Haiti: semer les graines d’une meilleure nutrition

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Haiti: semer les graines d’une meilleure nutrition

“Haiti”, “nourriture” et “nutrition” sont des mots generalement non associés dans le cadre d’une déclaration optimiste, bien au contraire. Cependnat, aù moment ou nous commémorons la Journee mondiale de l’alimentation, je crois qu’Haïti a contribuer fortement à trouver, par elle-même, une solution durable à son problème de malnutrition constant.

Ceci peut paraitre comme étant le secret le miex gardé du monde, mais il est en partie le résultat de l’attitude de nombreuses personnes, y compris nous occasionnellement, qui mettons l’emphase sur les maux d’Haiti plutôt que sur ses progrès réalisés.

Pendant de nombreuses annees, «Ayiti Chérie», comme on appelle Haïti en créole, a été un terrain fertile pour les innovations en nutrition et en agriculture. Parmi d’autres initiatives, Haïti a été l’un des premiers pays au monde à participer au programme pilote sur les suppléments en vitamine A, l'utilisation de poudres nourrissantes pour réduire l'anémie chez les très jeunes enfants, et du pain de manioc fortifiant.

Pourtant, tragiquement frappé par des catastrophes naturelles récurrentes, l'instabilité politique et la hausse des prix des denrées alimentaires - qui a déclenché des émeutes en 2008-, le pays est confronté sans cesse à des taux de malnutrition chronique élevés (29% des jeunes enfants) et plus de la moitié de sa population (57%) souffre d'insécurité alimentaire. Ainsi le thème de cette Journée mondiale de l'alimentation « les prix des denrées alimentaires - de la crise à la stabilité » est particulièrement pertinent face à la situation haïtienne. Une bonne question à poser serait alors: « Dans un pays comme Haïti, comment pouvez-vous apporter une stabilité dans l’apport alimentaire et nutritionnel tout en protégeant la population contre la hausse des prix des denrées alimentaires? »

Avec le soutien de la Banque mondiale, le ministère de l'Agriculture est désormais en train de surmonter ce défi. Mettant a bon escient la disponibilité et la bonne disposition des Haïtiens envers la créativité et l’innovation, le Ministère a incorporé des composantes qui traitent de la nutrition dans un nouveau projet de 50 millions de dollars : « Relancer l'agriculture : le renforcement des services publics en agriculture (RESEPAG II) (a).

Ce projet est l’un des premiers projets agricoles conçu et mis en oeuvre en collaboration avec le secteur de la santé pour traiter concrètement du besoin de produire des aliments hautement nutritifs pour assurer la sécurité nutritionnelle des populations vulnérables.

L'idée est née d’un besoin non satisfait

Apres le tremblement de terre, les organisations humanitaires voulaient se procurer des aliments produits localement pour les distribuer aux populations désemparées. Cependant, ni la qualité ni les quantités nécessaires ne pouvaient être disponibles pour répondre aux besoins des organisations. Dans le même temps, le gouvernement haïtien a voulu faire revivre l'économie, notamment en soutenant le secteur agricole qui n’avait pas été aussi durement affecté par le séisme.

Les équipes travaillant dans les divisions sur le développement humain et l’agriculture ont étudié les moyens possibles pour aider les Haïtiens à améliorer l'accès des plus démunis à des aliments nutritifs. Les équipes ont tenu des discussions avec des partenaires clés tels que le Centre international d’agriculture tropicale (CIAT) (a) qui avait soutenu une organisation agricole haïtienne (ORE) dans la culture avec succès des produits bio fortifiés.

L’Association internationale de zinc (a) a également fourni des preuves convaincantes que les engrais fortifiés en zinc pourraient non seulement augmenter la productivité agricole, mais aussi augmenter la valeur alimentaire des produits pour fortifier cet élément essentiel au système immunitaire et à la croissances des enfants.

Le point tournant de cette initiative était la perspective que les organisations humanitaires seraient en mesure d’acheter beaucoup plus de produits locaux - si toutefois les aspects nutritionnels devaient être incorporés dans les programmes agricoles. Des initiatives simples et abordables, telles que l'enrichissement du lait pour le Programme national d'alimentation scolaire, ont presque d’office saisi l’attention du Ministère.

Comme la discussion prenait de l'élan, des représentants du ministère de l’agriculture ont vite pris conscience de l’immense potentiel de soutien a la production d’aliments de haute qualité nutritive. Ils ont tout simplement discerné un double objectif : l’initiative viserait à amélior les revenus des agriculteurs et réglerait en même temps le fardeau bien lourd de la malnutrition du pays.

D'emblée, les responsables du ministère ont reconnu que l'enrichissement du lait distribué et la production d’aliments thérapeutiques prêt à-utiliser à base d’arachides signalent des marches prometteurs et rentables.

Veterimed, une ONG nationale qui aide les petits agriculteurs à améliorer la production animale, a demandé à la banque mondiale de lancer une étude de faisabilité. En quelques mois, Veterimed avait effectué des essais pour fortifier le lait produit par des micro-laiteries haïtiennes à travers un partenariat avec une entreprise qui a fourni gratuitement le fortifiant en micronutriments et les analyses de laboratoire. Les résultats devraient être disponibles le mois prochain et, si concluante, l’initiative sera élargie sur le plan national.

Non seulement les grandes entreprises peuvent produire des aliments de haute puissance, mais les petits agriculteurs peuvent faire de même!

Les activités traitant de la nutrition intégrées dans le projet comprennent:
(i) une formation des agents de vulgarisation agricole dans le domaine de la nutrition;
(ii) la facilitée dans la production d’aliments complets en nutriments grâce à l’utilisation des semences enrichies déjà présentes en Haiti et des engrais à base de zinc;
(iii) une concentration sur l'équité du genre tels que la réduction de l'anémie chez les femme agricultrice;
(iv) un renforcement des capacités dans la récolte et les techniques de stockage pour réduire les déchets et améliorer la qualité (par exemple pour réduire l’aflatoxine dans le mais et les arachides qui peut être toxique et cancérigène) et,
(v) les techniques de transformation des aliments, comme l'enrichissement et le contrôle de la qualité des aliments, y compris les capacités de laboratoire pour analyser le contenu en micronutriments.

En outre, RESEPAG II appuiera les innovations menant à un accès accru à des aliments nutritifs ainsi que celle de permettre aux producteurs de sel d'améliorer leurs techniques de production de sel solaire en vue d'améliorer l'accès au sel iodé dans le pays. Reconstruire la sécurité alimentaire et la nutrition en Haiti est également une priorité pour beaucoup de mes collègues. Le département de développement humain à la banque est un membre actif du Comitée technique de la nutrition nationale et a récemment appuyé la révision et la validation de la Politique nationale de la nutrition qui favorise une approche multisectorielle à la réduction de a malnutrition.

Alors que le secteur de l'éducation investit significativement dans le programme national d’alimentation scolaire, notre équipe de la protection sociale est à la tête d’une approche très prometteuse dans le pays: l’Initiative d’agent de développement des ménages.

Ce projet pilote vise à tester et à tirer les leçons d’un nouveau mécanisme pour accroitre l’utilisation des services sociaux en fournissant directement un minimum de produits et de services aux familles pauvres. Notre équipe de santé est également en train de mener des discussions actives avec le gouvernement et les parties prenantes afin d'intensifier d’une façon durable les activités de nutrition à travers des mécanismes de financement basés sur les résultats.

Avec toutes ces initiatives passionantes, il y a beaucoup de débouchés pour les agriculteurs haïtiens.


Auteurs

Marie Chantal Messier

World Bank Senior Nutrition Specialist for Latin America and the Caribbean

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