Lutte contre ebola : impliquer la communauté représente la clé du succès

|

Cette page en:

16 Janvier 2019 - Beni, République Démocratique du Congo. Vincent Tremeau / World Bank 2019

Depuis plusieurs années, Ebola frappe de manière disproportionnée notre continent, et plus particulièrement les populations d’Afrique Centrale et de l’Ouest entrainant de vastes pertes en vies humaines et causant des pertes économiques considérables dans des contextes de pauvreté extrême.

Nombreux sont les observateurs à constater que les ravages provoqués par cette épidémie reflètent la faiblesse de nos systèmes de santé, incapables de répondre à de tels chocs, alors que d’autres soulignent la difficulté des partenaires à coordonner leurs actions. La République Démocratique du Congo, pays dont je suis originaire, est confrontée à sa dixième épidémie d’Ebola. Chaque nouvelle épidémie provoque un enchaînement de réactions similaires : mobilisation des prestataires de soins et des partenaires techniques et financiers, déploiement de ressources matérielles et humaines colossales, mobilisation des médias, etc.

Quelles leçons pouvons-nous tirer de cette succession d’épidémies qui se suivent mais ne se ressemblent pas ? Avant de rejoindre la Banque mondiale en tant que spécialiste de santé publique, j’étais médecin de brousse en RDC et il s’agit de la sixième épidémie à laquelle je suis confronté. J’en tire trois enseignements principaux.

La première leçon, c’est que chaque épidémie a sa particularité. Tenir compte du contexte géographique, socioculturel ou économique et ajuster notre réponse en fonction de cela est d’une importance fondamentale. Second enseignement ? Mobiliser des ressources –aussi considérables soient-elles—est insuffisant en l’absence de solides mécanismes de coordination entre les acteurs qui cherchent à éradiquer l’épidémie. La troisième leçon, selon moi la plus importante, est que pour éradiquer Ebola, il est essentiel que la communauté s’approprie ce combat.

En 2007, alors que j’effectuais une visite de supervision dans des hôpitaux ruraux de Mweka, localité située dans la province du Kasaï, je fus informé par le personnel de santé d’un afflux inhabituel de malades souffrant de fièvres interminables, diarrhées et maux de ventre accompagnés de vomissements. En visitant un hôpital, on nous présenta le cas d’un jeune garçon mort dans les heures précédentes et qui présentait des signes hémorragiques. Face à de tels symptômes, le mot ‘Ebola’ vous vient immédiatement à l’esprit – mais votre premier réflexe est de chasser cette pensée. Un collègue de l’OMS, présent sur les lieux, proposa cependant de réaliser un prélèvement sanguin. Le diagnostic fut sans appel. Une question continue de m’interpeller : pourquoi, malgré les épidémies récurrentes que connait le pays, nous –personnel médical—mettons toujours autant de temps à détecter la maladie à virus Ebola (MVE) ?

Tous ceux d’entre nous qui ont exercé comme médecin en Afrique subsaharienne savent que ces symptômes font partie du quotidien et qu’il pourrait s’agir de la malaria, ou de la fièvre typhoïde, maladies courantes et banales.  Lorsqu’une nouvelle flambée épidémie a été décelée à Mweka en 2008, la mise à contribution de la communauté, dès les premiers signes de la maladie, a cependant permis une détection et éradication rapide de l’épidémie. Une fois sensibilisée, et considérée non pas comme victime mais comme partenaire à part entière, la communauté s’est appropriée la lutte et a mené avec efficacité le suivi des contacts, la recherche active des malades perdus de vue, le soutien social et psychologique des personnes affectées.

Il est donc essentiel, dans la planification des programmes de santé, de donner la part belle à la communauté. A Béni, dans le Nord Kivu, foyer de la dixième épidémie d’Ebola, on sait que la résistance communautaire a entravé les efforts des spécialistes de santé. Or pour vaincre l’épidémie, la population constitue notre meilleur allié. Les relais communautaires, en communiquant l’information auprès des populations et en détectant les premiers symptômes, jouent un rôle fondamental. Dans ce combat face à Ebola, nous avons tendance à trop médicaliser la riposte et à ne jurer que par nos moyens financiers, logistiques et techniques. Le paradoxe avec Ebola, c’est que, s’il est vrai qu’il faut des centres de traitement sophistiqués avec des médecins et infirmiers en costumes d’astronaute et des ressources considérables, miser sur la communauté pour juguler l’épidémie est tout aussi important. Si ce n’est plus…. C’est pourquoi, le Groupe de la Banque Mondiale, qui participe pleinement à la lutte contre Ebola, mise sur la participation communautaire pour endiguer cette épidémie.

Ne soyons cependant pas naïf. L’action communautaire est un combat de longue haleine, et renforcer la confiance entre les communautés et les prestataires des soins dans les structures de santé est un impératif. Maintenir les mesures d’hygiène individuelle et alimentaire qui ont tendance à disparaitre une fois l’épidémie endiguée, va fortement dépendre du niveau d’implication de la communauté. Aujourd’hui, lorsque j’effectue des visites dans des foyers jadis frappés par Ebola, je suis parfois choqué d’apprendre que, certains de mes concitoyens continuent dans les zones à risque à consommer de la viande de brousse. Mais ceci est aussi la réalité : la population est extrêmement pauvre et survit comme elle le peut.
 
Car Ebola, c’est aussi et avant tout un défi de développement. Permettre aux populations de gagner leur vie en créant des emplois et en améliorant l’accès aux services de santé et à l’éducation est en fin de compte le meilleur rempart contre Ebola.

Thèmes

Auteurs

Michel Muvudi

Senior Health Specialist in the World Bank Group based in Kinshasa, Congo

Prenez part au débat

Gabriel UNEGA
06 mars 2019

Bonjour Docteur Michel,
Je tiens à te féliciter pour l'article. Il est important que la lutte contre Ebola commence par l'implication de la communauté car c'est bien elle qui est au centre du problème.
Nous sommes convaincus que l'approche envisagée pour la lutte reste la meilleure : Approchons nous de la communauté mais aussi développons de très bonnes relations entre le personnel soignant et la communauté.
Bravo et du courage pour la suite.

Alex
06 mars 2019

Je suis du même avis qu'impliquer la communauté est une clé de succès dans la lutte contre les différents phénomènes de santé, dont Ebola. Mais, cette implication ou mieux la participation communautaire n'est pas si facile qu'on peut le penser. Analysant la situation de Butembo, il y a des facteurs très importants à considérer. C'est par exemple le climat politique et sécuritaire dans cette contrée de la RDC qui donne libre cours à toutes les rumeurs, avec à la base le probable manque de confiance de la population vis - à - vis des animateurs politicoadministratifs. Il faut recréer cette confiance pour vaincre la résistance à Butembo. Il faut améliorer la situation sécuritaire dans cette zone. Ce qui permettra d'effacer la croyance selon laquelle cette épidémie serait utilisée comme prétexte pour ne pas faire bénéficier à cette population ses droits civiques et politiques... Oui, pour vaincre Ebola dans cette région, il faut maintenant y penser développement...

Arnold Mukenge Panu
06 mars 2019

Cher Michel, merci beaucoup pour cette réflexion si pointue qui met puce à l'oreille à toute la communauté engagée dans cette lute contre la MVE. L'épisode de l'équateur 9eme épidémie a été rendue facile par l'engagement communautaire. Je vous rejoint en soutenant avec force cette idée. Cependant, il existe dans le chef des autres communautés une forme dormante de xénophobie ainsi que de culpabilisation des équipes venues combattre l'épidémie par la population autochtone. Cette implication communautaire est plus que nécessaire et ne peut mieux passer que par l'implication sans relâche des leaders communautaires ( politiques, religieux, cultuels...) Aussi, le changement de mentalité de certains coins de la république reste de mise pour la réussite de la riposte. L'histoire de Ebola doit être rapellé à tous pour ne pas chercher sorcier au milieu des équipes de la riposte et leur faciliter la tâche. L'autre contexte est sécuritaire, les kidnappings continues des membres de la riposte par des groupes armées affaiblissent et découragent les efforts du gouvernement et partenaires dans cette tâche. Encore une fois je salue cette publication. Merci

DAVID NSENGA LUKWIBA
07 mars 2019

Dr Michel,
je voulais vous dire toute mon admiration pour le travail fabuleux que vous avez effectué ainsi que pour la qualité de cette publication que je parcours avec le plus grand intérêt
j épouse sans aucune forme de procès cette approche de la participation communautaire pour juguler la Maladie à virus Ebola qui monte en puissance dans les différents foyers de la province du Nord Kivu et de l'Ituri
Toutefois, Il sied de signaler que les activités de riposte créent un jeu plus varié de configurations relationnelles entre acteurs sanitaires et populations. L’expérience des épidémies précédentes ( Tshuapa, Likati, Mbadaka, Bikoro....) a montré que lorsque nous engageons les communautés dans des efforts de prévention, nous avons les meilleures chances de contenir la maladie.
Dans la même dynamique en synergie avec les différents experts venus en support à la réponse; le recrutement des agents locaux dédiés à la surveillance communautaire ,à la mobilisation sociale ainsi que à l' engagement communautaire s' avère très indispensable dans les actions de la riposte.
Merci infiniment de mettre à la disposition de tous vos publications

Anonymous
07 mars 2019

Cher Dr Michel,
Je suis d'accord avec vous sur toute la ligne. J'ai moi même une large expérience comme acteur de terrain dans la lutte contre Ebola. Je peux à ce jour sans peur d'être contredit que l'épidémie de l'Afrique de l'ouest est différente de l'Afrique centrale en RD Congo. De même au Congo, l'épidémie de l'Equateur est différente de l'épidémie du Kivu. Plus encore l'épidemie de Mangina (Mabalako) est différente de celle de Beni et différente de celle de Butembo. La particularité de Butembo à ce jour est que les stratégies et activités "conventionnelles ou traditionnelles" d'engagement communautaire tardent à donner les résultats. Le survenue régulière des incidents de sécurité et l'intensité croissante de leur nature porte à croire que la fibre sensible n'est pas encore touchée. L'action communautaire est un combat de longue haleine certe mais plus l'engagement communautaire tarde, plus Ebola gagne en temps et en espace.
Jonas

Pacifique MUSHAGALUSA
07 mars 2019

Félicitation cher Michel,
Très bonne réflexion, les trois principaux éléments évoqués sont très pertinents dans toute intervention et encore plus dans le cas actuel de riposte contre Ebola dans un contexte complexe comme celui du Nord Kivu. D'abord la coordination des interventions, à notre avis elle ne devrait pas se limiter aux réunions où on présentes les informations techniques, mais devrait partir de la planification harmonisée, d'une communication efficace et conjointe jusqu'à l'utilisation des ressources disponibles, cependant en regardant le conteste dans les zones d'intervention on voit qu'il y a une multitude d'acteurs, chacun avec son drapeau, ses gilets et ses véhicules sans que la population ne puisse savoir concrètement qui fait quoi. Eviter ainsi que la risposte ne soit vue du côté de la population comme une source d'enrichissement des acteurs impliqués.
Le contexte (géographique, culturel, économique, sécuritaire) joue effectivement un rôle très pertinent dans la mesure où l'intervention doit chercher à s'adapter pour plus d'efficacité, ce qui n'est pas toujours le cas, notamment pour une population comme celle de Beni, longtemps traumatisée et qui a l'impression d'avoir été sacrifiée. une raison de plus pour qu'elle se sente rassurée et suffisamment mpliquée
La participation et l'appropriation de la risposte par la communauté bénéficiaire sera donc la clé de réussite de cette riposte. A l'Est de la RDC, la société civile et de manière générale les communautés sont déjà suffisamment organisées et solidaires, cela au niveau de toutes les couches de la population; l'on peut batir sur cela pour renforcer leur implication. Il est juste question qu'elle participe à tous les niveaux de décision et non seulement pour les aspects sensibilisation où on a souvent tendance à limiter leur intervention. Elle doit aussi savoir parmi la mutlitude d'acteur sur terrain, qui fait quoi, où, avec qui, avec que moyen et pour le compte de qui, si cela se fait à tous les niveaux la compréhension sera améliorée et les efforts seront ressentis par tous.
Je trouve donc pertinent que vous ayez évoqué cet aspect et que la Banque en fasse une des voies prioritaires de la riposte. Encore un fois sincères félicitations pour cette reflexion.

Christian TSHIAMA
07 mars 2019

Pour la majorité de la population de Béni le maladie à virus ébola est une invention venant de Kinshasa pour s'enrichir sur leurs dos d'ou la nécessite de faire participer la communauté pour une bonne compréhension et les amenées à se faire soigner.

Ernest Mbo
07 mars 2019

Cher Dr Michel,
Sincères félicitations pour ces reflexions très riches et pertinentes.
A mon humble avis, la question de la participation communautaire est une évidence qui ne peut souffrir d'aucun doute. Cependant, il sied de mentionner que la RDC est un pays contient avec une véritable mosaîque culturelle qui nécessite d'être prise en compte.
Si le Nord-Kivu connait sa toute première épidémie de la MVE, avec la problématique de conflit armée qui date de plusieurs années (présence des groupes armées), de la forte densité de la population, d'important mouvements et échanges dans la région; (i) la récupération politique de la question au début de cette riposte avec des contre-mobilisations et (ii) le manque de confiance de la communauté envers tout initiative du Gouvernement (rumeur de complot pour exterminer la population et laisser la terre aux pays voisins) ont constitué un véritable goulot à l'implication de la communauté, sans oublier la culture particulière de cette population qui ne voit pas d'un bon oeil l'arrivée massive des personnes venues d'ailleurs (hors province et hors pays).
Si cette façon d'organiser la riposte a donné des bons résultats ailleurs, il est temps d'estimer que certaines études devaient orienter la planification tout en travaillant effectivement sur les connaissances, attitudes et pratiques de la communauté. Ceci me fait croire que nous avons raté le décollage et il était temps de se questionner pour réorienter la mise en oeuvre du 3ème plan stratégique. Les nouvelles orientations du Ministre devront certainement permettre de renforcer la dynamique et la participation communautaire.
Les dialogues communautaires initiés par le Ministère de la Santé à Butembo et Katwa, avec l'appui de l'OMS sont donc des initiatives à multiplier pour écouter la communauté et travailler rapidement pour leur implication effective et appropriation de la réponse.
Une autre question qui merite l'attention c'est le monitoring des interventions sur terrain. Si la mobilisation d'une telle ampleur est une bonne chose, la coordination, le suivi et évaluation de la qualité des interventions sur terrain constituent une autre paire de manche qui devra aider à rendre toute les parties prenantes plus rédevables envers la communauté et éviter de donner l'image de "EBOLA-BUSNESS" comme un activiste de la société civile nous a balancé dernièrement sur terrain.
Une fois de plus, merci pour ces refléxions. Nous encourageons cette initiative qui permet le choc d'idées et des échanges scientifiques qui ouvrent la voie vers des approches innovantes et adaptées aux réalités locales.
Cordialement Ernest.

Gisèle MBOMBO
07 mars 2019

Cher Michel, Je me permet de vous faire parvenir ces quelques mots afin de vous complimenter sur votre reflexion si louable! La participation communautaire est une dimension importante des stratégies de développement dont elle constitue à la fois un élément du processus et une finalité. Elle est devenue une composante fondamentale des interventions de la santé. Votre intervention est vraiment fondée! Et elle met en exergue le fait que vous possédez de considérables qualités!
En effet, je suis très émue de ce que vous avez réalisé. Congratulations!

André Kapuku
07 mars 2019

Très souvent, en tant d'épidémie, il existe différentes spéculations dans le chef de la population qui en est directement victime. Dans la plupart des cas, les mauvais sorts ou la sorcellerie, sont incriminés, du fait du niveau d'instruction de la population. Informer la population sur les risques encourus ainsi que les moyens de lutte (la prévention, les mesures d'urgence, etc.) constitue une arme efficace pour éradiquer une épidémie. Je suis totalement d'accord pour l'implication de la population dans la lutte ; cette implication devrait aussi particulièrement passer par des leaders d'opinion, des autorités coutumières, etc. qui drainent des masses importantes de la population.

Johnathan ILUNGA
08 mars 2019

Très cher Dr Michel, je tiens sincèrement à te féliciter pour cet article et cette réflexion qui vient à point nommé.
Je suis d'avis qu'éradiquer Ebola aujourd'hui impliquerait l'appropriation de cette activité par la communauté. Mais malheureusement c'est cette communauté qui constitue la résistance. Pourquoi la résistance?
A mon avis deux réflexions s'en dégagent:
1° Politisation de la riposte. Pour la communauté cette maladie a été inventée de toute pièce pour l'empêcher à participer au choix de ses représentants au moyen des élections. Il est courant d'entendre aussi qu'Ebola est une arme de guerre qu'on utilise pour en finir avec la population locale.
2° Déploiement massif des ressources financières, toutes centrées sur Ebola, dans une zone souffrant des conflits, de violence et d'accès à la santé très limité. Pour les prestataires de terrain que je suis, on entend crier sur nous par moment "Ebola business". Tout le monde voudra se retrouver malgré le recrutement en nombre important de la main d'oeuvre locale. Et au delà de tout ça, il y a la désinformation de la population sur la MVE malgré le travail de sensibilisation abattu sur terrain. La seule parole d'évangile que l'on prend en compte est celle d'un leader communautaire même s'il est mal informé.
Contribution personnelle:
La communauté reste un atout majeur pour éradiquer cette épidémie majeure qui sévit dans notre pays. Il faut intégrer davantage les leaders communautaires (pasteur, chef traditionnel et non politico-administratif parce qu'il est pris comme complice du pouvoir, certains leaders d'opinion respectés et bien identifiés par la communauté...etc). Arrêter avec certaines pratiques qui éloignent davantage la communauté comme Enterrement digne et sécurisé sans faire participer les membres de famille du mort bien en les protégeant par les moyens qui existent, ...

Jean LONGRI
08 mars 2019

Très cher Dr Michel, Merci
La plume est une arme puissante dans la résolution des problèmes. Aujourd'hui, Il y a plus de décennie qu’Einsten a disparu, mais ses substrats continus à faire mouche et font courir les scientifiques à s’inspirer des expériences inédites.
Par-là, j’admire cette plume que tu as encore utilisé pour contribuer à la lutte contre ce désastre qui continu à faire sa demeure dans notre pays, on dirait que son lit est bien aménagé chez nous en RDC.
Je suis pleinement d’accord avec toi, et je souligne que pendant la flambée de la maladie à virus Ebola, de nombreuses craintes et rumeurs favorisent des conduites dangereuses lors des soins prodigués aux proches à domicile ou pendant les funérailles traditionnelles, lorsque l’on touche les défunts emportés par la maladie à virus Ebola.
La collaboration avec la communauté joue un rôle de plus en plus essentiel pour repérer les nouveaux cas et pour rechercher les contacts des malades ou des défunts.
La communauté doit être au centre des nombreux aspects de la riposte de sorte à pouvoir, eux aussi, contribué efficacement et en toute sécurité à interrompre la transmission de cette maladie mortelle.
Nous savons que la mise en place d’une collaboration et une communication pérenne avec les groupes communautaires actifs au niveau local aide à bâtir la confiance dans les efforts de riposte et permet de mobiliser la communauté dans la lutte contre le virus Ebola.
Bien que cela, les aspects culturels adaptés et autres...doivent faire l’objet d’un vadémécum dans le combat contre cette maladie.
Je veux vous faire rire, mais c’est une réalité : lors de l’épidémie de Djerra (Tshuapa) en 2014 où j’ai vécu comme membre de l’équipe de riposte, un évènement malheureux par la communauté jeune de Boende, qui s’est emparée à l’HGR de Boende d’un malade emporté par Ebola par simple question d’ignorance. Heureusement que le corps était déjà bien préparé et mis dans un sac mortuaire que les jeunes gens ont déchiqueté. La leçon tirée, au retour du cimetière, les jeunes gens mariés n’ont pas été accepté dans leur ménage par leurs femmes qui les ont demandé tout simplement d’aller s’informer du risque qu’ils encourent et pour la famille auprès de l’infirmier Titulaire. Ces jeunes gens ont participé par la suite à la sensibilisation.
Le contexte d’insécurité résidant fait réfléchir à des stratégies plus complexes pour éviter la défaillance à la riposte dans l’actuel front.
Sincèrement, merci pour la réflexion.
Jean LONGRI

Denis MPANYA
08 mars 2019

Bonjour Dr Michel et sincères félicitations pour cette publication,
Nous devons d’ores et déjà retenir que dans la riposte de la MVE, l’implication de la communauté est très incontournable. Elle est d’ailleurs l’une des bonnes pratiques de la lutte contre Ebola car elle a fait ses preuves dans d’autres contextes pour réduire la propagation de la maladie.
Cependant, la réussite ou échec de l’engagement communautaire dans la riposte dépend de l’attitude du personnel impliqué dans la lutte. Certaines méthodes coercitives auxquelles sont soumises les communautés sont sources de stigmatisation, et créent favorablement une barrière à l’accès aux soins et même à l’acceptation de la maladie. C’est le cas vécu avec cette épidémie de l’Est, qui, à un moment donné a pris une dimension plus politique que santé publique.
Pour le cas échéant de notre Pays, au stade actuel, à mon avis la MVE devient plus endémique et les actions préventives devraient être à ce jour intégrées de manière plus effective dans la surveillance épidémiologique sur l’ensemble du pays au niveau communautaire avec toutes les structures de la dynamique communautaire que l’on connaît. Drôle que cela tarde à venir et n’est que sur papier de renseignements. Sa lutte devrait par contre être plus communautaire que clinique. Mais jusque-là, j’ai comme impression que le focus est beaucoup plus clinique sur les régions atteintes de la MVE. Attends-t-on la survenue de la maladie pour y affecter autant des moyens pour apporter une réponse ? C’est cette attitude attentiste (avec une faible veille sanitaire) qui constitue la faiblesse du système sanitaire de notre pays.
Il est d’une importance capitale que la participation communautaire reste et demeure la plaque tournante de la riposte de la MVE. L’on doit davantage s’approcher de la population, l’écouter et poser le diagnostic de ce qu’elle pense de cette maladie en vue d’une réponse efficace dans la lutte contre la MVE. Et n’oublions pas ce contexte tout à fait différent de cette Épidémie de l’Est avec l’insécurité. Matière à réflexion.
Merci.

Yannick Gael KAZADI ILUNGA
09 mars 2019

Analyse très pertinente de la situation Dr Michel et reçois nos vives félicitations. Elle est en fait une preuve supplémentaire, s'il en faut encore, de votre engagement pour le bien-être de la population congolaise en générale et des délaissés en particulier. Le troisième volet, à savoir l'implication de la communauté, est capitale et incontournable si l'on veut couper la chaine de transmission de cette terrible épidémie. Un adage dit "Ce qui est fait sans nous est contre nous". En l'espèce, une opération de sensibilisation intense à la base est plus qu'impérieuse. Malheureusement les structures communautaires instituées par le Ministère de la Santé ont montré leurs limites dans cet environnement d'extrême pauvreté. La cassure est réelle entre les communautés et les structures de soins. L'éternelle question de la sélection des relais communautaires revient en surface. Un bon accompagnement à tous les niveaux, couplé à l'implication des vrais leaders communautaire peut aboutir à des résultats probants.
En outre, il convient selon moi de travailler sérieusement sur l'après épidémie. Ce travail doit envisager le long terme. Les structures mises en place doivent continuer de bénéficier d'un accompagnement jusqu'à leur maturité effective. Là, se posera sans doute la question des moyens financiers. Une gestion rationnelle des ressources à chaque phase de l'épidémie peut y contribuer.
Encore une fois, félicitations pour cette analyse fouillée cher Docteur Michel.
Yannick

ABEL MAYANGA DILE
11 mars 2019

Merci et bravo cher Dr Michel pour cet article riche en contenu, tout en joignant ma voix à la vôtre je voudrais abonder dans le même sens que vous.
En effet, il est un fait que le contexte dans lequel évolue l’épidémie de MVE dans la Province du Nord Kivu est particulier et plus que complexe. Comme le savons-nous, il s’agit d’une agression qui vient s’ajouter à celles qui existent depuis quelques mois et qui sont responsables des pertes en vies humaines..., les incursions des forces irrégulières et des personnes en arme qui mettent en mal la population. Par ailleurs, les aspects sociologiques et culturels sont également à considérer dans ce combat. En plus, la fable connaissance de la malade et de ses conséquences dans la population constitue un facteur non négligeable.
De ce fait et dans tous les cas, la riposte doit prendre en compte « la voix » de la communauté dans sa diversité et dont l’implication et l’appropriation ne peuvent que permettre des avancées significatives dans les résultats attendus. Cette communauté qui commence par la famille, les mutualités, les associations des éleveurs, les groupes armées… bref, tous les différents groupes des personnes partageant les mêmes idéaux, et a tous les niveaux.
Par rapport à ce contexte particulier, la réflexion devrait nous amener à nous poser des questions du genre :
- Quelle serait la stratégie la plus efficace ?
- Comment la mettre en œuvre cette stratégie ?
- Comment faire pour atteindre toutes les couches concernées ?
Encore une fois, toute notre gratitude pour cette réflexion

Ilela ngoy Joëlle
15 mars 2019

Félicitations Dr Michel pour votre article. Je voudrais porter ma contribution en appuyant sur l'engagement communautaire de la population vivant dans des zones affectée par l'épidémie d'ebola au Nord-Kivu plus précisément à butembo. L'engagement communautaire est très importante dans la riposte nous dirons que ,elle est la base de la réussite de la riposte. Sur ceux il demande beaucoup de rencontre avec la communauté pour les expliqué en toute tranquillité l'épidémie de la MVE qui se vit dans leur contrée d'où il faut beaucoup de stratégie pour y arrivé :1.l'étude du comportement de la communauté et mode vie. Par exemple les habitants de butembo :connaître leur mode de vie et comportement,poser de questions concernant leurs habitudes courantes. C'est première aspect nous permet de nous approcher de la communauté en ses confondant à eux et cela amené une certaine confiance.
2.l'apprentissage de la langue de la communauté
S'exprimer en langue locale pouce la communauté à vous comprendre et à s'approprier de la chose
3.L'utilisation des fils de pays
C'est-à-dire impliqués les différentes leader de la communauté enfin que l'engagement communautaire se passe avec beaucoup de confiance et servitude. La communauté se sente plus confiantes lorsqu'elles retrouve parmi les communicateurs leurs leader influent. Si nous prenons le cas de butembo vous comprendrez que la population actuel se révolte simplement parceque selon eux ont n'a pas impliqués leurs fils dans la riposte. Hors connaissons les habitants de butembo :ils ont très tribale,affectée par la guerre et vive de rumeurs. Sur ceux l'approche communautaire est très important pour cette population. Une fois cette approche réussi nous serons à la fin de l'épidémie. Merci

Serge Ntumba
10 avril 2019

Très pertinente Dr Michel votre réflexion!mais la riposte semble être confrontée à la méfiance de la communauté,déjà entretenue par la rupture qu'il y a entre dirigeants et dirigés.Donc il est bien difficile de faire intégrer quelqu'un qui refuse d'où il est nécessaire d'élaborer des nouvelles stratégies afin de réapproprier la riposte à la population.puisque la population garde encore confiance à la médecine traditionnelle,mais aussi les charlatans,je pense qu'il faut faire intégrer ce groupe dans la communication. La communication étant un de piliers de la réussite , toute personne bénéficiant d'une certaine confiance auprès de cette population doit y être impliquée en vue de recoller le morceau.
Autre chose ce que il faut mettre en place une stratégie pour l'identification rapide de nouveau cas,par exemple mettre en place une brigade anti Ebola où 1 agent pour 10 ménages,possedant une application dans le smartphone peut signaler l'apparition d'un nouveau cas et que la riposte soit immédiate et empêchant ainsi la contamination.telle est notre contribution, Merci Dr.