Des données pour tous : Djibouti lance sa librairie des enquêtes de consommation et contribue aux biens publics globaux

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Le 14 juin de cette année, Djibouti a fait un bond en avant et s'est placé au premier plan de l'agenda des données ouvertes dans la région MENA (Moyen Orient et Afrique du Nord) et dans le monde. Grâce à une collaboration de longue date entre Institut National de la Statistique de Djibouti (INSD) et la Banque mondiale, toutes les enquêtes sur la consommation des ménages sont disponibles en ligne et prêtes à être utilisées par les chercheurs, les organismes internationaux et la communauté du développement. Les enquêtes datent de 2002 et fournissent des informations aussi récentes que 2017.

La publication de ces données contribue à atteindre l'objectif plus large de la mise à disposition des informations fiables pour la conception de politiques publiques tout en fournissant les éléments nécessaires pour suivre des indicateurs d’intérêt au niveau national et international tels que les indicateurs des Objectifs de développement durable (ODD).

Que nous disent les données ?

L'un des objectifs de la dernière enquête, l’EDAM-IS 2017, était de présenter des données récentes pour contribuer au suivi des ODD adoptés par la communauté internationale en septembre 2015, notamment l'ODD1, qui vise à éradiquer l'extrême pauvreté. Ainsi, en utilisant les données de l'enquête, nous savons maintenant que 17% de la population de Djibouti vit avec moins de 1,90 dollars par jour en 2017, ce qui est beaucoup plus élevé que dans les autres pays de la région MENA, où le taux d'extrême pauvreté était estimé à 5% en 2015. En même temps, ce taux est inférieur à celui d’autres pays comme l’Éthiopie, mais légèrement supérieur au taux de pauvreté de 14% des pays à revenu intermédiaire-bas.

La dernière enquête a collecté également des données permettant de suivre d’autres indicateurs des ODD tels que l’électricité, l’eau et les droits fonciers. Seulement 13% de la population la plus pauvre a accès à l'électricité (Graphique 1). Cette part augmente progressivement à mesure que s’élèvent les revenus avec un accès de près de 92% pour les 20% les plus riches de la population djiboutienne. En ce qui concerne accès à l’eau, Djibouti a des taux d’accès élevés pour tous, à l’exception des 20% les plus pauvres de la population. Donner accès à des sources d'eau améliorées à la population restante semble faisable d'ici 2030, mais l'accès à l'électricité restera probablement un grand défi pour le gouvernement djiboutien.

En ce qui concerne la sécurité des droits fonciers à Djibouti, environ un tiers de la population réside dans des maisons avec un titre de propriété (Graphique 2). Il ne semble pas y avoir de différence entre les sexes, une proportion égale d'hommes et de femmes vivent dans des maisons dotées de droits fonciers sécurisés. Cependant, de grandes disparités existent entre le milieu urbain et rural. Seuls 2% de la population rurale ont des droits fonciers garantis sur la maison où ils résident. Assurer la sécurité sur le contrôle de la terre restera toujours un défi à relever à Djibouti. Il semble encore plus ambitieux d'atteindre cet objectif d'ici 2030.

Les indicateurs présentés ci-dessus, et bien d’autres, peuvent désormais être calculés, reproduits et examinés facilement quiconque, étant donné que Institut National de la Statistique de Djibouti (INSD, anciennement connu sous le nom Direction des statistiques et des études démographiques ou DISED) a décidé d’héberger ses microdonnées sur le site du catalogue de microdonnées de la Banque mondiale. L’engagement de INSD à partager le travail produit au cours des années répond à sa mission de production et de diffusion de données répondant aux besoins du gouvernement, du secteur privé et du secteur public. Les efforts se poursuivront dans le but de publier des microdonnées et des métadonnées de plusieurs autres enquêtes menées par INSD au cours des dernières années. Cela aidera certainement le gouvernement et les autres acteurs du développement à suivre les progrès accomplis par rapport aux ODD, à soutenir l'innovation, à promouvoir des décisions plus éclairées, à contribuer à une plus grande transparence et une plus grande responsabilité et à améliorer la prestation de services.

Cet effort louable est un excellent exemple de la manière dont des partenariats solides peuvent changer notre façon de comprendre, d'analyser et d'aider à relever les plus grands défis de la scène du développement.

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