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Une technologie financière bien encadrée favorise l’inclusion et permet de lutter contre la cybercriminalité

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Luceildes Fernandes Maciel est l'une des bénéficiaires du programme de transferts numéraires conditionnels (Bolsa Família) au Brésil. © Sergio Amaral/Ministério do Desenvolvimento Social e Agrário

La technologie financière (Fintech) fait évoluer le secteur financier (a) dans le monde entier. Elle favorise aussi l’accès des ménages à bas revenu aux services financiers. Son potentiel et son impact sont considérables, ainsi que sa capacité à améliorer les conditions de vie dans les pays en développement.

Le secteur financier commence à opérer différemment ; on assiste à l’émergence de nouveaux modes de collecte, de traitement et d’utilisation de l’information, laquelle constitue le principal actif dans ce secteur. Un ensemble inédit d’acteurs fait son apparition. Tous les segments de la finance, notamment les paiements et l’infrastructure, le crédit à la consommation, les prêts aux petites et moyennes entreprises (PME) et les produits d’assurance, sont en train de changer.

Cette mutation sous l’effet de la finance numérique (a) peut résulter d’une intensification de la concurrence et d’un accroissement des gains d’efficience dans les services financiers, dont les clients pourraient grandement bénéficier. Néanmoins, la transformation probable de la vie des 2 milliards d’adultes qui, à l’échelle planétaire, restent exclus du système financier n’est pas sans risques. Il faut atténuer ces risques pour profiter pleinement des bienfaits des Fintech.

La Fintech est propice à l’inclusion financière

La montée en puissance des Fintech facilitera la réalisation d’un objectif du Groupe de la Banque mondiale : l’universalisation de l’accès aux services financiers (a), avec au moins un compte courant pour chaque adulte à l’horizon 2020. À l’heure où 40 % de la population ont accès à Internet et où les 20 % des ménages les plus pauvres ont une probabilité plus grande de disposer d’un téléphone mobile que d’une eau salubre ou d’une installation d’assainissement, les habitants des pays émergents et en développement peuvent désormais réellement espérer une nette amélioration de l’accessibilité et de l’utilisation des services financiers, avec des répercussions concrètes sur leur bien-être.

L’accès aux services financiers permet de faire face aux chocs sur le revenu ainsi que d’investir dans des compétences, dans la santé familiale et dans de nouvelles sources de revenu. Avec un financement adéquat, on peut envisager un avenir meilleur et se prémunir contre les difficultés. Les quelques exemples suivants témoignent de la croissance et de l’impact des Fintech au cours de ces dernières années :

  • En Tanzanie, la proportion d’adultes détenant un compte courant a plus que doublé, passant de 17,3 % en 2011 à 39,8 % en 2014, essentiellement grâce aux transactions monétaires électroniques.
  • En Inde, une politique axée sur les identifiants numériques a fait progresser de 200 millions le nombre de comptes bancaires ouverts.
  • Au Brésil, les cartes de paiement électronique ont ramené les coûts des transferts sociaux au titre du programme de transferts numéraires conditionnels (Bolsa Família) à moins de 3 % du total des paiements.
  • Alifinance, une filiale d’Alibaba, le géant chinois du commerce électronique, compte des dizaines de millions de clients, évalue la solvabilité et décide d’accorder ou non des microprêts à des fournisseurs quasi instantanément, suivant l’empreinte numérique du demandeur.
Cependant, la Fintech s’accompagne pour nous d’un défi majeur : encadrer et gérer les risques liés à cette transformation rapide et fondamentale, et faire en sorte que tous les pays en bénéficient.

De nouveaux risques

À l’ère des Fintech, les instances de régulation doivent s’adapter à un environnement en évolution constante et à une nouvelle catégorie d’acteurs, tout en veillant à instaurer les mêmes règles du jeu pour tous, à protéger les consommateurs et la vie privée, ainsi qu’à lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Des questions nouvelles se posent, par exemple : le chiffrement des transactions monétaires pourrait-il faire avancer l’inclusion financière (a) et soutenir les activités anti-blanchiment (a) en limitant les transactions en numéraire et en accroissant la traçabilité ? La stratégie du Mexique, qui consiste à demander aux détenteurs d’un compte des informations en proportion du volume et de la fréquence de leurs opérations, s’est révélée efficace pour superviser le système financier et pour contenir les coûts de transaction dans le cas des clients à risque faible.
Les investisseurs dans des activités émergentes comme le prêt collaboratif (peer-to-peer lending) doivent être pleinement conscients des risques, que certaines autorités chiffrent à plusieurs milliards de dollars. Il faut différencier, d’un côté, les entreprises qui prêtent sur leurs propres capitaux, qui se préoccupent principalement de la confidentialité des données, et, de l’autre côté, les entreprises qui prêtent l’argent de tiers, qui ont des préoccupations plus classiques et qui participent à ce qui pourrait être considéré comme des activités bancaires essentielles.

Pour les consommateurs, une plus grande accessibilité des nouveaux produits financiers induit des risques, tels que le surendettement, surtout lorsqu’ils ont une connaissance insuffisante du secteur financier. C’est pourquoi la Banque mondiale souligne l’importance de l’éducation financière pour les ménages à bas revenus, à mesure que l’accès aux produits financiers s’élargit.

Au niveau macro, il est impératif de préserver la stabilité financière. Si un défaut de grande ampleur se produisait sur ces nouveaux produits, la perte de crédibilité pourrait compromettre des années d’essor du secteur financier et saper rapidement la confiance du public dans l’argent et dans les banques. La crise mondiale de 2008 a montré que les systèmes financiers font avancer le développement dès lors qu’ils fonctionnent bien, mais qu’ils ont un coût social élevé s’ils sont défaillants. Les autorités des pays qui enregistrent une forte expansion des Fintech le savent et travaillent souvent avec de grands prestataires de services, par exemple, au Kenya, avec les opérateurs de télécommunications.

Ces nouveaux risques appellent à repenser la régulation et la surveillance du secteur financier. C’est tout particulièrement vrai en ce qui concerne les risques liés à la cybersécurité, pour lesquels banques et instances de contrôle doivent adopter de nouvelles mesures de contrôle. Il est également essentiel de combiner les fonctions de surveillance et la technologie afin d’améliorer la détection des flux monétaires illicites, de la fraude et du vol. Le besoin imminent de bien encadrer la Fintech, ainsi que d’innover dans l’utilisation des informations en matière de régulation, constitue un défi stimulant que les institutions nationales et internationales s’attachent à relever, souvent en partenariat avec le secteur privé.

Avec la régulation, les changements technologiques à l’œuvre vont accélérer l’accès de milliards de personnes à la finance, qui pourront ainsi améliorer leurs conditions de vie et commencer à bénéficier du développement.

Commentaires

Soumis par PASSOU Hodabalo le

"Pour les consommateurs, une plus grande accessibilité des nouveaux produits financiers induit des risques, tels que le surendettement" cette observation est d'autant plus vrai dans la mesure où certains crédits des institutions financières promotrices de la fintech sont orienté vers les crédits de consommation et non vers les crédits d'investissement. Alors on peut s’interroger sur la capacité des crédits de consommation a améliorer les conditions de vie des population à moyens termes et surtout améliorer leur "INDÉPENDANCE FINANCIÈRE". les cartes bancaires distribuées avec des crédits de consommation incluent sur ces cartes présentent un réel risque à encadrer.

Soumis par Condé le

Après avoir lu le contenu de ce brillant exposé sur la finance technologie je souhaiterais que ce défi majeur soit pour tous les pays ACP un environnement radieux et promoteur de succès pour un niveau de vie accéléré.

Soumis par Sfar Rachid le

je rejoins totalement le point de vue du commentateur précédent: l'amélioration de l'accessibilité aux produits financiers ne résoudra pas les problèmes de la pauvreté et du sous-développement...Il faut prendre le mal à la racine et procéder sans plus tarder à une véritable réforme des institutions internationales et notamment les institutions de Bretten-Woods en transformant notamment le FMI en Banque Centrale Mondiale- véritable préteur en dernier ressort- qui sera autorisée pendant une décennie- au moins à fournir aux pays sous-développés des lignes de crédits au taux zéro pour couvrir leurs besoins en devises fortes à la seule condition qu'ils garantissent une gouvernance publique démocratique, transparente couplé à une lutte sérieuse contre les fléaux sociaux notamment la corruption, le crime organisé et la violence sous toutes ses formes....J'ai appelé à ces réformes depuis 1999....dans mon ouvrage: MONDIALISATION , RÉGULATION ET SOLIDARITÉ publié à Paris chez l'éditeur L'HARMATTAN...Si on avait procédé à de telles réformes on aurait épargné au Monde beaucoup de souffrances et notamment on aurait pu éviter la crise mondiale 2007-2008 qui perdure...

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