Universités : comment répondre aux nouvelles attentes du marché du travail et de la société ?

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كيف يمكن للجامعات أن تلبي الاحتياجات الجديدة لسوق العمل والمجتمع

Nous devrions sans cesse célébrer la jeunesse et l’immense potentiel qu’elle recèle — et particulièrement en un jour comme aujourd’hui.
 
Bonne Journée internationale de la jeunesse !
 
Avec mon travail, j’ai eu la chance de rencontrer et de discuter avec un certain nombre de jeunes gens brillants. En mai dernier, en marge de la Conférence ministérielle de Bologne organisée en Arménie, j’ai pu me rendre dans le centre de simulation (financé par la Banque mondiale) de l’université d’État de médecine de Erevan. Mes collèges arméniens et moi-même avons découvert comment des mannequins reliés à un ordinateur « répondaient » aux actes des étudiants en imitant au plus près les réactions de véritables patients dans des situations médicales simulées. Le recteur de l’université, le professeur Narimanyan, a souligné que cette technique novatrice permet aux étudiants de renforcer leurs compétences pratiques et de réduire ainsi le nombre d’erreurs qu’ils risquent de commettre au cours de leur carrière.
 
Pour moi, ce centre universitaire est un bon exemple de la manière d’améliorer les compétences pratiques d’étudiants et de favoriser l’innovation — indispensable en Arménie comme dans le reste du monde.
 
En 2000, la région Europe et Asie centrale était la locomotive des économies émergentes, la croissance économique y allant de pair avec une forte progression de la productivité du travail. Mais la crise économique a fait la question de l’employabilité un sujet encore plus brûlant et il est grand temps de réfléchir à la manière dont les systèmes et établissements d’enseignement supérieur peuvent renforcer les liens entre enseignement supérieur et marché du travail.
 
De l’importance des compétences
 
Les compétences sont l’une des clés de la participation à la population active et de la productivité du travail. Chacun sait qu’avec l’arrivée de nouvelles technologies, souvent liées aux TIC, et de changements dans l’organisation du travail, les postes impliquant des tâches routinières faciles à automatiser disparaissent progressivement tandis que les nouveaux postes exigent des compétences qui excluent la routine (analytiques, créatives, interpersonnelles) et pour lesquels les hommes dépassent encore les machines.
 
Comme le montrent les enquêtes sur la population active et des rapports récents de la Banque mondiale, les jeunes travailleurs gèrent — en principe — mieux ces changements de la demande, alors que les travailleurs plus âgés risquent d’être davantage confrontés à l’obsolescence de leurs compétences. Mais, si l’on se fie aux enquêtes PISA, bon nombre de systèmes d’éducation ont du mal à préparer les jeunes à ce monde nouveau.
 
L’éducation est encore souvent caractérisée par l’apprentissage par-cœur et la répétition au lieu d’apprendre aux élèves à raisonner et de mettre l’accent sur la résolution de problèmes et les enjeux du monde réel. Si ce constat s’applique évidemment à l’enseignement primaire et secondaire, il vaut aussi pour le supérieur. Les compétences sont donc devenues un sérieux frein à la croissance — une situation que les employeurs ont déplorée à de multiples reprises.
 
L’enseignement supérieur a un rôle important à jouer
 
La question qui se pose aujourd’hui est de voir comment les systèmes d’enseignement supérieur peuvent relever ce défi et intervenir plus activement dans la préparation des jeunes gens aux marchés du travail.
 
L’enseignement supérieur peut devenir un puissant moteur pour l’édification d’une société meilleure, la productivité et la croissance. Sa contribution réside dans la production de connaissances pratiques et théoriques et de compétences avancées, à travers la recherche fondamentale et appliquée, mais également via sa « troisième mission » — un service plus large rendu à la communauté. Il doit fonctionner comme un système composé d’acteurs reliés entre eux : des établissements qui interagissent ensemble, des employeurs, des entreprises, des instituts de recherche mais aussi les prestataires d’éducation aux niveaux précédents. Si ces liens ne sont pas opérationnels, les universités ont du mal à exploiter tout leur potentiel.
 
Il importe aussi que les universités préparent et remettent à niveau les professionnels dans un monde où la demande pour les tâches routinières disparaît peu à peu, puisque les machines et les TIC remplacent les êtres humains. En revanche, la demande de pensée conceptuelle plus élaborée progresse toujours. De sorte qu’au-delà de leur fonction première d’éducation et de formation supérieures, les universités peuvent et, de fait, doivent s’impliquer davantage dans l’apprentissage tout au long de la vie.
 
Relier les universités au monde du travail
 
Des informations de qualité font également partie des facteurs clés pour relier les universités aux marchés du travail. Les cursus doivent être établis en fonction de résultats d’apprentissage généraux, professionnels ou techniques convenus — car conçus conjointement par l’université, les employeurs et d’autres parties prenantes essentielles — sachant que les établissements doivent soutenir leurs étudiants à travers des stages pratiques, un appui à l’orientation de carrière et la diffusion d’informations sur le marché du travail. Cela semble être l’évidence mais, souvent, ces dispositions ne sont pas mises en place et les étudiants sont laissés à eux-mêmes.
 
J’aimerais aussi évoquer les programmes de transition dans le contexte de l’employabilité, c’est-à-dire des programmes qui aident les étudiants moins bien préparés du point de vue académique (et qui peuvent avoir déjà une expérience professionnelle) à bénéficier d’un meilleur départ à l’université en comblant les lacunes entre leur niveau et les attentes du cursus tertiaire. De tels programmes peuvent contribuer de manière significative à la réussite de l’étudiant et également à sa future réussite professionnelle. Le Projet pour l’enseignement secondaire en Roumanie de la Banque mondiale relève de cette philosophie.
 
L’un dans l’autre, il faut avoir des systèmes adaptés de gouvernance, de gestion, de financement et d’assurance qualité pour permettre aux universités de remplir leurs missions face aux attentes de la société et du monde du travail. Par ailleurs, un large éventail de mesures spécifiques peuvent accroître l’employabilité au niveau des établissements — un domaine qui prend une importance croissante pour les clients de la Banque mondiale et auquel celle-ci contribue, à travers ses conseils et ses opérations.
 
Suivez l’équipe du Groupe de la Banque mondiale pour l’éducation sur Twitter @wbg_education
Pour en savoir plus sur la Banque mondiale et l’enseignement supérieur, rendez-vous sur notre site web.

Auteurs

Claudia Costin

Fondatrice, “Innovation and Excellence in Education Policies" (un groupe de réflexion)

Prenez part au débat

Nacoulma Lassané
04 septembre 2015

La problématique est bien réel et consitue un frein à l'employabilite de la jeunesse et au développement de leur compétence.

mohamed mahmoud ould sidiba
04 septembre 2015

Vous avez souleve deux questions essentielles: le fait que l education se base encore esentiellement sur l apprentissage par coeur, au lieu de favoriser l esprit critique , qui par le recul et le doute, peut favoriser la creativite et l innovation.La memorisation n est pas necessairement antinomique avec la reflexion personnelle;elle peut meme l enrichir,lorsqu elle n est pas mecanique et passive, par l accumulation de connaissances et d experiences diverses.Le deuxieme point: a propos de l employabilite, par la mise en relation de la formation universitaire-et pourquoi pas professionnelle- avec le marche du travail.Il est juste de dire que les seniors ont parfois un risque de voir leurs connaissances devenir obsolescentes ou obsoletes, car depassees par l evolution rapide des connaissances, s ils ne les mettent pas a jour continuellement, par la formation continue.Il est vrai egalement que les jeunes, assimilent plus rapidement-meme sans formation poussee prealable- les connaissances des TIC.Mais les capacites analytiques et les visions globales sur une question donnee,sont generalement plus developpees chez les aines.D ailleurs, comme on le voit, les nobel scientifiques, chaque annee, sont d un certain age, mais les patrons innovants sont de plus en plus jeunes(google, facebook,etc).

SI AHMED Boualem
05 septembre 2015

Je suis enseignant dans une école supérieure algérienne, et nous rencontrons le même problème même si l'employabilité est plus grande chez une population de grande école,
Le problème est complexe :
Manque de transfert Nord sud !
Une coopération tronquée avec des consultants qui sont la plus pour prendre de l'argent que pour atteindre des objectifs quantifiés et précis.
Ensuite le manque d'entreprises avec un management de qualité (Même si dans notre pays plusieurs entreprises peuvent y aspirer) mais par rapport au nombre d'étudiants il y a un fossé. Cdlt