Du rôle clé de l’éthique pour parvenir à la couverture sanitaire universelle

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En septembre dernier, dans une déclaration politique (a) historique devant l'Assemblée générale des Nations Unies, des dirigeants du monde entier se sont engagés à parvenir à la couverture sanitaire universelle à l'horizon 2030. Pour atteindre cet objectif essentiel, les pays s’efforcent d’améliorer l'accès aux soins de santé publics et privés, en particulier dans les régions reculées et mal desservies, et de veiller à ce que les soins soient abordables et de qualité. Il ne faut toutefois pas oublier le rôle que joue l’éthique dans le processus décisionnel pour garantir la solidité des systèmes de soins de santé et la qualité des soins prodigués à tous.

Les prestataires de santé privés sous pression

L’épidémie de coronavirus (COVID-19) met les infrastructures sanitaires du monde entier à rude épreuve. Les prestataires de soins de santé sont confrontés à des difficultés sans précédent. Certains sont exploités au maximum de leurs capacités, voire au-delà, en raison de la forte augmentation des admissions de patients COVID-19. En outre, une grave pénurie de liquidités a frappé beaucoup de cliniques et d’hôpitaux. En effet, des opérations chirurgicales non urgentes ont dues être remises à plus tard, ce qui a entraîné une chute brutale des recettes. La profonde contraction de l'économie menace les recettes des prestataires privés en particulier, les empêchant de poursuivre leurs activités et de soigner leurs patients.

Dans un contexte aussi difficile, les prestataires peuvent être tentés de réduire les coûts, au détriment de la qualité des soins ou du traitement des agents de santé en première ligne dans le combat contre la pandémie. Les gestionnaires et les praticiens doivent prendre sans cesse des décisions importantes dans des délais très courts. C’est pourquoi il serait extrêmement utile qu’ils puissent s’appuyer sur un ensemble de principes détaillés qui les aide à respecter des normes déontologiques rigoureuses.

Principes éthiques dans les soins de santé

Quel meilleur moment que maintenant pour lancer des principes éthiques dans les soins de santé ? Telle est l’initiative que vient de lancer le Groupe de la Banque mondiale sous l’acronyme EPiHC (a), pour Ethical Principles in Health Care. Il s'agit d’encourager les prestataires de soins et les investisseurs privés du monde entier à adopter, soutenir et se référer publiquement à ces dix principes dans leurs activités.  Ces principes directeurs portent sur divers domaines, dont notamment le respect des droits des patients, la protection et l'utilisation responsable des données, ainsi que la sécurité et l'autonomisation du personnel. Ils ont été élaborés par la Société financière internationale (IFC) en collaboration avec la Banque mondiale après consultation des prestataires, investisseurs, assureurs et experts du secteur.

Dans les économies émergentes, le secteur privé est un prestataire de soins de santé important, si ce n’est le principal dans certains pays. Qu'il s'agisse d'une petite clinique communautaire, d'une pharmacie familiale, d'une chaîne hospitalière nationale ou d'un fabricant local d'équipements hospitaliers, le secteur privé est omniprésent. Il arrive malheureusement que ce secteur adopte des pratiques contraires à la déontologie. Alors que les entreprises tentent de jongler avec des considérations complexes et souvent contradictoires, les EPiHC peuvent les aider à prendre des décisions fondées sur l’éthique.

Au cours de l'année passée, 20 sociétés de soins de santé, parmi lesquelles de nombreux clients appartenant au portefeuille de 2 milliards de dollars engagé par IFC dans ce domaine, ont manifesté leur intérêt pour devenir les signataires fondateurs des EPiHC. Aujourd'hui, nous élargissons notre champ d'action pour inciter les prestataires privés du monde entier à rejoindre le réseau en expansion des signataires. Des activités de suivi sont prévues, comme des webinaires, pour permettre aux signataires de mieux comprendre comment intégrer ces principes dans leurs activités quotidiennes.

Renforcer les normes déontologiques en matière de santé

Les normes déontologiques et la qualité des soins constituent à nos yeux les deux faces d'une même médaille.  C'est pourquoi IQ-Healthcare (a), un service de conseil d’IFC lancé en 2018, complètera le déploiement des EPiHC. Dans le cadre d'IQ-Healthcare, une équipe de spécialistes collabore avec les cliniques et les hôpitaux des économies émergentes sur le terrain afin d’améliorer la qualité des soins. Cet outil a déjà été déployé dans plus de 30 entreprises du secteur de la santé dans 15 pays, et la demande est forte et en constante augmentation.

Alors que la bataille contre le nouveau coronavirus se poursuit, nous pensons que les EPiHC peuvent constituer des garde-fous pour les prestataires de soins de santé privés. In fine, une prise de décision éthique améliore la qualité des soins pour les patients, protège mieux les agents de santé et pose les fo

Thèmes

Auteurs

Muhammad Ali Pate

Directeur mondial Santé, nutrition et population à la Banque mondiale | Directeur du Le Mécanisme de Financement mondial pour les femmes, les enfants et les adolescents (GFF)

Elena Sterlin

Directrice mondiale Santé et éducation, Société financière internationale (IFC)

Prenez part au débat

Moussa Fanta KEITA
25 août 2020

Le financement de la santé en Afrique est une problématique d'accès au soins de santé de qualité et à l'équité

Ndiaye
25 août 2020

Ç est plus que jamais important d'encadrer par des principes éthiques et déontologiques le secteur vital de la santé qui intervient dans toute la vie d'une personne jusqu'à son décès.
Un autre impératif est de veiller et de sanctionner les écarts des acteurs et de s bonnes pratiques.
Sinon notre ODD ne sera jamais atteint. Félicitations pour ces avancées.

hmidet salah
25 août 2020

Bonsoir, Tout à fait d'accord que Covid19 a mis à l'épreuve l'engagement pour une couverture sanitaire universelle à l'horizon de 2030 mais fallait il discuter d'un aspect essentiel qui remet en cause le principe de financement de l'assurance maladie par le biais de la règle dépenses et remboursement des dépenses qui fait actuellement le fameux obstacle du système de santé dans le cadre d'une politique bismarckienne qui exige pour toute couverture sociale en général , une cotisation issue du travail de l'assuré social devrait avoir lieu ce qui laisse entendre par quel moyen on pourra affronter une énorme dépense de santé pour laquelle tout le monde aurait droit à accéder.A cet effet, je pose la question suite: Covid 19 n'est il pas à l'origine d'une reconsidération du domaine de la prévoyance et l'exigence de sa prise en charge par le système d'assurance maladie pour éviter le pire imposé par le vieillissement de la population et l'ampleur des personnes atteintes de maladies chroniques pour lesquelles une grande part de dépenses pourrait alourdir le système et par conséquent quand on mise sur la priorité préventive et la prise en charge des dépenses y afférentes on pourrait éviter le désastre des dépenses lourdes et mettre en place une plateforme de couverture universelle en mode de compensation qui nous rapproche plus ou moins des objectifs assignés.
SALAH HMIDET
EX DIRECTEUR DE COMMUNICATION ET PORTE PAROLE DE LA CNAM DE TUNISIE

BELEM Harouna
25 août 2020

Merci pour le partage d'informations.
Je suis partant.

Mohamed MARA
25 août 2020

J'ai un oeil sur le secteur de la santé chez moi, en guinée c'est un depotoire d'ordure sans aucune respect de la norme.

MUKAMBA Mulungula
25 août 2020

Bonjour, je suis congolais de la RDC, Juriste de formation et expert en éthique médicale et de la recherche. Je travaille ausein du comité national d'éthique de la santé, une structure étatique qui oeuvre pour la question d'éthique dans l'administration des soins médicaux et de protection des personnes dans la recherche biomédicale.
Néanmoins nous avons besoins d'un soutien très particulier pour assurer cette noble mission face aux défis ci haut relevés. Le respect des principes éthique n'est pas chose aisée surtout face aux opérateurs privées qui nous trouve comme une menace sur leur mafia.
Durant ce moment de Covid, nous avons plus besoins de soutien de partenaire pour y arriver.
Si besoin je peux envoyer un document de demande des financement ou de devenir le point focal de en cette domaine, ici au pays.
Zande MUKAMBA Mulungula/ comité éthique du Sid kivu en RD.Congo