Vit-on plus longtemps et en meilleure santé ?

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Ce billet s’inscrit dans une série d’articles consacrés aux Objectifs de développement durable et aux données issues de l’édition 2016 des Indicateurs du développement dans le monde.

L’incidence et la distribution des maladies graves dans les pays riches et les pays pauvres diffèrent et sont en pleine mutation. Dans les pays à faible revenu, plus de la moitié des décès sont dus à des maladies transmissibles ou à des pathologies maternelles, prénatales ou nutritionnelles. Dans les pays à revenu intermédiaire ou élevé, plus des deux tiers résultent de maladies non transmissibles. Néanmoins, comme les soins et les traitements ciblés s’améliorent dans les pays les plus pauvres, l’incidence de maladies telles que le paludisme et le VIH commence à chuter, tandis que les décès dus aux crises cardiaques et aux accidents vasculaires cérébraux sont à la hausse.

L’Objectif de développement durable n° 3 vise à permettre à tous de vivre en bonne santé et à promouvoir le bien-être de tous à tout âge. L’une de ses finalités est de faire diminuer les décès et les séquelles découlant de maladies non transmissibles et d’accidents. L’une des cibles de cet objectif consiste par exemple à diviser par deux le nombre total de victimes des accidents de la route à l’horizon 2020. Le taux de mortalité lié à la circulation routière était de 27 décès pour 100 000 personnes dans les pays à faible revenu en 2013, soit trois fois plus que dans les pays à revenu élevé. Les pays à revenu intermédiaire enregistrent également des taux élevés en la matière.

L’Objectif de développement durable n° 3 cible un large éventail de problèmes de santé

Les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) se focalisaient sur l’amélioration des conditions sanitaires dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, et ils recouvraient la mortalité maternelle, la mortalité infantile, les maladies infectieuses, et la santé sexuelle et génésique. Les Objectifs de développement durable (ODD) vont bien au-delà, en intégrant toutes les classes d’âge, tous les pays et davantage de problèmes sanitaires. De nouvelles cibles ont été introduites pour les maladies non transmissibles, la santé mentale, la toxicomanie, les accidents, la couverture santé universelle et la pollution. L’ODD n° 3 vise à mettre fin aux décès évitables d’enfants, à réduire la mortalité maternelle, à éradiquer les épidémies et à faire de la couverture santé universelle une réalité.

À l’échelle mondiale, la mortalité maternelle a reculé de 44 % entre 1990 et 2015

Le taux de mortalité maternelle mondial a considérablement chuté entre 1990 (385 décès pour 100 000 naissances vivantes) et 2015 (216). Ce recul de 44 % n’a cependant pas permis d’atteindre la cible de l’OMD correspondant : réduire de trois quarts le taux de mortalité maternelle. La baisse du taux de mortalité maternelle mondial devra nettement s’accélérer pour faire passer celui-ci sous la barre de 70 décès pour 100 000 naissances vivantes d’ici 2030 (cible 3.1 des ODD).

Dans les pays à faible revenu, moins de la moitié des accouchements ont été réalisés avec l’assistance de professionnels de santé qualifiés en 2012

Fournir du personnel qualifié pour assister les accouchements et améliorer l’accès des mères aux soins en milieu hospitalier est essentiel pour traiter les urgences vitales, comme les hémorragies et les problèmes d’hypertension. Dans le monde, la proportion de naissances assistées par du personnel médical qualifié a augmenté, passant de 60 % en 2000 à 70 % en 2012. Si les améliorations sont manifestes pour toutes les catégories de revenu, en moyenne, moins de la moitié des accouchements sont assistés dans les pays à faible revenu, contre 58 % pour les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, et près de 100 % pour ceux de la tranche supérieure.

Le taux de fécondité des adolescentes a décliné dans le monde entier

L’ODD n° 3 vise à assurer l’accès universel aux services de santé sexuelle et génésique (cible 3.7). Le pourcentage de femmes en âge de procréer qui peuvent avoir recours à des méthodes modernes de planification familiale est un bon indicateur des progrès accomplis sur cette voie. Le taux de fécondité des adolescentes (15-19 ans) constitue un autre indicateur intéressant, car les femmes qui accouchent à un âge précoce ont plus de chances d’avoir beaucoup d’enfants et sont davantage exposées aux risques de décès et de complications graves liés à la grossesse. Bien qu’il ait diminué au niveau mondial, le taux de fécondité des adolescentes reste élevé dans les pays à faible revenu, où il se situe à 98 naissances pour 1 000 femmes âgées de 15 à 19 ans.

Le taux de mortalité des moins de 5 ans a été divisé par deux entre 1990 et 2015

La mortalité des moins de 5 ans a sensiblement reculé au cours des 25 dernières années : en 2015, le taux de mortalité juvénile dans le monde a diminué de plus de 50 % par rapport à 1990, un chiffre tout juste en dessous de la cible de deux tiers fixée par l’OMD correspondant. L’ODD n° 3 vise à éliminer les décès évitables de nouveau-nés et d’enfants de moins de 5 ans et, dans tous les pays, à ramener la mortalité des moins de 5 ans en dessous de 25 pour 1 000 naissances vivantes (cible 3.2). Pour y parvenir, les progrès doivent s’accélérer, particulièrement dans les pays à faible revenu et les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure.

Les ODD ciblent l’éradication de la tuberculose à l’horizon 2030

L’une des cibles des OMD était de stopper l’augmentation de l’incidence de la tuberculose et d’amorcer une inversion de tendance à l’horizon 2015. Cela a été accompli au niveau mondial : l’incidence de la tuberculose a chuté de 161 pour 100 000 personnes en 1990 à 133 en 2014. À présent, l’ODD correspondant vise à éradiquer la tuberculose et les autres maladies transmissibles et véhiculées par l’eau d’ici 2030 (cible 3.3).

Des données trop lacunaires et de qualité insuffisante

Pour la quasi-totalité des cibles de l’ODD n° 3, nous sommes loin de disposer des données nécessaires pour assurer le suivi des avancées. Ainsi, le taux de mortalité maternelle nécessite des informations précises concernant l’origine des décès, tandis que le taux de mortalité infantile repose sur des estimations exactes du nombre de naissances et de décès d’enfants. Pour le taux de fécondité des adolescentes, il faut des estimations fiables du nombre de naissances, ventilées en fonction de l’âge de la mère et de la population totale d’adolescentes.

Ces lacunes s’expliquent par la faiblesse des principales sources de données, notamment des systèmes d’enregistrement des faits d’état civil, dans de nombreux pays à revenu faible ou intermédiaire. Bien que des groupes interorganisations produisent des estimations de tendances concernant les cibles de mortalité mentionnées ci-dessus, pour de nombreux pays à revenu faible ou intermédiaire, celles-ci reposent largement sur des données issues d’enquêtes auprès des ménages. En outre, il est indispensable de disposer de bons systèmes d'informations sanitaires pour suivre les progrès accomplis sur la voie des autres cibles que vise l’ODD n° 3 et qui portent sur les maladies transmissibles et non transmissibles, les accidents, la couverture santé universelle, la santé mentale et la toxicomanie.

Auteurs

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léon Tshiabuat
28 mai 2016

Bonjour et félicitation à l'équipe ayant produit ce rapport , je pense que ce rapport constitue une des bases de données et source d'informations à la quelle nous allons puiser les bonnes informations et nous permettre à une période donnée évaluer nos programmes.
le souhait serait que le rapport nous propose quelques facteurs probables qui favorisent cette mortalité . cela viendrait contribuer à une amélioration de nos interventions dans ce domaines
Léon

Samutondo
28 mai 2016

La Pauvreté et l ignorance, un cercle vicieux. L un engendre l autre et l autre engendre l autre. Favorise les maladies transmissibles