Les Femmes, l’Entreprise et le Droit 2020 : le poids des lois sur les perspectives économiques des femmes

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Femme au marché agricole d'Al Obaied © Salahaldeen Nadir/Banque mondiale
Femme au marché agricole d'Al Obaied © Salahaldeen Nadir/Banque mondiale

Une femme est à l’hôpital, sur le point d’accoucher. Elle reçoit un appel de son employeur, qui lui notifie son renvoi, car sa grossesse est considérée comme une faute grave. Une médecin légiste se voit empêcher de pratiquer son métier car un nouveau décret le juge inapproprié pour les femmes. Une secrétaire est congédiée après avoir confié à ses collègues qu’elle était harcelée sexuellement par son chef.

Ces situations, qui sont hélas monnaie courante, touchent les femmes à tous les stades de leur vie active et entravent leurs perspectives économiques. Selon l’édition 2020 du rapport Les Femmes, l’Entreprise et le Droit publié aujourd’hui par la Banque mondiale, les femmes ne jouissent encore que des trois quarts des droits reconnus aux hommes. 

Les lois ont un impact sur l’inclusion économique des femmes. Parvenir à l'égalité des sexes est un cheminement de longue haleine, qui exige une volonté politique affirmée et des efforts concertés des gouvernements, de la société civile et des organisations internationales notamment. Mais, dans ce processus, les réformes juridiques et réglementaires sont une première étape essentielle pour poser les bases de la parité. De fait, plus la note obtenue dans l’indice sur les Femmes, l’Entreprise et le Droit est élevée, plus les femmes sont nombreuses à travailler, tandis que l’on observe aussi un plus haut niveau de revenus et plus généralement de meilleurs résultats sur le plan du développement.

Taux d’activité des femmes

Le rapport Les Femmes, l’Entreprise et le Droit évalue l’impact des lois et réglementations sur les perspectives économiques des femmes à l'échelle mondiale. L’édition 2020 passe en revue les réformes engagées entre juin 2017 et septembre 2019 dans 190 économies. L’indice analyse les droits économiques des femmes aux différentes étapes de leur vie active à travers huit indicateurs : les femmes peuvent-elles se déplacer librement ? Quels sont leurs droits dans le monde du travail et quand elles ont des enfants ? Quelles sont les règles du mariage ? Ou encore dans quelle mesure la loi contribue-t-elle à protéger ou au contraire entraver leur capacité à diriger une entreprise et gérer des actifs ?

Indice sur les Femmes, l’Entreprise et le Droit infographie

La moyenne mondiale a légèrement progressé en deux ans, de 73,9 à 75,2. Huit pays ont obtenu la note maximale de 100, le Canada ayant rejoint la Belgique, le Danemark, la France, l’Islande, la Lettonie, le Luxembourg et la Suède à la faveur d’une réforme du congé parental. Les réformes les plus fréquentes ont porté sur la parentalité, avec des amendements apportés aux politiques de congé de maternité, de paternité ou parental dans 16 pays. Avec un score moyen de 53,6 seulement, il s’agit aussi du domaine où la marge de progression est la plus importante et la nécessité des reformes urgente.

Indice sur les Femmes, l’Entreprise et le Droit

On assiste à des avancées dans les régions du monde qui nécessitent le plus de réformes. Sur les 62 réformes introduites dans 40 économies, la plupart ont concerné des pays du Moyen-Orient/Afrique du Nord (MENA) et d’Afrique subsaharienne. Malgré des progrès considérables, surtout pour améliorer l’accès des femmes à l’emploi et leur participation durable à la vie active, la région MENA reste celle qui affiche la note moyenne la plus basse. En Afrique, les pays ont actualisé des textes de loi datant des années 1950 et 1960 et, pour les pays sortant d’un conflit, de nouveaux codes du travail ont été adoptés.

Indice sur les Femmes, l’Entreprise et le Droit par régions

Les dix pays ayant le plus progressé sont l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Népal, Soudan du Sud, Sao Tomé-et-Principe, Bahreïn, la République démocratique du Congo, Djibouti, la Jordanie et la Tunisie). Les marges d’amélioration restent cependant substantielles dans nombre d’entre eux. S’y ajoutent 30 autres économies qui ont mis en œuvre des réformes dans au moins l’un des huit domaines pris en compte dans le calcul de l’indice.

Aucun pays ne peut déployer tout son potentiel sans la participation pleine et égale des femmes et des hommes. L’égalité des sexes n’est pas seulement une cause juste, c’est aussi un facteur de croissance économique et de développement. L’édition 2020 du rapport Les Femmes, l’Entreprise et le Droit met en lumière des pratiques exemplaires, en montrant comment les pouvoirs publics peuvent agir pour améliorer les perspectives économiques des femmes. 

Comment pourrait-on selon vous améliorer la législation dans votre pays pour assurer l'égalité des chances entre les sexes dans l'accès à l’emploi et la création d'entreprise ? Faites-nous part de votre expérience et rendez-vous ici pour en savoir plus.

Prenez part au débat

DANSI Michaël
13 février 2020

Je crois penser dans ce sens serait une bonne chose pour le développement de l'Afrique.

RAMINI
13 février 2020

Bonjour, ma contribution sera axée sur l’accès de la femme au monde du travail dans le droit Algérien, et pour des raisons méthodologique, je vais intervenir sur l'accès du Genre dans la fonction publique.
première remarque qu'il faudrait relevée c'est que le statut général de la fonction publique en Algérie, ne fait pas de distinction entre les deux sexes, en effet, les deux parties sont égaux devant la loi, il sont soumis aux mêmes critères de sélection et des dispositions de recrutement. un seul critère les distingue c'est le mérite.
En ce qui concerne la politique salariale, le salaire n'est pas calculé selon le sexe mais selon la nature du grade et l'emploi exercé...il n'y a aucune différence dans le salaire.
Pour ce qui est de la retraite, la fonction publique Algérienne offre des opportunités très avantageuses pour la femme qui souhaite prendre sa retraite. En effet, la femme peut demander sa retraite à partir de 55 ans, contrairement aux hommes (60 ans).
la fonction publique prévoit d'autres facilitations aux femmes qui travaillent, elles ont le droit de demander 5 ans de mise en disponibilité pour élevé un enfant de moins de cinq ans, cette disposition n'est pas conditionnée par un nombre limité d'enfants.
la femme qui accouche d'un enfant ouvre droit à 99 jours de congé payé, dés la reprise, elle a droit aux heures d’allaitement durant 2 années.

Randrianarison Jean Gabriel
13 février 2020

Bonjour
La publication m'interesse au plus haut point dans la mesure où le problème touché les pays africains en général. J'aimerais noter cependant qu'en Afrique les aspects culturels influencent énormément et que les femmes de gré ou de force acceptent la primauté des avantages sociaux aux hommes. C'est souvent sous contrainte que la majorité des femmes à basse qualification travaillent (décès du mari, séparation , pauvreté absolue etc..). La contribution des femmes au développement est ainsi mineure. Toutes les sur le secteur informel en Afrique démontrent les unités de production dirigées par les femmes sont les moins productives. Des recherches allant dans ce sens devront être effectuées.

Raharimalala
13 février 2020

Les femmes restent sous représentées dans les structures de piuvoirs locales et nationales. Elles sont concentrées dans les postes les moins bien payés et les moins prestigieux du secteur formel. A mon avis, agir en même temps sur les besoins pratiques et les intérêts stratégiques. Cela entraine un meilleur statut pour les femmes et plus d'égalité.