Donner de l’espoir aux jeunes pour qu’ils réussissent

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Le Tadjikistan (a) affiche la plus forte croissance démographique de l’Europe/Asie centrale (a), et environ 55 % de sa population a moins de 25 ans, ce qui en fait aussi le pays le plus jeune de la région. Comme ailleurs dans le monde, cette jeunesse est pleine d’enthousiasme et d’ambition, et elle constitue véritablement le plus grand des atouts de ce pays.

Young women, Tajikistan

En effet, dans un contexte marqué par l’abandon de l’économie planifiée, entamé il y a bientôt dix ans, et la volonté du pays d’étayer sa croissance sur ses ressources et ses connexions, la présence d’un si grand nombre de jeunes représente un potentiel formidable : elle peut permettre au Tadjikistan de progresser vers ses objectifs économiques et sociaux, en contribuant à davantage de stabilité, de prospérité et de compétitivité mondiale à long terme.

Toutefois, l’économie nationale reste confrontée à des obstacles, parmi lesquels un cadre peu propice au développement du secteur privé. La situation sur le marché du travail est très défavorable, avec peu de perspectives d’emploi. Jusqu’à récemment, le Tadjikistan pouvait s’appuyer sur l’économie russe : chaque année, près d’un million de personnes en âge de travailler émigraient en Russie, ou dans un pays voisin, pour trouver un emploi. Ces travailleurs migrants sont à l’origine d’envois de fonds conséquents, qui représentent presque la moitié du PIB annuel du Tadjikistan.
 
Mais aujourd’hui, alors que la Russie est en récession, de nombreux migrants, et, parmi eux, beaucoup de jeunes, doivent revenir au pays et chercher d’autres solutions pour gagner leur vie. Malheureusement, le Tadjikistan n’a pas su adapter le rythme de ses réformes économiques, politiques et sociales à l’essor et aux attentes de sa jeunesse : une éducation de qualité et un climat des affaires qui lui permettent de développer ses compétences et de prospérer.

Les autorités doivent désormais donner la priorité aux jeunes dans leurs politiques, en particulier celles qui portent sur le développement du secteur privé et la création d’emplois. Dans le même temps, il faut que les jeunes du Tadjikistan puissent croire en leurs chances de réussite dans leur propre pays. Sans cette confiance, les entrepreneurs et autres cadres en herbe continueront d’apporter leurs compétences et leurs connaissances à des marchés et pays étrangers, tandis que le Tadjikistan souffrira toujours d’un manque de capital humain solide et compétitif.
 
Un projet lancé par la Banque mondiale en octobre 2015 s’attaque à ces deux impératifs en s’employant, d’une part, à œuvrer auprès des institutions responsables de la mise en œuvre des politiques publiques et, d’autre part, à accompagner les jeunes dans leurs projets.
 
Il comprend notamment un programme de formation spécialement conçu pour encourager l’élaboration de mesures en faveur de la jeunesse et du secteur privé, afin d’améliorer les conditions sur le marché du travail. Cette formation, destinée aux fonctionnaires de rang intermédiaire, vise à les sensibiliser davantage au développement du secteur privé en général, et en particulier aux besoins des entreprises sur un marché qui ne cesse d’évoluer.

En effet, malgré les progrès du Tadjikistan, le climat des affaires est encore loin d’être propice à une croissance dynamique du secteur privé, qui est pourtant nécessaire à la création des emplois dont le pays a besoin. Cela tient, d’une part, aux capacités insuffisantes des institutions, qui les empêchent de mettre pleinement en œuvre les réformes requises, et, d’autre part, au fait que les fonctionnaires de rang intermédiaire ne sont pas incités à les appliquer. Bien souvent, il en résulte un manque de confiance et de communication avec le secteur privé, et des failles dans le processus d’élaboration des politiques.

L’idée est de constituer un bataillon de fonctionnaires bien informés et orientés vers l’action. La formation s’adressera à des agents de la fonction publique sélectionnés et il est prévu que le Tadjikistan prenne le relais lorsque l’appui fourni par la Banque arrivera à son terme.
 
Par ailleurs, le projet interviendra directement auprès des jeunes pour favoriser leur autonomisation et renforcer leurs compétences afin qu’ils puissent créer leurs propres entreprises, notamment par le biais du micro-entreprenariat. Les jeunes qualifiés décident souvent de s’expatrier en raison des faibles perspectives d’emploi, d’autant que le climat des affaires reste difficile. La situation est encore plus difficile pour les jeunes non qualifiés, en particulier dans les zones rurales, avec le risque que leurs espoirs déçus ne les rendent vulnérables à des discours néfastes.

Le projet comprendra au total 150 sessions de formation organisées dans divers villages et dans plusieurs régions du pays, en vue de doter les jeunes de compétences entrepreneuriales. Ces sessions seront suivies par un stage plus approfondi centré sur l’élaboration d’un business plan : les jeunes y apprendront à trouver des financements et à développer leurs idées dans le but de créer de la valeur pour eux-mêmes et leur communauté.

Au total, quelque 4 000 jeunes participeront directement à ce projet.
 
Bien que tous les jeunes du Tadjikistan ne puissent pas en bénéficier, il s’agit d’un premier pas dans la bonne direction. Ce projet repose sur l’idée de redonner espoir à la jeunesse de ce pays, en lui apportant les outils essentiels pour réussir et en lui montrant qu’il est possible de tracer son chemin sur place.

En octobre dernier, il a réuni 250 entrepreneurs ou futurs entrepreneurs à Douchanbé pour un forum sur l’entreprenariat des jeunes (a). Leur enthousiasme était patent : il nous a définitivement convaincus de l’opportunité de ce projet et de sa contribution à la réalisation du vaste potentiel que recèle le Tadjikistan.

Auteurs

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lafia djamilou dankoro
28 juin 2016

Aucun développement ne peut être combler sans faire de la jeunesse le pilier des reformes engagées.