Investir dans la jeunesse, transformer l'Afrique

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Students at Karume primary school in Tanzania. Photo: World Bank, Arnie Hoel Students at Karume primary school in Tanzania. Photo: World Bank, Arnie Hoel

Originally published in Forbes Africa on August 5, 2023


L'Afrique est jeune, dynamique et pleine de potentiel avec une croissance économique rapide.  Tout ce dont elle a besoin, c'est d'un investissement accru et durable dans le capital humain.

Les jeunes Africains sont énergiques et ambitieux. En tant que génération la plus connectée de l'histoire, ils détiennent la clé pour libérer une plus grande productivité et propulser la trajectoire économique du continent - à condition qu'ils soient en bonne santé, éduqués et qualifiés. Le sommet des chefs d'État sur le capital humain en Afrique, qui s'est tenu en juillet dernier, met en lumière cette opportunité au premier plan. [MGD1] [MGD2] Voici pourquoi nous devons agir maintenant.

D'ici 2075, une personne sur trois en âge de travailler sera africaine. L'Afrique est la seule région du monde où la main-d'œuvre continuera de croître au cours des prochaines décennies - la population en âge de travailler devrait augmenter de 450 millions de personnes d'ici 2035. Avec une éducation de qualité et des compétences pertinentes, l'Afrique a l’opportunité d'accélérer sa croissance économique et d'atteindre une plus grande prospérité pour des milliards de personnes sur le continent.

Pour réaliser cette croissance accélérée et soutenue, comme on l'a vu au cours des décennies précédentes dans des régions telles que l'Asie de l'Est, les pays doivent investir dans leur capital humain - les connaissances, les compétences et la santé que les personnes accumulent au cours de leur vie. Aujourd'hui, les pays africains doivent déployer des efforts concertés et soutenus, de manière intégrée et collaborative, pour relever des défis considérables, exacerbés par l'impact des conflits, de la COVID-19 et du changement climatique.

Le continent continue de lutter contre une crise de l'apprentissage. L'Afrique subsaharienne compte plus de 100 millions d'enfants non scolarisés, soit le taux le plus élevé au monde. Parmi ceux qui sont scolarisés, nombreux sont ceux qui accusent un retard par rapport aux indicateurs clés de l'apprentissage : la lecture, l'écriture et les mathématiques de base. Le pourcentage d'enfants de 10 ans incapables de lire et de comprendre un texte simple devrait approcher les 89 % à la suite de la pandémie de COVID.

En tant que dirigeants, nous avons la possibilité d'investir dans la jeunesse africaine en améliorant la santé, la nutrition et l'éducation, et en collaborant étroitement avec le secteur privé en pleine croissance du continent pour leur offrir des emplois plus nombreux et de meilleure qualité, afin que la jeunesse devienne le moteur d'une croissance économique inclusive et durable. En mobilisant davantage de ressources et en réalisant des investissements opportuns pour renforcer les systèmes d'éducation et de santé, on contribuera à améliorer les services  et à accroître les possibilités et la productivité. Il s'agit là d'un élément clé pour briser les cycles de la pauvreté, réaliser un dividende démographique et libérer l'énorme potentiel économique de la région.

Il existe de nombreux exemples prometteurs de pays de la région qui déploient des efforts et obtiennent des résultats prometteurs. En Tanzanie, le programme BOOST d'apprentissage de l'enseignement primaire améliore la qualité de l'éducation et de l'enseignement pour 12 millions d'élèves, en mettant l'accent sur les filles, ainsi que sur les personnes marginalisées et vulnérables. L'État d'Edo, au Nigeria, a amélioré son système d'éducation numérique en créant 7 000 classes virtuelles et en formant plus de 11 000 enseignants. Le projet des centres d'excellence africains (ACE) offre une formation de qualité dans l'enseignement supérieur qui répond aux besoins en compétences des employeurs sur le continent et à l'étranger. Ces efforts peuvent et doivent être intensifiés et reproduits, en les adaptant aux besoins uniques des différents contextes.

L'accélération des progrès nécessite des politiques et une coordination saines, soutenues par un financement solide. Pour accélérer la productivité et les revenus, les gouvernements doivent rapidement mettre en œuvre des stratégies efficaces de reprise de l'apprentissage, en investissant davantage dans l'éducation, les compétences et la création d'emplois. Les fonds doivent également être utilisés de manière efficace et efficiente, ce qui se traduit par des services plus performants et une population en meilleure santé et plus qualifiée, capable de créer et d'occuper les emplois d'aujourd'hui et de demain.

Cependant, il reste encore beaucoup à faire. Pour relever ces défis et accélérer les progrès en matière de capital humain, il faudra un engagement fort de la part des pays et des régions, combiné à une collaboration étroite avec les partenaires du développement et à la mobilisation du potentiel du secteur privé.

Le sommet sur le capital humain en Afrique, qui s'est tenu les 25 et 26 juillet à Dar es Salaam, en Tanzanie, a réuni les dirigeants de 43 pays africains pour qu'ils prennent des engagements sur cette priorité urgente. En tant que signataires de la déclaration de Dar es Salaam - issue du sommet - les dirigeants de tout le continent ont accepté d'intensifier leurs efforts pour renforcer la quantité, l'efficacité et l'impact des investissements dans leur population. L'Afrique subsaharienne est la région du monde la moins bien classée selon l'indice du capital humain (ICH) de la Banque mondiale. Pourtant, elle est confrontée à une explosion de la jeunesse qui pourrait servir à dynamiser les économies africaines si les politiques et les investissements adéquats étaient mis en œuvre dès aujourd'hui.

La déclaration de Dar es Salaam constitue un engagement financier et politique tangible pris par les dirigeants africains pour donner la priorité à l'investissement dans les personnes en vue de récolter un dividende démographique.

L'accélération de l'action commune pour renforcer le capital humain de l'Afrique est une priorité. L'avenir du continent en dépend.

Investissons aujourd'hui dans la prochaine génération pour transformer l'Afrique et l’amener vers une plus grande prospérité sur une planète vivable.


Auteurs

Samia Suluhu Hassan

President of the United Republic of Tanzania

Victoria Kwakwa

Vice-présidente, Afrique de l’Est et australe, Afrique

Mamta Murthi

Vice-présidente de la Banque mondiale pour le Développement humain

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