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vie sauvage

Les bonnes clôtures font les bons amis

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© Center for Conservation and Research, Sri Lanka
© Crédits photo : Center for Conservation and Research, Sri Lanka


Dans le village de Bulugolla, au Sri Lanka, les habitants poussent un soupir de soulagement. On est au mois d’octobre et la récolte de riz est bonne. Les pluies ont été abondantes et les voisins, parfois un peu trop envahissants (voir photo ci-dessus), ont respecté les limites qui leur ont été fixées. Mais ce n’a pas toujours été ainsi

Comme l’explique le chef du village, « nous dépendons de la récolte de riz. De par notre culture et nos traditions, nous avons toujours vécu en bonne entente avec les éléphants, mais nous ne pouvons pas vivre sans nos rizières, c’est pourquoi nous devons empêcher les éléphants de s’y aventurer ».

Les conflits entre humains et animaux sauvages représentent aujourd’hui l’un des principaux enjeux liés à la conservation. À mesure que les populations humaines augmentent, les habitats sauvages se réduisent et les humains entrent en conflit avec les animaux sauvages pour l’accès aux ressources naturelles. En outre, les éléphants, notamment, ne peuvent pas être cantonnés dans les zones protégées car elles ne peuvent accueillir en général qu’un nombre limité de pachydermes. Au Sri Lanka, la plupart des éléphants vivent en dehors des zones protégées : on les trouve dans les rizières et les villages, sur les routes, les voies ferrées et les autres infrastructures destinées à une population humaine en augmentation. Les conflits sont inévitables, mais, si l’on ne trouve pas de solution, les espèces sauvages disparaîtront.

La sauvegarde des espèces sauvages passe par la jeunesse

Hasita Bhammar's picture
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The youth from the Turia community celebrating their first workshop on tiger conservation in the Pench Tiger Reserve
Des jeunes du village de Turia participent au premier atelier sur la préservation des tigres dans la réserve de Pench.

Nous sommes en 2010 et je viens de terminer mon premier cycle universitaire. Avec mon sac à dos pour seul bagage, me voilà à l’entrée du parc national qui a servi de cadre au Livre de la jungle de Rudyard Kipling : une grande grille avec un panneau rouillé indiquant « Réserve de tigres de Pench ». Examens et simulations d’entretien : rien dans mes études n’aurait pu me préparer au travail qui m’attendait là-bas. J’étais censée lancer une petite association pour amener les jeunes vivant à proximité du parc à s’investir et leur inculquer la passion de l’environnement. Plus précisément, il s’agissait de les sensibiliser à la protection des 41 tigres qui vivaient dans la réserve.

Pourquoi me confier, à moi, cette mission ? Tout simplement parce que, à 21 ans, on me considérait comme la mieux placée pour m’adresser à des jeunes. J’ai passé deux ans et demi dans la réserve.

Donner des moyens d'agir aux nouvelles générations

Paula Caballero's picture
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Vue aérienne de la forêt amazonienne près de Manaus, Brésil. Photo by CIAT via CIFOR Flickr
Lorsque je pense à la vitesse à laquelle les ressources s'épuisent, les sols s'érodent et les ressources halieutiques diminuent, ou encore à l'impact du changement climatique sur pratiquement tous les écosystèmes, j’y vois une détérioration lente mais inexorable du monde physique tel que nous le connaissons. ​Cette réalité nous apparaît comme la nouvelle normalité : un phénomène lent qui nous endort, nous conduit à la passivité. Nous acceptons de voir notre monde perdre sa richesse et sa diversité.

Au cours de ma vie, j'ai vu des eaux qui grouillaient de poissons multicolores se dépeupler comme de grands aquariums vides. J'ai vu les rues de Bogota, ma ville natale, perdre des milliers d'arbres en l'espace de quelques années.

​Il y a là largement de quoi être démoralisé. Mais l'espoir est aussi permis, comme nous le rappelle le Congrès mondial des parcs naturels qui réunit cette semaine des spécialistes des zones protégées, des écologistes et des décideurs du monde entier à Sydney, en Australie.

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