Opinions - Le blog du Groupe Banque mondiale
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Santé, nutrition et population

Insécurité routière : des accidents et des morts évitables qui ralentissent le développement des pays

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L’insécurité routière a encore fait la une de l’actualité en plein cœur des vacances de fin d’année : sur une route sinueuse du Pérou, un autobus percuté par un camion a chuté d’une falaise, faisant 52 morts. Les victimes rentraient pour la plupart à Lima après avoir célébré le Nouvel an en famille.
 
Hélas, ces événements tragiques sont une réalité quotidienne à travers le monde : selon des données de l’Organisation mondiale de la santé de 2015, les accidents de la route font 1,25 million de morts chaque année et entre 20 et 50 millions de blessés graves. Outre ce bilan humain, sans doute sous-estimé mais bien tangible, les accidents de la circulation ont un coût économique et social qui pèse lourdement sur les pays mais qui ne ressort pas dans les statistiques nationales. Jusqu’à maintenant, et tout particulièrement dans le monde en développement, il s’est révélé difficile de recueillir des données pourtant essentielles pour orienter la prise de décisions en matière de sécurité routière.
 

Santé et prospérité des nations

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© Dominic Chavez/Banque mondiale


Il y a plus de 20 ans, j’ai soigné un jeune homme, Melquiades Huaya Ore, qui vivait à Carabayllo, au Pérou, et souffrait d’une tuberculose pharmaco-résistante. À l’époque, on considérait qu’il n’était pas tenable sur la durée de traiter des patients pauvres comme lui avec les mêmes médicaments que dans les pays riches, que le coût était trop élevé et que cela n’en valait pas la peine.

Faisant fin de tous les avis, nous avons trouvé un moyen de nous procurer ces médicaments et, bien épaulés par des agents de santé communautaires, nous avons traité Melquiades avec succès. Il est aujourd’hui comptable dans son pays, et tout va bien pour lui.

L’expérience et les faits indiquent qu’il n’y a pas mieux, pour la santé, la prospérité et la sécurité, qu’un système qui soigne tout le monde sans aucune distinction.

Pourtant, la moitié seulement de la population de la planète a accès aux services de santé essentiels. Et, chaque année, près de 100 millions de personnes tombent dans l’extrême pauvreté à cause des dépenses liées aux soins. Actuellement, 800 millions consacrent au moins 10 % du budget du ménage à ces dépenses, contre 600 millions en 2000.

La santé pour tous, une condition indispensable pour mettre fin à l’extrême pauvreté d’ici 2030

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Chacun doit pouvoir bénéficier de services de santé de qualité, sans risquer de plonger  dans des difficultés financières. Cette conviction, simple mais puissante,  souligne la nécessité d’une couverture sanitaire universelle, désormais inscrite dans les engagements pris au titre des Objectifs de développement durable (ODD).
 
Pourtant, le rapport de suivi que publient aujourd’hui la Banque mondiale et l’Organisation mondiale de la santé, Tracking Universal Health Coverage: 2017 Global Monitoring Report, donne un sérieux coup de semonce, dont nous ferions bien de tenir compte si nous voulons réellement atteindre cet objectif à l’horizon 2030… 

Réglementons et taxons la cigarette électronique

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Image reproduite avec l’aimable autorisation de Pixabay (a), sous licence Creative Commons.


La réglementation de la consommation de tabac par l’application d’un droit d’accise et l’interdiction de fumer dans des lieux publics, de vendre ou de présenter des produits du tabac aux mineurs sont des dispositifs désormais largement acceptés pour prévenir les effets nocifs du tabagisme sur la santé.

Aux États-Unis, la décision de la cour fédérale de grande instance qui ordonne aux quatre plus grands cigarettiers américains de procéder à des « déclarations rectificatives » au moyen de spots télévisés et de pleines pages de publicité dans la presse pour informer le public des dangers de la cigarette, y compris les cigarettes dites légères et à faible teneur en goudron, est entrée en vigueur le 26 novembre 2017. Cette décision vient confirmer des faits avérés sur la base d’études concordantes depuis plus d’un demi-siècle (a), à savoir que l’élaboration et la composition d’une cigarette qui garantissent l’inhalation optimale de la nicotine entraînent une dépendance, une dégradation de la santé, une mortalité et une invalidité précoces chez les fumeurs passifs ou actifs.

En outre, la récente décision du Vatican d’interdire la vente en détaxe de cigarettes révèle combien la société a changé de regard sur la consommation de tabac : un État souverain est désormais disposé à se priver de recettes issues de produits indéniablement nocifs pour la santé.

Réduire le lourd impact de la pollution sur la santé

Olusoji O. Adeyi's picture
Une rue passante de Bombay. © Simone D. McCourtie/Banque mondiale

La semaine dernière, un brouillard épais a contraint New Delhi à intervenir d’urgence pour lutter contre la pollution (a). Alors que la qualité de l’air atteignait des seuils dangereux et que le port de masques se répandait, la capitale indienne a pris une série de mesures de crise, comme l’interdiction aux véhicules utilitaires de circuler en centre-ville et la fermeture de tous les établissements scolaires. Beaucoup se sont plaints de maux de tête, d’accès de toux et d’autres affections. Par ailleurs, la mauvaise visibilité a provoqué de graves accidents de la circulation.

Investir dans la ressource humaine est un gage de croissance et de solidarité humaine

Jim Yong Kim's picture
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Dernièrement, j’ai prononcé un discours à l’université Columbia, à New York, dont on pourrait penser que j’ai passé ma vie à le préparer, depuis mes années d’étudiant en anthropologie à la présidence du Groupe de la Banque mondiale, en passant par mon expérience de médecin auprès des populations les plus déshéritées du monde et celle de président d’université.
 
Tout au long de ce parcours, j’ai acquis la conviction profonde que la lutte contre la pauvreté doit être la mission première de toute organisation et que nous avons aujourd’hui les moyens de mettre fin à l’extrême pauvreté.
 


C’est parce que j’ai vu le jour en Corée, peu après la fin de la guerre, que je crois qu’aucun pays n’est une cause perdue. En 1959, l’année de ma naissance, ce pays était l’un des plus pauvres du monde. La plupart des richesses minières et industrielles se trouvaient dans la moitié nord du pays, à proximité de la frontière, et les niveaux d’alphabétisation étaient inférieurs à 20 %. Aujourd’hui, la République de Corée fait partie des économies les plus avancées du monde. Et cela, elle ne le doit pas à ses ressources naturelles mais bien aux talents, aux compétences et aux savoirs de sa population.

Avons-nous progressé sur la voie de la mobilité durable ?

Nancy Vandycke's picture


Hélas, pas vraiment. La mobilité durable est restée à quai. Pour répondre à la demande de transport de personnes et de marchandises dans le monde, nous hypothéquons de plus en plus l’avenir des prochaines générations.
 
Tel est le verdict du rapport sur la mobilité dans le monde qui vient de paraître, première étude du genre à évaluer le secteur du transport et les progrès effectués pour parvenir à une mobilité durable à l’échelle planétaire.
 
Ce rapport est la première réalisation d’envergure de l’initiative en faveur de la « mobilité durable pour tous »  — ou « Sum4All » selon son acronyme en anglais —, un partenariat mondial multipartite proposé l’an dernier au Climate Action Summit des Nations Unies qui se donne pour objectif de bâtir un avenir où la mobilité sera durable. La publication de cette étude apporte un éclairage bienvenu sur un secteur souvent négligé par la communauté internationale, mais essentiel à l’inclusion sociale, la santé, le changement climatique et l’intégration mondiale.

Pour le Canada et la Banque mondiale, l’autonomisation des femmes est essentielle en vue de bâtir un monde meilleur pour tous

Marie-Claude Bibeau's picture
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Une femme s’occupe des plantes dans une pépinière du Sri Lanka. © Lakshman Nadaraja/Banque mondiale
Sri Lanka. © Lakshman Nadaraja/Banque mondiale

Changement climatique, catastrophes naturelles, pauvreté, raréfaction de l’eau, insécurité alimentaire, déplacements de populations, conflits et violences, jamais le monde n’aura été confronté à des défis d’une telle ampleur. Ces problèmes ne disparaîtront pas d’eux-mêmes : ensemble, ils constituent en effet un terreau propice à leur renforcement. C’est pour y faire face que la communauté internationale a adopté les Objectifs de développement durable (ODD), qui ouvrent la voie vers un monde plus inclusif, pacifique et prospère — en bref, un avenir meilleur.
 
Mais tant que nous laisserons de côté la moitié de la population mondiale, ces objectifs resteront illusoires.

Placer la santé et l’autonomisation des femmes au cœur du développement

Kristalina Georgieva's picture
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Registered nurses look after newborns at a maternity hospital in Freetown Sierra Leone. © Dominic Chavez/World Bank
Des infirmières veillent sur des nouveaux-nés dans une maternité à Freetown, en Sierra Leone.
© Dominic Chavez/Banque mondiale

La semaine dernière était l'occasion de célébrer la Journée mondiale de la population, aussi connue comme la Journée de la démographie. Cela m’a fait penser à la joie qu’apportent les enfants et au droit des femmes à décider de leurs grossesses. Une liberté importante pour les femmes. Et pour la société. Il ne peut y avoir de développement durable sans autodétermination des femmes – et il ne peut y avoir d’autodétermination des femmes sans systèmes de santé garantissant l'accès à des services de santé maternelle et reproductive. La planification familiale en fait partie.

En fauteuil roulant à travers Kingston

James Dooley Sullivan's picture

En décembre dernier, James Dooley Sullivan embarque, avec son fauteuil roulant, sur un vol à destination de la Jamaïque. Graphiste et monteur vidéo pour le Groupe de la Banque mondiale, il veut enquêter et témoigner sur ce que signifie être porteur d’un handicap dans un pays en développement. James nous fait partager son expérience et nous raconte son histoire personnelle dans une vidéo et une série de billets (lire le billet précédent).

© Laura Fravel


Je suis chanceux : à mon arrivée à Kingston, j’ai droit au seul minibus de location, dans toute la Jamaïque, à être équipé d’une plateforme d’accès pour un fauteuil roulant. Je monte à bord, avec mon fauteuil, mon collègue Peter et tout le matériel qui nous permettra de filmer mes aventures dans le monde en développement. La seule chose qui manque dans ce minibus, ce sont les amortisseurs, ce qui m’oblige à m’agripper à un siège à chaque fois que notre chauffeur, Derek, tente d’éviter les nids-de-poule sur la route qui mène à notre hôtel.

Dès que j’arrive quelque part, je dois évaluer rapidement la situation. Ici, à Kingston, la moquette de ma chambre d’hôtel est épaisse et j’ai donc du mal à faire avancer mon fauteuil, mais le lit est spacieux et d’une hauteur raisonnable. Mon nouveau fauteuil, qui fait une quarantaine de centimètres en largeur, passe tout juste par la porte de la salle de bains, mais la tablette du lavabo, en granit, me fait mal aux genoux. Parmi les points positifs : une douche avec un pommeau amovible, et que je peux atteindre. Parmi les points négatifs : le WC est très bas et il va donc falloir que je fasse très attention pour l’utiliser.

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