Publié sur Nasikiliza

En Côte d’Ivoire chaque histoire compte 10 : 24h chrono pour créer une entreprise en Côte d’Ivoire

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Le développement économique d’un pays ne se mesure pas uniquement à la taille d’une nouvelle route, ou au nombre d’usines, de centrales électriques et de ports construits. C’est aussi la somme d'histoires individuelles. Cette série de blogs publiée par le Groupe de la Banque mondiale, en partenariat avec Fraternité Matin et la bloggeuse Edith Brou, analyse l’impact des projets mis en œuvre et la manière dont ils changent le quotidien des Ivoiriens.
 
Stéphanie Quoioh en est convaincue : son ascension dans le monde entrepreneurial n’a cessé de progresser depuis que le CEPICI (Centre de promotion des investissements en Côte d’Ivoire) l’a prise sous son aile. Il y a un an, cette jeune chef d’entreprise créait en moins de 24 heures sa startup Archive Expert, grâce au CEPICI qui a énormément facilité ses démarches.
 
Avant l’apparition du CEPICI en 2011, créer une entreprise en Côte d’Ivoire relevait généralement du parcours du combattant. Il fallait au moins passer par quatre étapes, aussi contraignantes les unes que les autres. D’abord, faire enregistrer les actes de constitution de l’entreprise auprès de la Direction générale des impôts. Se rendre ensuite au greffe du tribunal pour obtenir un numéro d’immatriculation au registre de commerce et de crédit mobilier, et puis au centre des impôts pour recevoir un numéro de compte du contribuable et, aller enfin à la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS). Pour survivre à ces démarches laborieuses, il fallait le plus souvent s’attacher les services d’un notaire, qui réclamait généralement entre 600 000 et 800 000 francs CFA pour accomplir toutes ces formalités administratives. Ces nombreuses étapes et les coûts associés entravaient inévitablement la création d’entreprises, et ont découragé plus d’une personne. Les investisseurs renonçaient à leurs projets ou décidaient de rester dans le secteur informel, ce qui d’une manière ou d’une autre, nuisait à l’économie. 
 
Conscientes de ces défaillances, les autorités ivoiriennes ont décidé de créer une agence au service des entreprises. C’est ainsi que le CEPICI a vu le jour, avec le soutien de la Société financière internationale (filiale du Groupe de la Banque mondiale dédiée au secteur privé) et du Projet d'appui à la revitalisation et à la gouvernance des entreprises (PARE-PME) financé par la Banque mondiale.  Danielle A Kou y dirige le service des formalités d’entreprises, aux côtés de deux autres services : le guichet unique des investissements et le service d’appui à l’octroi de terrains industriels. Le guichet unique est justement celui qui a permis à Stéphanie Quoioh de créer son entreprise en un temps record. Sa particularité, comme l’indique Daniella, est que « le traitement des dossiers s’effectue désormais au même endroit. Il n’est plus question de se rendre à plusieurs à droite et à gauche, le processus est simplifié et plus transparent ». Non seulement le délai d’enregistrement a été réduit à 24 heures, mais la baisse des coûts est significative, même s’il faut souligner que cette réduction n’est pas pratiquée uniquement au Guichet des formalités des entreprises. Le coût d’enregistrement au registre de commerce a par exemple baissé de 50 000 à 15 000 francs CFA pour les personnes morales et de 25 000 à 10 000 pour les personnes physiques. 
 
Si faciliter la création d’une entreprise est une étape importante, elle ne peut permettre à elle seule de développer un secteur privé compétitif et dynamique. C’est pour cette raison que le CEPICI a étendu son domaine d’intervention auprès des entreprises, en les aidant notamment à acquérir de nouvelles technologies. Un accompagnement permanent que Stéphanie trouve utile, « l’accompagnement du CEPICI ne s’est pas arrêté le jour où mon entreprise a été créée ». Grâce à cet appui constant, l’entreprise de Stéphanie a gagné le concours Challenge Start up en 2016, auquel participaient 35 pays. Elle vient d’être récemment été sélectionnée par Africa-France pour faire partie de ses 20 Young Leaders pour l’année 2017. 
 
En créant le CEPCI, le gouvernement ivoirien a envoyé un message de soutien clair aux investisseurs locaux et étrangers et une incitation à développer leurs entreprises. Si cette agence joue indéniablement un rôle important, elle suscite pourtant certaines interrogations. À votre avis :
 
  • Dans quelle mesure le CEPICI devrait aussi aider les entreprises ivoiriennes à accéder plus facilement au financement et aux infrastructures, qui sont souvent perçus comme des obstacles plus importants que la lourdeur des procédures administratives ? 
 
  • Est-ce que le CEPICI ne devrait pas élargir son action vers les petites et moyenne entreprises, qui opèrent dans l’informel, et vers les autres villes de la Côte d’Ivoire au lieu de se concentrer sur les entreprises formelles et établies à Abidjan ? 
 

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