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OMS

Vers la tarification du carbone

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Iron and Steel giant ISKOR's Vanderbijl Park refinery. © John Hogg/World Bank


Dans seulement six semaines, les dirigeants de la planète se réuniront à Paris afin de négocier un nouvel accord mondial autour des changements climatiques. À ce jour, 150 pays ont présenté un programme détaillé concernant la manière dont ils entendent orienter leur économie sur une trajectoire plus viable et moins émettrice de CO2. Ces différents programmes constituent la première génération des investissements qu'il conviendra d'entreprendre afin de bâtir un avenir compétitif, exempt des niveaux inquiétants d'émissions de dioxyde de carbone qui alimentent actuellement le réchauffement climatique.

La transition vers un avenir plus écologique exigera à la fois l'action des gouvernements et la mise en œuvre de mécanismes d'incitation adaptés auprès du secteur privé. Aspect central de la démarche, il s'agira d'élaborer une solide politique publique consistant à faire payer la pollution au CO2. À travers la fixation de tarifs plus élevés dans le domaine des combustibles fossiles, de l'électricité et des activités industrielles, l'incitation pèsera en faveur de l'utilisation de combustibles moins polluants, d'une économie des énergies, et de la promotion d'un passage à des investissements plus écologiques. La mise en œuvre de mesures de type prélèvements et taxes sur le carbone, programmes d'échange de quotas d'émission, et autres mécanismes tarifaires, de même que la suppression de subventions inefficaces, pourront conférer aux entreprises et aux ménages la certitude et la prévisibilité nécessaires pour entreprendre des investissements à long terme dans un développement soucieux du climat.

Apprendre à gérer l'imprévu : je me fixe un objectif, si je le manque, je persévère.

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Je crois fondamentalement aux vertus de cibles ambitieuses pour inciter la société civile et les pouvoirs publics à se mobiliser face à des enjeux essentiels. En 2003 — je travaillais alors à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) — nous avons lancé l’initiative « 3 millions d’ici 2005 » qui visait à fournir un traitement antirétroviral à 3 millions de personnes dans les pays en développement à l’horizon 2005

Lorsque nous avons dévoilé cet objectif, la communauté mondiale de la santé en était encore à s’interroger sur la faisabilité d’un traitement contre le sida pour les pays pauvres. Certains y voyaient un rêve irréalisable et refusaient de donner aux gens de faux espoirs. 

À ceux-là, je rétorquais que nous ne sous-estimions pas la difficulté de la tâche mais que nous devions avoir un objectif quantifiable et défini dans le temps pour modifier radicalement la manière d’appréhender l’épidémie de sida dans les pays en développement. De fait, cette cible des 3 millions a contribué à nous faire évoluer : au lieu de ruminer sur son bien-fondé, nous avons concentré nos efforts sur les moyens d’action.