Pour le Canada et la Banque mondiale, l’autonomisation des femmes est essentielle en vue de bâtir un monde meilleur pour tous

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Une femme s’occupe des plantes dans une pépinière du Sri Lanka. © Lakshman Nadaraja/Banque mondiale
Une femme s’occupe des plantes dans une pépinière du Sri Lanka. © Lakshman Nadaraja/Banque mondiale

Changement climatique, catastrophes naturelles, pauvreté, raréfaction de l’eau, insécurité alimentaire, déplacements de populations, conflits et violences, jamais le monde n’aura été confronté à des défis d’une telle ampleur. Ces problèmes ne disparaîtront pas d’eux-mêmes : ensemble, ils constituent en effet un terreau propice à leur renforcement. C’est pour y faire face que la communauté internationale a adopté les Objectifs de développement durable (ODD), qui ouvrent la voie vers un monde plus inclusif, pacifique et prospère — en bref, un avenir meilleur.
 
Mais tant que nous laisserons de côté la moitié de la population mondiale, ces objectifs resteront illusoires.

Pour la Banque mondiale et le gouvernement du Canada, il n’y a pas de doute : l’autonomisation des femmes et des adolescentes est l’un des meilleurs leviers pour accélérer le développement économique, réduire la pauvreté et bâtir des sociétés durables partout dans le monde. La rencontre organisée à Ottawa cette semaine a été l’occasion d’aborder tous ces problèmes — et de rappeler notamment que nous serons tous gagnants si l’on permet aux femmes d’exprimer leur potentiel, de décider elles-mêmes de leur avenir et de contribuer pleinement aux destinées de leurs familles, de leurs communautés et de leurs pays.

Le Canada vient d’adopter une politique d’aide internationale féministe, qui affirme que la réalisation des ODD restera lettre morte si les femmes ne sont pas associées aux décisions et n’ont pas un accès égal aux opportunités économiques. Actuellement dans le monde, 100 pays interdisent toujours aux femmes de mener la même carrière que les hommes  et ce, alors que les recherches de la Banque mondiale démontrent qu’en mettant fin aux discriminations professionnelles à l’encontre des femmes, ouvrières ou cadres, les entreprises pourraient accroître la productivité par travailleur de 25 à 40 %. Tant que ce type d’inégalités perdurera, l’avenir meilleur projeté par les ODD restera une utopie.

Depuis 1945, le Canada et la Banque mondiale s’emploient ensemble à démanteler les obstacles à l’emploi des femmes et veillent à ce qu’elles puissent posséder et contrôler des biens immobiliers et fonciers. Ce qui exige de traiter aussi des mariages précoces, des violences faites aux femmes, des normes sociales discriminantes et de promouvoir la participation des femmes à la vie politique et leur accès aux services financiers. Alors que seul 10 % des femmes entrepreneurs obtiennent les moyens financiers nécessaires pour développer leur activité , le déficit de financement pour les entreprises féminines est estimé à 300 milliards de dollars.
 
 

Kristalina Georgieva, directrice générale de la Banque mondiale, et Marie-Claude Bibeau, ministre du Développement international et de la Francophonie du Canada.
Kristalina Georgieva, directrice générale de la Banque mondiale, et Marie-Claude Bibeau, ministre du Développement international et de la Francophonie du Canada.

 
Pour toutes ces raisons, le Canada apporte son soutien à un nouvel instrument de financement de la Banque mondiale, qui prévoit de lever 1 milliard de dollars auprès d’acteurs publics et privés afin d’aider les petites et moyennes entreprises détenues par des femmes dans les pays en développement, notamment en résolvant la question de l’accès au crédit.

Il faut également s’atteler aux enjeux sanitaires touchant les filles et les femmes. Pour cela, le Canada est un fervent défenseur du Mécanisme de financement mondial de la Banque mondiale en soutien à l’initiative « Chaque femme, chaque enfant » dont il est l’un des donateurs fondateurs. Ce dispositif a déjà fait ses preuves : en Tanzanie, de plus en plus de femmes reçoivent des nutriments contenant du fer et de l’acide folique et peuvent ainsi mettre au monde des enfants en meilleure santé ; au Libéria, davantage d’adolescentes ont accès à des services de santé sexuelle et génésique et peuvent ainsi éviter une grossesse précoce.

Il faut favoriser l’émancipation des femmes, parce que cela est juste : c’est une question de respect des droits humains . Mais c’est aussi judicieux. De cela, la Banque mondiale et le Canada en sont convaincus. Les filles et les femmes sont généralement les plus pénalisées par les problèmes du monde , alors qu’elles font partie intégrante de la solution. Lorsque les femmes participent aux efforts de consolidation de la paix par exemple, les actions se révèlent plus globales et durables. Ce sont aussi en général elles qui montrent la voie dans les efforts d’atténuation et d’adaptation au changement climatique.

Nous ne pourrons pas faire avancer les choses sans une initiative concertée des gouvernements, du secteur privé et des institutions multilatérales. Il faut pour cela tisser des partenariats novateurs, capables de renouveler les idées et les ressources financières. Chaque pays a sa partition à jouer, au même titre qu’un système multilatéral solide et efficace . Dans cette entreprise, la communauté internationale peut compter sur l’implication du Canada et de la Banque mondiale et sur leur détermination à améliorer le sort des filles et des femmes dans le monde entier.
 
Marie-Claude Bibeau, ministre du Développement international et de la francophonie du Canada, et Kristalina Georgieva, directrice générale de la Banque mondiale

Cet article est initialement paru dans The Huffington Post.

Auteurs

Marie-Claude Bibeau

The Honourable Marie-Claude Bibeau, Minister of International Development and La Francophonie

Kristalina Georgieva

Directrice générale de la Banque mondiale

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