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Résultats de l’enquête TIMSS 2015 sur le niveau des élèves en maths et sciences : les points à retenir

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Les pays qui se distinguent favorablement dans l’enquête TIMSS accordent une attention particulière à la qualité de leurs enseignants. (Photo : Dominic Chavez, Banque mondiale)

Le 29 novembre dernier, l’IEA (a) a publié les derniers résultats de son enquête internationale sur le niveau des élèves en mathématiques et en sciences. La cuvée 2015 de l’étude TIMSS (pour « Trends in International Mathematics and Science Study ») a concerné plus de 600 000 élèves issus de 60 pays à travers le monde, en fin de quatrième et huitième années du cursus scolaire et en dernière année du cycle secondaire.

Dans les semaines et les mois à venir, les résultats seront passés au crible et un travail de recherche sera effectué pour expliquer les performances de divers pays. En attendant, voici neuf points qui me paraissent essentiels...

  1. Singapour continue de dominer le classement TIMSS pour les élèves de quatrième et huitième années de scolarité, tout comme la Corée du Sud, Hong Kong, le Japon et Taïwan. L’écart entre ces cinq pays et le sixième pays le plus performant est considérable, toutes classes et disciplines confondues. C’est tout particulièrement vrai pour les mathématiques en huitième année (avec un écart 48 points en 2015 contre 31 lors de l’enquête TIMSS 2011).
  2. Parmi les pays très performants, on trouve aussi la Fédération de Russie, le Kazakhstan et la Slovénie. Ces trois pays ont réalisé de remarquables progrès chez les élèves de quatrième et huitième années. Il conviendra d’examiner plus précisément les données relatives à ces pays pour mieux comprendre les succès engrangés et voir si les améliorations sont liées à des réformes particulières.
  3. Aucun pays à faible revenu n’a pris part à l’enquête TIMSS 2015. Seuls trois pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure (Égypte, Indonésie et Maroc) y ont participé, et leurs scores se situent tous bien en deçà de la moyenne internationale. Il est par ailleurs bon de constater que, depuis sa participation à l’enquête TIMSS 2011, le Maroc s’est nettement amélioré dans les deux matières évaluées et tous les niveaux de classe.
  4. Seuls deux pays d’Afrique subsaharienne ont participé à l’enquête TIMSS 2015 : l’Afrique du Sud et le Botswana, qui sont des économies à revenu intermédiaire de la tranche supérieure. Ces résultats laissent entendre qu’après plus de 20 ans d’existence, l’enquête TIMSS n’est toujours pas perçue comme un test praticable dans de nombreux pays africains à plus faible revenu. Certains participent à des évaluations régionales ou organisent leur propre évaluation à l’échelle nationale. D’autres continuent tout simplement de fonctionner sans disposer de statistiques systématiques sur les acquis des élèves ou sans se mesurer à d’autres pays.                                                                                                       
  5. De manière générale, le degré de performance dépend de deux facteurs clés : les programmes scolaires et les enseignants. D’après les directeurs de l’étude TIMSS, les pays les plus performants sont tout particulièrement attentifs aux programmes scolaires, aux enseignants, aux ressources pédagogiques et au soutien parental. Par ailleurs, les résultats des élèves ne semblent pas être corrélés à la qualification professionnelle des enseignants.
  6. Le niveau de performance global en maths et en sciences s’est amélioré depuis la première enquête TIMSS menée en 1995 : la majorité des pays qui ont pris part aux études de 1995 et de 2015 ont enregistré des progrès, toutes classes et matières confondues. Deux pays affichent en particulier une amélioration spectaculaire : le Portugal, avec une progression de 99 points pour les maths en quatrième année du cursus, et la Slovénie, avec une hausse de 78 points pour les sciences en quatrième année.
  7. Ces 20 dernières années, les écarts de résultats entre filles et garçons se sont réduits dans de nombreux pays. En 1995, les garçons enregistraient de meilleures performances que les filles en maths et en sciences dans la plupart des pays évalués (15 sur 26). En 2015, cette situation ne perdure que dans trois pays sur les 15 de 1995.
  8. Certains pays se distinguent tout particulièrement dans la réussite de TOUS leurs élèves : Chypre, la Corée du Sud, Hong Kong, l’Iran, le Japon, Singapour et la Slovénie. On observe dans ces pays une amélioration progressive des performances des élèves en maths et en sciences dans les quatre catégories de niveau de scores obtenus aux tests.
  9. Les tendances observées dans les tests TIMSS Advanced, qui évaluent les élèves en dernière année de cycle secondaire, sont moins positives : elles marquent une stagnation des élèves dans neuf pays qui ont participé aux enquêtes de 1995 et 2015 (États-Unis, Fédération de Russie, France, Italie, Liban, Norvège, Portugal, Slovénie, Suède). Les raisons qui expliquent cette évolution sont complexes et méritent d’être creusées.

Tous les résultats de l’enquête TIMSS 2015 peuvent être consultés et téléchargés ici (a). Les pays ne commenceront véritablement leur travail d’analyse que dans plusieurs semaines, une fois les bases de données publiées. Les statistiques devront être soigneusement examinées pour permettre une compréhension plus fine des écarts de performance au sein d’un même pays et entre les différents pays. Pour certains, ce travail est devenu habituel ; pour d’autres, il demeure problématique.

Les résultats de la dernière enquête PISA de l’OCDE sont attendus la semaine prochaine. Cette enquête mesure les acquis des élèves de 15 ans en mathématiques, sciences, compréhension de l’écrit et résolution collaborative de problèmes. Les résultats de cette évaluation ne manqueront pas d’offrir un éclairage intéressant sur les performances des pays participants et permettront de comparer la performance relative des pays qui ont à la fois pris part aux enquêtes TIMSS et PISA.

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