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5 stratégies pour aider les jeunes à réussir à l’ère du numérique

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L’essor rapide des technologies numériques accroît en général les opportunités, mais les travailleurs ne bénéficient pas tous dans les mêmes proportions des bienfaits de ces évolutions. (Photo : Masaru Goto / Banque mondiale).

D’après l’édition 2016 du Rapport de la Banque mondiale sur le développement dans le monde, consacré aux dividendes du numérique, la progression rapide des technologies numériques stimule la croissance économique et accroît en général les opportunités, mais les travailleurs ne bénéficient pas tous dans les mêmes proportions des bienfaits des changements. La plupart du temps, la technologie complète les compétences des travailleurs qualifiés, améliore leur productivité et, bien souvent, fait progresser leur salaire. En revanche, pour les travailleurs de niveau intermédiaire et non qualifiés, tout dépend du degré auquel la technologie complète leurs fonctions ou au contraire s’y substitue.
 
Face à cette révolution numérique, le partenariat  Solutions for Youth Employment (S4YE) (a) a choisi, pour les années à venir, d’axer notamment ses activités sur « l’incidence de l’ère numérique » ( Digital Age Impact). Regroupant Accenture, la Fondation Rockefeller, la Banque mondiale et de nombreux autres acteurs, S4YE s’attache à déterminer comment on peut accroître la participation des jeunes travailleurs à l’économie numérique , et comment accélérer, grâce à la technologie, la formation et l’accès aux métiers du numérique. Voici cinq de ses constats.

1. S’inscrire sur des plateformes d’emploi en ligne est important, mais pas suffisant. Si les jeunes n’ont en général aucune difficulté à s’inscrire sur les plateformes d’emploi en ligne, c’est loin d’être aussi simple lorsqu’il s’agit de décrocher véritablement un travail. En effet, ils ne disposent pas des compétences requises pour nouer des relations ou obtenir des contrats, leur connexion internet est mauvaise ou le débit insuffisant, et ils n’ont pas facilement accès à un ordinateur. L’utilisation d’une plateforme en ligne ne débouche pas automatiquement sur un emploi. Tel est le constat auquel est parvenu le programme Digital Jobs Africa de la Fondation Rockefeller (a) à partir des commentaires reçus sur la campagne de sensibilisation menée au Nigéria et au Kenya auprès de la jeunesse pour promouvoir le travail en ligne. Afin d’aider les jeunes à surmonter ces obstacles, ce programme a intensifié sa collaboration avec divers partenaires chargés de la mise en œuvre. Par exemple, Digital Divide Data (DDD) et Samasource (a) proposent aux jeunes des formations aux compétences numériques, depuis la transcription et la numérisation de l’information jusqu’au marquage des fichiers audio et vidéo. Ces organismes mettent les jeunes en relation avec des offres d’emploi proposées dans le monde entier et leur donnent accès à des centres informatiques où ils peuvent travailler en ligne.

2. Les compétences numériques sont désormais requises dans tous les secteurs et toutes les fonctions. Depuis quelques années, de nombreux pays d’Afrique enregistrent une croissance rapide. Pour les jeunes africains, les emplois numériques vont largement au-delà de l'externalisation des processus d'entreprise (BPO). Les compétences numériques sont de plus en plus prisées dans diverses fonctions. La distribution, l’hôtellerie, le tourisme ou encore les services financiers en sont particulièrement demandeurs. Ces compétences peuvent améliorer la compétitivité des jeunes à la recherche d’un premier emploi dans la vente, le service à la clientèle, les ressources humaines, la gestion de données ou les technologies de l’information.

3. Les programmes qui répondent de manière dynamique aux besoins de certains secteurs et employeurs font progresser le taux de placement. Si les employeurs précisent ce qui rend un salarié efficace à leurs yeux, il est possible de personnaliser les programmes d’enseignement et les formations pour qu’elles procurent le bon ensemble de compétences et de qualités. Par exemple, la  Skills to Succeed Academy d’Accenture s’attache à nouer des partenariats avec des employeurs dans tous les secteurs susceptibles de recruter en masse. Les programmes de formation Digital Jobs Africa ont, eux aussi, débouché sur des taux de placement élevés, qui atteignent parfois 90 % parmi les jeunes ayant suivi une formation, grâce à des liens étroits avec les employeurs et à des programmes axés sur la demande.

4. Les simulations en conditions réelles et la formation aux compétences générales sont déterminantes pour l’employabilité des jeunes. Il est essentiel pour les employeurs que les programmes incluent des simulations en conditions réelles et une formation aux compétences générales. Les partenaires chargés de la mise en œuvre de Digital Jobs Africa estiment que les formations pratiques répondant aux besoins sectoriels spécifiques revêtent une importance capitale. Ainsi, dans les secteurs de la distribution et de l’hôtellerie, les formateurs expliquent aux jeunes comment rester debout pendant de longues heures dans un restaurant ou un magasin. Ces formations aux compétences générales permettent aux jeunes d’améliorer leurs capacités de communication, de collaboration et de résilience dans un contexte professionnel. La Skills to Succeed  Academy d’Accenture, un portail interactif qui aide les jeunes demandeurs d’emploi à acquérir des compétences qui accroissent leur employabilité, met l’accent sur les compétences générales en proposant un environnement virtuel dans lequel les jeunes peuvent s’entraîner à adopter un comportement approprié dans des situations réelles. Cette plateforme les aide à comprendre les parcours professionnels, à trouver un emploi et à se préparer à des situations qu’ils sont susceptibles de rencontrer dans leur vie professionnelle, par exemple gérer leur temps ou résoudre un conflit.

5. Les nouvelles technologies renforcent l’efficacité des services d’adéquation de l'offre et de la demande d'emplois. Les plateformes d’emploi et de recrutement en ligne peuvent améliorer l’efficience de la mise en relation de l’offre et de la demande d’emplois dans divers secteurs. Par exemple, le  portail Fuzu au Kenya (a), soutenu par la Fondation Rockefeller et Accenture, utilise des tests psychométriques pour faciliter la recherche d’un poste correspondant aux centres d’intérêt des jeunes demandeurs d’emploi. La technologie aide aussi les jeunes à déterminer les compétences qui leur manquent pour l’emploi qui les intéresse et à les acquérir grâce à des modules d'auto-apprentissage. En outre, les employeurs bénéficient de solutions technologiques d’aide au recrutement telles que l’analyse automatisée des CV.

Ce billet résume les points essentiels d’une discussion qui s’est tenue le 28 mars 2017 à l’occasion d’un webinar sur l’impact de l’ère numérique (Digital Age Impact) avec des intervenants d’Accenture et de la Fondation Rockefeller. S4YE organise avec ses partenaires des webinars trimestriels, intitulés « Talking Tactics », qui traitent des stratégies de mise en œuvre des programmes axés sur l’emploi des jeunes. Inscrivez-vous sur la liste de diffusion du webinar S4YE à l’adresse  info@s4ye.org . 

Pour voir plus d'articles, billets et projets dédiés aux jeunes : banquemondiale.org/jeunes
 

Auteurs

Estera Barbarasa

Senior Technical Assistance Officer, S4YE

Patrick Karanja

Program Associate, The Rockefeller Foundation

Khethiwe Nkuna

Lead Corporate Citizenship, Accenture

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