Chaque jeune fille représente une promesse d’avenir pour son pays !

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Amina est une jeune Béninoise. À l’âge de 14 ans, elle a quitté son village pour échapper à un mariage précoce et forcé. Elle a trouvé refuge dans une association qui lui a permis de continuer d’aller à l’école. Aujourd’hui, elle a son baccalauréat et fait des études en communication. Elle est très ambitieuse et compte réussir dans l’entrepreneuriat pour contribuer à la transformation économique de son pays. 

Mais les histoires semblables à celle d’Amina ne sont pas nombreuses. En réalité, peu de jeunes filles obtiennent le soutien nécessaire pour ne pas subir et vivre un mariage précoce. Selon l’UNICEF, au Bénin, trois filles sur dix sont mariées avant l’âge de 18 ans et une fille sur dix est mariée avant d’avoir 15 ans. 

Pour façonner une génération de jeunes filles ayant le droit de décider librement de leur avenir et lutter efficacement contre les mariages précoces, il faut avant tout renforcer l’estime de soi chez les adolescentes. 

Avec l’association Jeunes filles actrices du développement, nous avons expérimenté la mise en œuvre d’une Académie des jeunes leaders du Bénin, du mois de février au mois d’août 2019. À travers ce programme réalisé avec les filles des localités rurales du Bénin, nous avons travaillé sur le sens de la dignité et insisté sur le droit de faire ses propres choix, d’avoir accès aux opportunités, d’avoir le contrôle sur sa vie. 

À la fin de ce programme, les filles étaient en mesure de prendre la parole et de dénoncer les mariages précoces. Elles ont compris qu’elles n’étaient pas destinées à se marier trop jeunes et qu’elles pouvaient se battre pour leurs rêves. Désormais actrices de changements dans leur communauté, ses jeunes filles pourront dénoncer les cas de mariages précoces qui existent malheureusement encore. Parce que briser le silence, c’est le premier pas, il faut à tout prix permettre aux filles de s’affirmer par la parole. 

Cependant la justice doit aussi jouer son rôle et triompher sur le règlement à l’amiable. Au Bénin, les lois sur les violences faites aux enfants sont claires et précises. Pourtant, les auteurs des mariages précoces ne sont pas jugés. Pour mettre fin aux mariages précoces, il est important de créer un observatoire de suivi et d’application des punitions prévues par la loi. Il s’agit d’une étape indispensable pour que les filles se sentent soutenues et osent hausser le ton pour dénoncer les cas de mariages précoces. Cet observatoire devrait comprendre une majorité de jeunes acteurs du changement et de jeunes filles leaders. 

Enfin, le développement durable du Bénin et la fin du mariage d’enfants passera par le maintien des filles à l’école. À travers la campagne Toutes les filles à l’école, le pays a réussi le pari de promouvoir l’éducation pour tous les enfants, mais le véritable défi, c’est que les filles y restent. En offrant aux filles des formations pour se lancer dans des activités génératrices de revenus, ou des formations pratiques dans le domaine numérique par exemple, l’État créera un nouveau paradigme. Et les parents ne penseront plus à marier leurs filles trop jeunes pour leur garantir un avenir.

Le Bénin ne peut pas se développer sans développer son capital humain féminin. Au même titre que les garçons, les filles sont de potentielles agentes développement, de futures entrepreneures, créatrices de richesses. Mettre fin aux mariages précoces, c’est permettre à chaque fille d’être une promesse d’avenir pour son pays tout en façonnant le présent. 

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Iris
20 mai 2020

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