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Le contenu local dans les industries extractives, un outil de diversification économique et de développement durable

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Lorsque vous demandez à des jeunes des pays en développement ce qu’ils souhaitent pour leur pays, ils répondent souvent « des opportunités ». La prochaine génération veut des emplois et des savoirs ; elle veut être connectée à l’économie mondiale.

Les industries extractives sont en mesure de favoriser ce type d’opportunités en investissant dans la formation et le transfert de technologie au profit des entreprises et des travailleurs locaux. Ces compétences techniques, qui correspondent aux exigences du marché mondial d’aujourd’hui, permettent aux travailleurs d’élargir leurs horizons et d’atténuer le risque de chômage. 

Ces questions étaient à l’ordre du jour d’une conférence organisée conjointement avec le ministère mexicain de l’Économie et consacrée à la recherche d’un juste équilibre entre libre-échange et développement du contenu local. Cette manifestation, intitulée Reconciling Trade and Local Content Development (a), visait à partager des connaissances sur les mesures à même de mettre l’investissement dans les industries extractives au service de la diversification économique et de la création d’emplois.

Lorsque les entreprises extractives intègrent des entreprises locales dans leur chaîne d’approvisionnement, elles contribuent à une croissance durable et à la lutte contre la pauvreté. Leur contribution la plus précieuse à une croissance pérenne réside précisément dans la capacité des industries extractives à générer des gains par le biais des liens qu’elles entretiennent avec d’autres secteurs. C’est ce à quoi la Société financière internationale (IFC) s’est employée dans la ville de Barmer, en Inde, où nous avons contribué à la création d’un centre de développement des compétences qui a doté 7 000 personnes des compétences nécessaires pour travailler dans le cadre des exploitations de la compagnie Cairn Energy (a). Cette formation a non seulement créé des opportunités d’emploi directes pour la population locale, mais les compétences ainsi acquises ont permis l’émergence d’un véritable écosystème de petites et moyennes entreprises qui fournissent des biens et des services à ce groupe pétrolier et aux secteurs connexes.

Lorsque l’on développe judicieusement les ressources disponibles sur place, la population comme l’économie peuvent en bénéficier. En outre, leur fort contenu local confère aux compagnies minières et pétrolières un solide « permis d’exploitation » social associé au partage des gains qui en découle. Mais, en contrepartie, les difficultés seront elles aussi partagées en cas de ralentissement de l’activité. Étant donné la volatilité des produits de base, les entreprises locales qui travaillent avec les industries extractives doivent sans cesse s’efforcer de conserver leur avantage concurrentiel, afin de rester des partenaires de choix. 

Autre exemple de réussite, le Chili (a), où la multinationale minière BHP Billiton a créé, en coordination avec le gouvernement chilien, un programme de développement des compétences destiné aux sous-traitants. Le World Class Supplier Program (a) a donné aux fournisseurs locaux les compétences nécessaires pour être concurrentiels sur le marché mondial. Aujourd’hui, non seulement les entreprises chiliennes fournissent les mines chiliennes, mais elles se positionnent également comme des exportateurs d’envergure mondiale.

Cependant, comme en témoigne la diversité des points de vue représentés à la conférence, les avis divergent sur une question cruciale : dans quelle mesure les pouvoirs publics doivent-ils encourager le développement du contenu local plutôt que favoriser le libre-échange régional ? D’aucuns se demandent s’il ne serait pas plus efficace que l’État taxe les entreprises et utilise ces recettes fiscales pour soutenir les industries locales, au lieu que les entreprises extractives contribuent directement à l’économie locale. Par ailleurs, des participants à la conférence ont présenté des exemples dans lesquels les entreprises extractives ont permis à des fournisseurs locaux d’améliorer considérablement leur compétitivité. Certains intervenants se demandent pourquoi les meilleures pratiques ne sont pas davantage reproduites : le problème tient-il à un manque d’innovation ou aux politiques économiques ? 

Le Groupe Banque mondiale, quant à lui, s’attache à conseiller les pouvoirs publics et les entreprises en promouvant des politiques qui attirent l’investissement international tout en favorisant l’intégration et la diversification de l’économie locale. Je souhaiterais en particulier enrichir le débat sur le développement du contenu local en y ajoutant une nouvelle dimension, celle de l’innovation « climato-intelligente ». Concrètement, il s’agit d’encourager les fournisseurs locaux des pays en développement à innover et à introduire des technologies respectueuses du climat dans leurs processus de production. En transférant aux entreprises locales des connaissances et des savoir-faire qui prennent en compte le changement climatique, il est possible d’accélérer le développement durable et de contribuer à l’effort primordial que constitue l’atténuation des conséquences du réchauffement.

Le développement du contenu local offre une opportunité de coordination unique entre le secteur privé, les pouvoirs publics et l’économie locale, avec, à la clé, la possibilité de décupler les gains au profit de l’intérêt général. La conférence a procuré aux acteurs de terrain des outils et informations qui leur permettront de maximiser ce potentiel.

Commentaires

Soumis par Serge Kalonji le

Le thème évoqué est fort intéressant surtout dans le contexte où se trouve actuellement mon pays la République Démocratique du Congo. Il me semble qu'une restitution ou mieux un atelier sur les conclusions de cette conférence peut être organisé par la représentation du Groupe Banque Mondiale en RDC Congo au profit du Gouvernement,des entreprises extractives ainsi que des PMU congolaise.

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