta-Self Help Africa (chef de file) ; Orbas Consulting, Training and Research Ltd ; et University College Dublin School of Biosystems and Food Engineering

Activité 7 : Consolider les informations sur le développement et les besoins d’urgence pour faire face à la crise des réfugiés (Ouganda et Tanzanie)

Le projet a pour objectif d’établir une cartographie des camps de réfugiés, en faisant appel à des réfugiés et à des membres des communautés hôtes afin de recueillir des données sur la population, l’environnement bâti et les services et aider ainsi les gouvernements à améliorer le soutien aux réfugiés. En s’appuyant sur une étude pilote à l’efficacité démontrée, il exploitera les données réunies par les populations, des relevés et des images par satellite afin de s’attaquer à de nouveaux secteurs et zones.

Commentaire de l’équipe de projet : « Plus de 1,4 million de réfugiés originaires du Soudan du Sud sont arrivés en Ouganda depuis deux ans et le flux ne se tarit pas. Il est pratiquement impossible de mesurer l’accès aux services essentiels (l’eau potable, par exemple), étant donné le rythme soutenu des migrations forcées vers l’Ouganda et la Tanzanie et l’augmentation consécutive des communautés urbaines et rurales. Notre projet veut combler ce manque d’informations critiques en accroissant le volume de données complètes et en quasi temps réel sur les infrastructures et les services de base là où vivent les réfugiés. Il étendra les zones couvertes en Ouganda et en Tanzanie et ce, de manière durable, puisque les capacités des réfugiés et des communautés hôtes à maintenir ces données à jour seront progressivement renforcées. »

Partenaires : Humanitarian OpenStreetMap Team (HOT) (chef de file) ; HCR Ouganda ; Cabinet du Premier ministre, Ouganda ; MapUganda ; YouthMappers ; et MSF Ouganda

Activité 8 : Cartographie participative en appui à l’objectif d’énergie durable pour tous en Amazonie (Équateur)

Ce projet utilisera des données d’observation de la Terre et fera appel à la participation des citoyens afin d’apporter l’électricité aux populations autochtones de l’Équateur et aux habitants d’autres régions isolées de l’Amazonie. Il comprend trois étapes : analyse des données géolocalisées de la zone considérée, cartographie participative et diffusion des résultats pour assurer leur transférabilité. L’aspect participatif permettra de réduire les coûts et d’améliorer la précision et la diffusion des données, au bénéfice des offices statistiques nationaux mais également des services en charge de l’électrification et des plans de développement.

Commentaire de l’équipe de projet : « Connaître la demande et les choix technologiques des populations autochtones de l’Amazonie permettra d’accélérer le déploiement des services d’électricité et d’autres services de base comme l’éducation et la santé. Avec ce travail, nous voulons démanteler les obstacles auxquels se heurtent les laissés-pour-compte tout en respectant leurs avis et leurs besoins. »

Partenaires : Centre pour la télédétection des surfaces terrestres (ZFL), université de Bonn (chef de file), AmazonGISnet ; et ministère de l’Électricité et des Énergies renouvelables (MEER), Équateur

Activité 9 : Cartographie géolocalisée des obstacles à l’accès des personnes âgées aux services urbains (Kenya et Inde)

Ce projet cherche à initier une campagne communautaire de collecte de données auprès des personnes âgées vivant en milieu urbain au Kenya et en Inde, dans le but de mieux comprendre les obstacles géographiques et sociaux qui les empêchent d’accéder aux services, en particulier lorsqu’il s’agit de sans-abris ou de personnes vivant dans des quartiers informels. Il s’attachera à cette fin à organiser la collecte de données primaires géolocalisées par des agents collecteurs, des organisations locales et les personnes âgées elles-mêmes.

Commentaire de l’équipe de projet : « Nous savons que les personnes âgées sont souvent marginalisées quand il s’agit d’accès aux services et de prise de décision. Si nous voulons améliorer la vie en ville, l’offre de services et la prise de décision participative, nous devons d’abord comprendre les dynamiques complexes de cette exclusion et de cette marginalisation. Une fois ces informations obtenues, nous apprendrons aux personnes âgées à plaider leur cause grâce aux données collectées et à revendiquer des changements tangibles. »

Partenaires : HelpAge International (chef de file) ; DataScience, Kenya ; Karika Kenya ; HelpAge India ; et Humanitarian OpenStreetMap Team (HOT)

Activité 10 : Exploitation agricole numérique (Kenya, Ouganda et Tanzanie)

Ce projet entend aider les petits agriculteurs à gérer le risque climatique en intégrant de multiples sources de données, faciles à comprendre et personnalisées, sur les techniques d’adaptation et de réaction à certains défis spécifiques. Il entend aider les petits exploitants à utiliser efficacement les données utiles afin qu’ils deviennent les acteurs de la conception des systèmes de données dont ils ont besoin, au lieu de se contenter de les utiliser tels quels.

Commentaire de l’équipe de projet : « Nous nous sommes engagés à collecter, diffuser et utiliser les données d’une manière différente : nous voulons placer les petits agriculteurs au centre et, ce faisant, leur apporter un outil qui leur soit vraiment utile. Le projet fournit aux petits agriculteurs des données facilement utilisables en appui à leurs décisions d’exploitation. »

Partenaires : Producers Direct (anciennement, Cafedirect Producers’ Foundation) (chef de file) ; Centre international d’agriculture tropicale (CIAT) ; Climate Edge ; et WeFarm

Activité 11 : Assurer un relèvement équitable après une catastrophe grâce à la cartographie (Népal)

Ce projet mettra au point une nouvelle méthodologie pour évaluer rapidement et précisément les dégâts après une catastrophe, en privilégiant les besoins les plus pressants (vulnérabilité consécutive à la catastrophe) et non plus les dégâts les plus lourds (pertes consécutives à la catastrophe). Une équipe réputée de chercheurs et des organisations de la société civile utiliseront des séries de données obtenues par télédétection et faisant appel aux populations pour concevoir un instrument global d’évaluation des dommages. Le tremblement de terre qui a touché le Népal en 2015 servira d’étude de cas.

Commentaire de l’équipe de projet : « Chaque membre de l’équipe a été d’une façon ou d’une autre affecté par le tremblement de terre qui a touché le Népal en 2015. Nous voulons être certains que les informations utilisées en appui aux décisions (aide prioritaire, distribution des subventions, normes et processus de reconstruction) reflètent effectivement la vulnérabilité et les besoins découlant de la catastrophe. »

Partenaires : Earth Observatory of Singapore (EOS), Nanyang Technological University (chef de file) ; Kathmandu Living Labs (KLL) ; Stanford Urban Resilience Initiative (SURI) ; Humanitarian OpenStreetMap Team (HOT) ; Facilité mondiale pour la prévention des risques de catastrophes et le relèvement (GFDRR) et programme Big Data de la Banque mondiale ; et NASA Jet Propulsion Lab and Advanced Rapid Imaging and Analysis Center (NASA-JPL/ARIA)

Activité 12 : Démographie et cartographie des populations « hors réseau » (Sierra Leone et Libéria)

Ce projet cherche à renforcer la visibilité des populations non raccordées au réseau électrique vivant dans des zones difficiles d’accès, en rassemblant des informations sur la localisation et la taille de ces petites collectivités. Il repose sur une interface en ligne et exploite les images satellite à haute résolution, l’information géographique volontaire et la modélisation. Le projet privilégiera les petits villages des zones de mangrove de six pays d’Afrique de l’Ouest, qui manquent tous de données, alors qu’ils ont cruellement besoin de localiser ces populations du littoral aux modes de vie et aux environnements identiques et d’estimer leur nombre face à la menace de l’élévation du niveau de la mer. Le projet envisage d’autres partenariats ailleurs dans le monde (notamment le bassin du fleuve Amazone).

Commentaire de l’équipe de projet : « À ce jour, il n’existe pas de méthodologie bien établie pour fournir des informations désagrégées sur les populations difficiles à atteindre aux organisations gouvernementales et non gouvernementales. Cette plateforme en ligne, simple d’utilisation, devrait remédier à cette lacune et permettre de mieux cibler la planification du développement et de l’adaptation de ces populations. »

Partenaires : Center for International Earth Science Information Network (CIESIN), université Columbia (New York) (chef de file) ; Connectivity Lab, Facebook ; et Wetlands International Africa
 

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