Miser sur un usage intelligent de la technologie pour les générations futures

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Miser sur un usage intelligent de la technologie pour les générations futures Isabelle Memadji. 2019 Blog4Dev Winner, Chad.

Avec l’évolution de la technologie et de l'économie numérique, le monde est en perpétuelle évolution. Pour s’y adapter, les jeunes Africains, déjà pénalisés dans certains cas par le retard du continent comparé à d’autres, auraient au préalable besoin d’un certain niveau de formation technologique. Même si l’urgence première pour certains pays d’Afrique est la sortie de la pauvreté, il est d’un impératif salvateur pour notre continent de s’engager sur la voie de l’économie numérique. Cette technologie moderne offre la possibilité aux entreprises de prospérer, tant dans l’innovation des produits et services répondant aux exigences des clients, que dans l’élargissement de leur gamme de produits.

En partant du constat évident de l’inadéquation de la qualité de l’enseignement dispensée dans les écoles africaines et de l’offre du travail sur le marché, la formation des jeunes Africains doit aller au-delà des domaines de compétence classiques en programmation informatique pour s’élargir aux compétences nécessaires au développement d’une entreprise et permettre à l’éducation d’être davantage adaptée à une économie numérique en pleine évolution. Ce projet n’aura de succès qu’en dotant les centres de formation d’enseignants armés des compétences nécessaires pour préparer les jeunes aux emplois du digital.

Toutefois, remporter la bataille de l’économie numérique en Afrique ne peut se faire qu’à condition de ne pas isoler les jeunes Africains de leur environnement immédiat, à savoir le développement rural. Ce dernier demeure encore pour l’Afrique le terreau de sa capacité de développement et potentiellement un secteur primordial dans la création d’emplois.

Aussi convient-il de rendre le système bancaire de certains pays africains cohérent avec l’expansion d’une économie numérique ; en d’autres termes, créer un marché de consommateurs du numérique pour un développement de startups propres à l’Afrique. Il est surtout important d’élever le niveau de confiance des utilisateurs dans le e-commerce à travers des dispositifs législatifs et réglementaires appropriés. Les États africains et les partenaires techniques devraient travailler ensemble pour améliorer les compétences des entreprises africaines. Il serait par ailleurs judicieux de promouvoir l’innovation et la culture du service numérique et d’investir dans l’infrastructure de fibres optiques pour améliorer la connectivité. En outre, il est impératif d’abroger les politiques de certains États Africains qui constituent un handicap pour la mise en place d’un environnement favorable à l’économie numérique.  Enfin, il est très important de garantir à l’Afrique un accès permanent et crédible à l’électricité et de mettre en place un fonds public spécial de garantie pour les innovations des startups numériques.

La technologie numérique est certes une arme puissante, mais à double tranchant : elle apporte d’une part de nouvelles techniques qui permettent de mieux préserver l’environnement, tout en s’avérant polluante. L’évolution de l’économie numérique avait pour objectif de dématérialiser nos activités, et donc, de réduire notre impact sur la planète. Mais c’était sans tenir compte du bilan carbone du secteur. De fait, il représente à cette date 2 % des émissions de gaz à effet de serre, un taux égal à celui de l’aviation civile, et qui devrait doubler d’ici 2019 selon le cabinet d’analyse Green IT.

La transition vers l’économie numérique constitue-t-elle un nouveau cercle vicieux ou un réservoir de solutions en matière d’écologie ?


Auteurs

Isabelle Memadji

Lauréate du concours Blog4Dev 2019 au Tchad

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