Communiquer, autonomiser, renforcer : trois verbes clés contre les mariages d’enfants

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Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi des parents marient leurs enfants de moins de 18 ans contre leur volonté ? D’après ce que j’ai lu sur ce sujet, quatre facteurs sont à l’origine de ce phénomène : l’importance du patriarcat, la pauvreté, la justice traditionnelle et les alliances.

Après avoir été témoin d’un mariage forcé entre une brillante orpheline âgée de 14 ans et un richissime homme d’affaires, dans le but d’avoir un niveau de vie plus décent, j’ai pris conscience de l’ampleur de ces unions précoces au sein de ma communauté. Aujourd’hui en Afrique, quatre filles sur dix sont mariées avant d’avoir 18 ans.

En plus d’être une violation des droits de l’enfant, cette pratique constitue aussi une violation des droits de la femme, car dans la majorité des cas, ce sont les filles qui en sont les victimes.

L’arrêt de cette forme de violence basée sur le genre repose sur une prise de conscience collective et l’implication de tous les acteurs de la société. Même de vous.

On pourrait envisager une approche multisectorielle pour mettre fin aux mariages d’enfants en Afrique :

  • Communiquer pour le développement : Notamment, renforcer la mobilisation sociale pour changer les comportements et recourir davantage aux services de santé sexuelle et reproductive. Il faudra pour cela, renforcer les capacités des prestataires de services de santé et des acteurs clés de la communauté, comme les leaders religieux et traditionnels, les responsables politiques et les médias sur les questions liées aux violences basées sur le genre et aux droits de l’enfant /femme. Ces connaissances leurs permettront de participer efficacement aux dialogues communautaires afin de dissuader les parents de marier leurs filles trop jeunes.
  • Éduquer et autonomiser les jeunes filles grâce à des réseaux de soutien : Les écoles et lycées pourraient encourager le maintien des filles dans le système scolaire en formant des groupes pour lutter contre les discriminations de genre en milieu scolaire. Le rôle de ces équipes serait de sensibiliser les élèves sur les questions de genre et de santé reproductive, d’identifier et de signaler à l’administration les difficultés auxquelles font face certaines filles dans leur communauté et à l’école, ainsi que les risques d’abandon scolaire pour cause de mariage.
    Au sein des communautés, il serait profitable pour ces filles vulnérables de pouvoir bénéficier des services d’un centre multifonctionnel de prise en charge des victimes de mariage précoce. Un centre qui leur offrirait un abri et une formation pour acquérir des compétences et apprendre un métier (par exemple, dans la couture, la teinture ou fabrication de savon liquide) afin de subvenir à leurs besoins et de faciliter leur réinsertion socio professionnelle dès leur sortie.
  • Renforcer les mécanismes de protection sociale en faveur des enfants : Enfin, la mise en place de comités de protection, de centres d’écoute et de soutien à destination des victimes de mariages forcés, permettrait de maintenir un environnement protecteur et une prise en charge médicale impliquant la gestion clinique des accouchements d’adolescentes qui comportent davantage de risques de complications et certains cas de viol, ainsi qu’une prise en charge psychosociale grâce à la constitution de groupes de paroles animés par d’anciennes victimes qui ont réussi à s’en sortir.

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