Publié sur Sustainable Cities

Une approche intégrée de gestion des risques de catastrophe et de développement urbain pour lutter contre les risques climatiques dans les villes nigériennes

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The Niger River in Niamey. (Photo: Sarah Farhat/ The World Bank) The Niger River in Niamey. (Photo: Sarah Farhat/ The World Bank)

Selon l’indice ND-GAIN (a), le Niger est considéré comme le deuxième pays au monde le plus vulnérable aux risques croissants d’inondations, de sécheresses et d’épisodes de chaleur extrême liés au changement climatique. La fréquence et la sévérité des précipitations extrêmes et des inondations ont considérablement augmenté ces dernières années. Dans le seul bassin du fleuve Niger, où vit 40 % de la population du pays et où se trouve la capitale Niamey, 100 000 personnes en moyenne sont touchées par les inondations chaque année. L’urbanisation devrait accroître le risque d’inondation en raison des processus d'expansion rapide et non planifiée dans les zones exposées, de la dégradation des bassins versants et de la vulnérabilité des infrastructures. On estime que le nombre total d'habitants dans les zones urbaines passera de 3,5 millions actuellement à près de 20 millions d’ici 2050, soit une moyenne d’environ 500 000 nouveaux citadins par an.

Dans un tel contexte, la pire inondation que le Niger ait jamais connue en 2020 ne sera probablement pas la dernière. Des inondations fluviales de grande ampleur et des crues soudaines localisées ont fait des dizaines de victimes et touché plus de 630 000 personnes dans toutes les régions du pays. Les dommages et pertes dus aux inondations de 2020 auraient atteint près de 262 millions de dollars, soit plus de 2 % du produit intérieur brut (PIB) du Niger en 2019, selon l’évaluation réalisée par le gouvernement avec l’assistance technique de la Banque mondiale et de la Facilité mondiale pour la prévention des catastrophes et le relèvement (GFDRR). La crise a mis à l’épreuve les efforts déployés par les autorités nigériennes au cours de la dernière décennie en vue de renforcer la résilience du pays aux inondations.

La Banque mondiale soutient ces efforts à travers le projet de gestion des risques de catastrophe et de développement urbain (PGRC-DU), lancé en 2013.

Ce projet vise à la fois à améliorer les capacités de planification pour le drainage et le développement urbain, mettre en place des infrastructures de protection contre les inondations, promouvoir des pratiques de gestion durable des terres et de l’eau dans les bassins versants en amont et renforcer les capacités d’alerte précoce, de préparation et d’intervention au niveau des autorités locales et centrales. Le Niger a également bénéficié de l’initiative CREWS pour le développement des systèmes d’alerte précoce contre les risques climatiques, que pilotent la Banque mondiale et l’Organisation météorologique mondiale.

Woman fetching water in the village of Chagnassou, Niger. (Photo: Sarah Farhat/ The World Bank)
Woman fetching water in the village of Chagnassou, Niger. (Photo: Sarah Farhat/ The World Bank)

Le soutien apporté par ce projet dans la préparation aux situations d’urgence s’est avéré crucial dans la gestion de la crise de 2020. Le nouveau centre opérationnel d’alerte et de gestion des crises (COVACC) mis en place par le gouvernement nigérien a permis de mener des activités d’intervention d’urgence et de communication de crise à travers tout le pays pendant les inondations. Grâce aux données du COVACC, qui est équipé de technologies satellitaires avancées, les drones déployés au plus fort de la catastrophe ont pu évaluer la localisation et l’étendue des inondations. L’aide d’urgence a ainsi pu atteindre les personnes et les communautés qui en avaient le plus besoin. Le nouveau système d’alerte hydrologique précoce du Niger, le Code d’alerte national, a permis de fournir des informations en temps utile pour l’évacuation des populations vulnérables et la gestion des opérations de secours aux victimes des inondations. Le système a également facilité une évaluation des besoins d’urgence des ménages sinistrés, menée par l’agence de protection civile du Niger, ce qui a ensuite permis d’orienter les opérations de secours.

Le COVACC et le déploiement de drones ont permis de faire face aux inondations de 2020 avec une efficacité sans précédent, en facilitant le processus de prise de décision, en sensibilisant la population et en l’informant de l’étendue des inondations à travers les médias, mais aussi en appuyant la surveillance des digues et l’évaluation des impacts immédiats.
Colonel Major Bako Boubacar
Directeur général de la protection civile

Tourné vers l’avenir et soucieux de tirer des leçons des inondations dévastatrices de 2020, le gouvernement du Niger poursuit son partenariat avec la Banque mondiale et la GFDRR pour renforcer la résilience aux inondations. Le projet intégré de développement urbain et de résilience multisectorielle, récemment approuvé avec un financement de 250 millions de dollars, s’attachera à faire face aux conséquences des risques élevés d'inondation et d’une croissance urbaine rapide, selon une approche intégrée qui soutient un développement urbain résilient et la gestion des risques de catastrophe. 

Le projet vise à accroître la résilience aux inondations et à améliorer la gestion urbaine et l’accès aux services de base dans 25 municipalités, au bénéfice de 3,4 millions de personnes.

Tout en continuant de contribuer aux efforts de relèvement et de reconstruction après les inondations de 2020, le projet renforcera la résilience climatique :

  • en améliorant l’accès aux infrastructures urbaines et aux services de base (construction de digues, de barrières anti-inondations et de systèmes de drainage) ;
  • en fournissant aux villes un catalogue d’options d’investissements pour répondre à leurs priorités respectives ;
  • et en favorisant la protection contre les inondations, les sécheresses et les vagues de chaleur grâce au développement de territoires résilients, à la promotion de solutions naturelles et à une meilleure préparation et sensibilisation au niveau communautaire.

Le projet soutiendra également l’élaboration d’un programme d’assistance technique visant à renforcer la capacité des municipalités à améliorer la gestion urbaine au quotidien et à faire en sorte que les plans d’utilisation des sols, d’aménagement du territoire et d’investissement au niveau municipal tiennent compte des risques climatiques. Le Niger risque de subir des inondations encore plus fortes que celles de 2020, mais il sera mieux armé pour y faire face.

 

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Auteurs

Claudia Soto Orozco

Disaster Risk Management Specialist

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