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L’accès aux services financiers peut stimuler la croissance et l’entreprenariat

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Dans le monde, 2,5 milliards de personnes n’ont pas accès aux services bancaires. En mettant à leur disposition des services financiers tels que les comptes d’épargne, les prêts, le crédit et l’assurance, il serait possible non seulement de les aider à se prémunir contre l’adversité et à échapper à la pauvreté, mais aussi d’encourager l’entreprenariat et de stimuler la croissance économique : c’est l’opinion exprimée par les participants à un débat organisé par la Banque mondiale sur le thème « Combler le fossé dans le domaine de l’accès aux services financiers » à la veille des Réunions de printemps du FMI et de la Banque.

Jose Antonio Meade, ministre mexicain des Finances a déclaré à cette occasion que l’accès aux services financiers — aussi appelé « inclusion financière » et consistant à permettre aux individus d’utiliser les ressources financières que la plupart d’entre nous tiennent pour acquises — est une condition essentielle pour « garantir une croissance » qui profite aussi aux populations pauvres. Le Mexique, qui assume la présidence du G-20, organise une réunion de haut niveau sur l’accès aux services financiers le 22 avril conjointement avec la Banque mondiale.

Le débat qui a eu lieu à la veille des Réunions de printemps a attiré l’attention sur une étude récente réalisée auprès de 150 000 personnes dans 148 pays, qui révèle que les trois quarts de la population pauvre du monde ne possèdent pas de compte bancaire et que les femmes sont particulièrement désavantagées en matière d’accès aux services bancaires. Un don de dix ans de la fondation Bill et Melinda Gates contribue au financement d’une nouvelle base de données sur l'accès aux services financiers (Global Findex) qui servira à évaluer l’utilisation de ces services et à identifier ceux qui sont les plus difficiles d’accès.

L’absence d’accès aux services bancaires impose aux femmes résidant en zone rurale de parcourir des centaines de kilomètres pour atteindre la banque la plus proche et recevoir en toute sécurité l’argent envoyé par des membres de leur famille installés à l’étranger. Le manque d’inclusion financière signifie aussi que les agriculteurs se trouvent dépourvus d’assurance sur les récoltes lorsque les inondations et les sécheresses les privent de tout revenu. Les personnes qui ne possèdent pas de compte d’épargne et ne bénéficient ni de prêts ni d’envois de fonds peinent à gérer leurs finances et les risques, à faire face aux catastrophes et à améliorer leur situation économique.

L’offre de services financiers aux populations qui en sont dépourvues pourrait stimuler la croissance économique et la création d’opportunités pour les populations pauvres de la planète, déclare le Président du Groupe de la Banque mondiale, Robert B. Zoellick, dans un communiqué de presse consacré au lancement de Global Findex. « L’exploitation des possibilités offertes par les services financiers peut véritablement aider les pauvres à financer les frais de scolarité, à économiser en vue d’acquérir un logement ou à créer de petites entreprises qui offriront des emplois à d’autres », a-t-il ajouté.

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Les participants au débat sur l’accès aux services financiers — M. Meade, Peter Sands, directeur général de Standard Chartered, et Betty Mwangi (Safaricom), considérée comme l’une des pionnières des services bancaires basés sur la téléphonie mobile — ont examiné les initiatives qui ont permis d’élargir l’accès aux services financiers. Au Mexique, l’inclusion financière et les connaissances financières de base de la population ont augmenté lorsque les participants au programme national de protection sociale ont commencé à utiliser des cartes bancaires pour toucher leurs prestations. D’après Jose Antonio Meade, les gens s’habituent maintenant à utiliser les services du secteur financier pour réaliser des opérations de la vie courante.

Au Kenya, selon Betty Mwangi, les services bancaires basés sur le téléphone mobile permettent à davantage de personnes d’utiliser des comptes d’épargne et d’autres services. Safaricom s’est associé à 25 banques commerciales. D’après Mme Mwangi, environ 15,7 millions de personnes utilisent maintenant les services bancaires mobiles pour payer leurs factures et effectuer d’autres transactions financières sans avoir à se déplacer.

Peter Sands a fait remarquer que l’inclusion financière ne se résumait pas aux services bancaires personnels et qu’elle consistait aussi à permettre aux très petites entreprises d’investir et de se développer. L’inclusion peut aider aussi les petites sociétés qui ont recours à des services bancaires de mauvaise qualité caractérisés par des taux d’intérêt élevés, des rendements faibles et des services d’assurance peu élaborés. Selon M. Sands, la technologie peut contribuer à mettre des services sophistiqués et peu coûteux à la disposition des populations.

« La finance est l’oxygène du reste de l’économie », déclare-t-il. « Elle permet aux entreprises de se développer et aux individus de gérer les risques. Sans la finance, la vie est beaucoup plus difficile ».

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Auteurs

Donna Barne

Rédactrice pour les sites institutionnels

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